Orléans : une centaine de manifestants contre la réduction des effectifs de l’inspection du travail

Des inspecteurs du travail et syndicalistes réunis devant la DREETS le 28 avril pour dénoncer la suppression de cinq sections en Centre-Val de Loire.

Orléans : une centaine de manifestants contre la réduction des effectifs de l'inspection du travail
Illustration Émilie Dupont / info.fr

Une centaine de personnes ont manifesté le 28 avril 2026 à la cité Coligny d'Orléans, devant les locaux de la DREETS Centre-Val de Loire. Organisé par la CGT, la FSU et Solidaires à l'occasion de la journée internationale de la santé et de la sécurité au travail, le rassemblement visait à dénoncer la suppression de cinq sections d'inspection du travail dans la région.

Une centaine de personnes ont manifesté le 28 avril 2026 à la cité Coligny d’Orléans, devant les locaux de la DREETS Centre-Val de Loire. Organisé par la CGT, la FSU et Solidaires à l’occasion de la journée internationale de la santé et de la sécurité au travail, le rassemblement visait à dénoncer la suppression de cinq sections d’inspection du travail dans la région.

L’essentiel

  • Manifestation : environ une centaine de participants devant la DREETS Centre-Val de Loire à Orléans le 28 avril 2026, selon La République du Centre et France Bleu Orléans.
  • Suppressions régionales : 5 sections de l’inspection du travail ont été supprimées en Centre-Val de Loire, selon la CGT.
  • Effectifs en chute : selon France Bleu Orléans, les effectifs de l’inspection du travail en région devraient tomber à 70 agents en 2026.
  • Contexte national : l’inspection du travail a perdu 16 % de ses effectifs entre 2015 et 2021, soit environ 740 postes, selon France Inter et France Info.
  • Revendication principale : doublement des effectifs et arrêt immédiat des suppressions de postes, exigés par l’intersyndicale.

Le rassemblement du 28 avril

Le cortège s’est formé à midi devant la DREETS, direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités, installée cité Coligny à Orléans. La date n’est pas anodine : le 28 avril correspond à la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, retenue par l’intersyndicale - CGT, FSU, Solidaires - pour visibiliser la dégradation des conditions d’exercice du métier d’inspecteur du travail.

La République du Centre rapporte la présence d’une centaine de manifestants, principalement des agents de l’inspection du travail et des représentants syndicaux. Le ton affiché sur les banderoles et dans les prises de parole : l’exaspération face à une dégradation jugée continue depuis plusieurs années.

Cinq sections supprimées, 70 agents annoncés

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Au cœur des revendications, la suppression de cinq sections d’inspection du travail en Centre-Val de Loire. Selon la CGT État et France Bleu Orléans, ces suppressions s’ajoutent à une tendance de fond : les effectifs régionaux devraient passer à 70 agents en 2026, selon France Bleu Orléans. Ce chiffre est avancé comme single-source, mais il corrobore la direction indiquée par les données nationales disponibles.

Les syndicats exigent le doublement de ces effectifs. Ils demandent également l’arrêt immédiat de toute nouvelle suppression de poste et des prérogatives élargies pour les inspecteurs - notamment la capacité à ordonner l’arrêt de chantiers dangereux sans délai, selon la CGT.

Ces mobilisations s’inscrivent aussi dans le calendrier des mouvements sociaux de services publics en tension qui se multiplient au printemps 2026, comme la grève déclenchée à l’hôpital de Saint-Quentin fin avril par l’UNSA.

Un recul national documenté

La situation en Centre-Val de Loire s’inscrit dans une tendance nationale chiffrée. Selon des enquêtes de France Inter et France Info, l’inspection du travail a perdu 16 % de ses effectifs entre 2015 et 2021, soit environ 740 postes supprimés. En mars 2024, on dénombrait 1 604 inspecteurs sur l’ensemble du territoire français.

Au niveau national, selon la CGT (source syndicale), 20 % des sections sont actuellement vacantes, laissant selon ce syndicat quelque deux millions de personnes sans protection adéquate. Le gouvernement a annoncé 60 postes supplémentaires pour 2026 - un chiffre contesté par les organisations syndicales, qui rappellent que les recrutements d’inspecteurs pour la session 2026 ont été limités à 45 postes, contre 200 lors de la session précédente, selon la CGT-TEFP.

La question des conditions de travail des agents eux-mêmes avait déjà fait l’objet d’un rapport interne, qualifié de confidentiel par France Inter, qui pointait effectifs réduits, incidents et stress chronique au sein des services.

Contexte dans le Loiret

Le Loiret est le département le plus peuplé de Centre-Val de Loire, avec Orléans comme préfecture régionale et siège de la DREETS. La région compte environ 2,5 millions d’habitants selon les syndicats. C’est à Orléans que se concentrent les services déconcentrés du ministère du Travail pour l’ensemble du territoire régional.

La cité Coligny, zone tertiaire du nord d’Orléans, abrite plusieurs directions régionales de l’État. C’est un lieu de mobilisation habituel pour les agents de la fonction publique d’État de la région. Les suppressions de sections affectent directement la capacité à couvrir les entreprises du territoire, notamment dans les secteurs industriels et de la logistique bien représentés dans le Loiret.

Les questions de sécurité au travail et prévention des accidents sont au cœur des missions de l’inspection du travail, un sujet qui mobilise également d’autres territoires.

Les revendications de l’intersyndicale

L’appel commun CGT, FSU et Solidaires listait plusieurs exigences précises : doublement des effectifs de l’inspection du travail, arrêt des suppressions de postes, renforcement des prérogatives des agents. La CGT évoque également les élections professionnelles de 2026 comme levier pour peser sur ces orientations.

Les syndicats n’ont pas communiqué sur une réponse de la DREETS ou du ministère à leurs demandes à l’issue du rassemblement. Aucune position officielle de la direction régionale n’avait été rendue publique au moment de la rédaction de cet article.

À l’échelle nationale, d’autres rassemblements ont eu lieu le même jour dans plusieurs villes, selon l’appel intersyndicale du ministère du Travail. Orléans constituait l’un des points de mobilisation en région Centre-Val de Loire.

Quelle suite ?

L’intersyndicale n’a pas encore annoncé de nouvelle date d’action après le 28 avril. Les élections professionnelles dans la fonction publique d’État constituent la prochaine échéance identifiée par la CGT pour faire valoir ces revendications. Le niveau des recrutements prévu pour 2027 reste à ce stade non communiqué par le ministère du Travail.

Les syndicats ont indiqué vouloir maintenir la pression, dans un contexte où la protection des agents publics et les conditions d’exercice de leurs missions reviennent régulièrement dans l’actualité judiciaire et sociale. La mobilisation du 28 avril à Orléans marque une étape dans ce bras de fer, sans que l’issue soit encore dessinée.

Sources

Émilie Dupont

Émilie Dupont

Émilie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Loiret (45), avec Orléans pour chef-lieu. Spécialité du département : plateforme logistique nationale (10 000 emplois) et cosmétiques. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Centre-Val de Loire.

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