Pablo Bègue, ex-star Snapchat : « J’ai vécu un enfer » à Dubaï auprès d’un tiktoker

L'influenceur de 1,5 million d'abonnés raconte son exploitation et sa séquestration par un autre créateur de contenu

Pablo Bègue, ex-star Snapchat : « J’ai vécu un enfer » à Dubaï auprès d’un tiktoker
Jeune influenceur pensif dans appartement luxueux de Dubaï avec vue sur gratte-ciels Nathalie Rousselin / INFO.FR (img2img)

Plusieurs semaines de menaces, un passeport confisqué, une exploitation systématique. Pablo Bègue, connu sous le pseudo « Pablo Slay » et ancien membre de la team Nasdas sur Snapchat, brise le silence sur le calvaire qu'il dit avoir vécu à Dubaï auprès d'un tiktoker suivi par 1,5 million d'abonnés. Un témoignage glaçant qui lève le voile sur les dérives du monde des influenceurs.

L'essentiel — les faits vérifiés
  • Pablo Bègue, ex-membre de la team Nasdas, affirme avoir été exploité pendant plusieurs semaines à Dubaï par un tiktoker suivi par 1,5 million d'abonnés à partir de mi-septembre 2025
  • L'influenceur dénonce la confiscation de son passeport et des menaces qui l'auraient empêché de quitter les Émirats arabes unis
  • Pablo témoigne s'être senti « redevable » car ses frais de séjour étaient pris en charge, créant un déséquilibre exploité par son hôte
  • Cette prise de parole vise à alerter les jeunes créateurs de contenu sur les dérives possibles dans l'industrie des influenceurs
  • L'affaire soulève la question de la protection juridique des influenceurs, une catégorie professionnelle encore largement non régulée

Mi-septembre 2025, Pablo Bègue s’envole pour Dubaï avec l’espoir de développer sa carrière d’influenceur. Selon Le Parisien, le jeune homme rejoint Matthias (prénom modifié), un créateur de contenu suivi par 1,5 million d’abonnés sur TikTok, pour l’aider à « gérer ses partenariats ». Une opportunité professionnelle qui se transformera rapidement en cauchemar.

Un piège doré dans la cité des influenceurs

Dans la ville émiratie prisée des stars des réseaux sociaux, Pablo Bègue, connu pour avoir fait partie de la « team Nasdas » sur Snapchat, pensait saisir une chance en or. Les frais de séjour étaient entièrement pris en charge par son hôte, créant d’emblée un déséquilibre dans leur relation. Le Parisien rapporte ses mots : « Du coup, je me sentais redevable. » Un sentiment de dette que Matthias aurait, selon Pablo, exploité méthodiquement pour le maintenir sous son contrôle.

Ce qui devait être une collaboration professionnelle entre créateurs de contenu s’est rapidement mué en une relation d’exploitation. Pablo Bègue affirme avoir été contraint de produire du contenu pour augmenter l’audience de Matthias, sans rémunération ni reconnaissance. La machine à vues des réseaux sociaux réclamait son tribut, et Pablo en serait devenu l’instrument involontaire.

Menaces et séquestration dans l’émirat

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Le témoignage de Pablo Bègue prend une tournure plus sombre lorsqu’il évoque les menaces qu’il aurait subies. Selon Le Parisien, l’influenceur aurait été privé de son passeport, l’empêchant de quitter le territoire émirati. Cette confiscation de documents d’identité constitue une pratique couramment associée aux situations de traite humaine et d’exploitation moderne.

Pendant plusieurs semaines, Pablo Bègue aurait vécu dans un climat de peur permanente, contraint de participer à la création de contenus pour alimenter les comptes de son geôlier présumé. L’influenceur parle d’un « enfer » qui l’aurait profondément marqué psychologiquement. « Ça m’a détruit », confie-t-il dans son témoignage, mettant en lumière les conséquences psychologiques de cette expérience traumatisante.

Une prise de parole pour alerter la jeunesse

Quelques mois après les faits, Pablo Bègue a décidé de sortir du silence. Son objectif, selon Le Parisien, est de « sensibiliser et alerter les jeunes qui, comme lui, veulent travailler, créer, rêver sur Internet ». Un message d’avertissement adressé à une génération qui voit dans les réseaux sociaux une voie royale vers la célébrité et la réussite financière.

Le témoignage de Pablo Bègue intervient dans un contexte où l’industrie des influenceurs fait face à une remise en question croissante. Les promesses de collaboration et de partenariats lucratifs peuvent masquer des réalités bien plus sombres, notamment lorsque de jeunes créateurs de contenu, souvent inexpérimentés, se retrouvent isolés à l’étranger, loin de leurs repères et de leurs proches.

Les zones d’ombre de l’économie des influenceurs

L’affaire Pablo Bègue révèle les dérives d’un secteur largement non régulé. Dubaï, devenue un hub mondial pour les influenceurs grâce à sa fiscalité avantageuse et son cadre de vie luxueux, attire chaque année des centaines de créateurs de contenu. Mais derrière les paillettes des gratte-ciels et les voitures de luxe affichées sur Instagram, se cachent parfois des situations d’exploitation.

La confiscation de passeport, si elle est avérée, constitue une infraction grave dans la plupart des législations internationales. Aux Émirats arabes unis, cette pratique est théoriquement interdite, mais les recours pour les victimes restent complexes, notamment pour des étrangers en situation de dépendance économique. Le cas de Pablo Bègue soulève également la question de la protection des jeunes travailleurs du numérique, une catégorie professionnelle qui échappe encore largement aux cadres juridiques traditionnels.

« Du coup, je me sentais redevable », confie Pablo Bègue dans son témoignage recueilli par Le Parisien.

Vers une prise de conscience collective ?

Le courage de Pablo Bègue de raconter publiquement son expérience pourrait encourager d’autres victimes à témoigner. L’économie des influenceurs, estimée à plusieurs milliards d’euros à l’échelle mondiale, reste un Far West où les abus peuvent prospérer en l’absence de régulation claire. Les plateformes comme TikTok, Instagram ou Snapchat, qui génèrent des revenus considérables grâce au contenu créé par ces influenceurs, sont régulièrement interpellées sur leur responsabilité dans la protection de leurs créateurs.

Cette affaire intervient alors que plusieurs pays européens, dont la France, réfléchissent à un encadrement plus strict du statut d’influenceur. Des propositions de loi visent notamment à mieux protéger les jeunes créateurs de contenu, à encadrer les contrats de collaboration et à sanctionner les pratiques abusives. Le témoignage de Pablo Bègue pourrait alimenter ces débats législatifs et accélérer la mise en place de garde-fous nécessaires.

Reste à savoir si cette prise de parole débouchera sur des poursuites judiciaires. Pablo Bègue n’a pas précisé s’il avait porté plainte contre son présumé agresseur. Dans l’univers des influenceurs, où l’image et la réputation sont essentielles, dénoncer publiquement de telles pratiques représente un risque professionnel considérable. Mais c’est peut-être le prix à payer pour que la face cachée de cette industrie soit enfin mise en lumière et que d’autres jeunes créateurs ne tombent pas dans les mêmes pièges.

Sources

  • Le Parisien (22 janvier 2026)
Nathalie Rousselin

Nathalie Rousselin

Reporter et journaliste d'investigation. Parcours en sciences sociales et journalisme de terrain. Expertise dans le traitement des faits de société et les enquêtes de fond. Expérience en presse quotidienne régionale. Rejoint INFO.FR pour couvrir l'actualité société et les faits divers.

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