Orne : consultation publique sur la vénerie sous terre du blaireau jusqu’au 29 juin
La préfecture de l'Orne soumet à consultation un projet d'arrêté autorisant une période complémentaire de chasse sous terre du blaireau pour 2026-2027, après deux annulations judiciaires.
Les habitants de l'Orne peuvent donner leur avis jusqu'au 29 juin 2026 sur le projet d'arrêté préfectoral encadrant la vénerie sous terre du blaireau. Le texte prévoit un quota de 200 blaireaux prélevés du 1er juillet au 14 septembre.
L’essentiel
- Fait 1 : Consultation publique ouverte jusqu’au 29 juin 2026 inclus sur le site de la préfecture de l’Orne.
- Fait 2 : Le projet d’arrêté autorise la chasse sous terre du blaireau du 1er juillet au 14 septembre 2026, avec un quota maximal de 200 individus.
- Fait 3 : Les précédents arrêtés de 2022 et 2023 avaient été annulés par le tribunal administratif de Caen.
- Fait 4 : Les associations ASPAS et AVES France appellent à une mobilisation citoyenne contre ce nouveau projet.
Ce que prévoit le projet d’arrêté
La préfecture de l’Orne a ouvert une consultation publique sur un projet d’arrêté visant à autoriser une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau pour la saison 2026-2027. Selon le dossier mis à disposition sur orne.gouv.fr, la chasse sous terre serait permise du 1er juillet au 14 septembre 2026, avec un plafond de 200 blaireaux prélevés sur l’ensemble du département. Le document est également consultable physiquement dans les locaux de la direction départementale des territoires (DDT) de l’Orne à Alençon.
Les observations du public peuvent être transmises par courrier électronique ou postal jusqu’au 29 juin 2026 inclus. La préfecture précise que les contributions seront examinées avant la signature de l’arrêté définitif.
Un contentieux judiciaire en toile de fond
Ce projet intervient après deux annulations successives prononcées par le tribunal administratif de Caen. En 2022 et 2023, les arrêtés préfectoraux autorisant la vénerie sous terre avaient été invalidés à la demande de l’ASPAS et d’AVES France. La justice avait notamment jugé que la pratique n’était pas sélective et qu’elle présentait un risque pour les blaireautins, encore dépendants des adultes durant la période estivale.
À l’issue de ces procédures, l’État avait été condamné à verser 5 500 euros aux associations plaidantes. Suite à ces revers, la direction départementale de l’Orne avait temporairement suspendu la proposition de périodes complémentaires de déterrage, avant de relancer la procédure cet été.
La mobilisation des associations
Les associations de protection animale appellent les habitants à participer massivement à la consultation pour exprimer leur opposition. Sur le réseau X, la militante Marny Agar a relayé un appel :
AVES France estime que le nouveau projet d’arrêté reprend les mêmes dispositions que les textes annulés, sans apporter de garanties supplémentaires sur la sélectivité ou la protection des jeunes blaireaux. L’association souligne que d’autres tribunaux administratifs, comme celui de Limoges le 5 mai 2026, continuent d’annuler des arrêtés similaires dans d’autres départements pour des motifs identiques.
Contexte dans l’Orne
Avec une population estimée à 280 000 habitants, le département de l’Orne est un territoire rural où la chasse reste une activité ancrée. La vénerie sous terre du blaireau y est pratiquée de manière traditionnelle, mais suscite des oppositions croissantes. Selon les données de la fédération départementale des chasseurs, le blaireau est classé comme espèce chassable, mais les associations dénoncent l’absence d’étude actualisée sur ses effectifs réels dans le département. Le précédent contentieux a marqué un tournant : la préfecture a dû revoir sa copie sous la pression judiciaire, et la consultation actuelle est perçue comme un test de la volonté de dialogue avec le public.
Prochaine étape
La consultation se clôture le 29 juin 2026 à minuit. À l’issue, le préfet de l’Orne pourra signer ou modifier l’arrêté. Les associations ont déjà annoncé qu’elles saisiront à nouveau la justice en cas de mise en œuvre du texte. Pour suivre l’actualité des décisions préfectorales, on peut comparer avec d’autres territoires où les préfets durcissent leur action, comme dans les Alpes-Maritimes sur la loi Littoral ou dans le Calvados en période de canicule. La participation citoyenne à ce type de consultations reste un enjeu de démocratie locale, comme en témoigne la retransmission des conseils municipaux à Ajaccio.