Paraguay – Allemagne : un exploit historique, un jour férié et une polémique
L'Albirroja élimine la Mannschaft aux tirs au but (4-3) après un match fou à Foxborough. Le président Santiago Peña décrète un jour férié, tandis que le style défensif fait débat en France.
Le Paraguay a créé la sensation lundi en sortant l'Allemagne en seizièmes de finale du Mondial 2026 (1-1, 4-3 t.a.b.). Au lendemain de l'exploit, le président Santiago Peña a décrété un jour férié national. En France, le consultant Daniel Riolo a vivement critiqué la tactique ultra-défensive de l'Albirroja.
L’essentiel
- Match : Paraguay bat Allemagne 4-3 aux tirs au but (1-1 a.p.) aux seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, le 29 juin à Foxborough.
- Héros : Le gardien Orlando Gill arrête deux tirs au but allemands et est élu homme du match.
- Historique : L’Allemagne subit sa première défaite aux tirs au but en phase finale de Coupe du monde.
- Fête nationale : Le président Santiago Peña signe le décret n° 6280 instaurant un jour férié le 30 juin 2026.
- Polémique : Le consultant français Daniel Riolo dénonce un « braquage » et un jeu sans mérite.
Le stade Gillette de Foxborough, dans le Massachusetts, a vécu l’un des plus grands exploits de l’histoire du football sud-américain. Ce lundi 29 juin 2026, le Paraguay, 56e nation au classement FIFA, a éliminé l’Allemagne, quadruple championne du monde, au terme d’un match à rebondissements et d’une séance de tirs au but maîtrisée (4-3). Une qualification historique qui a plongé tout un pays dans la liesse, mais qui suscite aussi des critiques sur le style de jeu.
Un scénario à suspense
Menés dès la 43e minute sur une tête de Julio Enciso - son premier but en Coupe du monde - , les Allemands ont égalisé par Kai Havertz à la 54e, servi par Florian Wirtz. Le score n’évolue plus jusqu’à la fin du temps réglementaire. En prolongation, le défenseur Jonathan Tah pense offrir la victoire à la Mannschaft en devançant tout le monde sur un corner (102e). Mais la VAR annule le but pour une faute controversée de son coéquipier Waldemar Anton sur un défenseur paraguayen, selon la retransmission. Un tournant qui a fait bondir le banc allemand.
La séance des tirs au but tourne à l’avantage des hommes de Daniel Garnero : le gardien Orlando Gill repousse les tentatives de Joshua Kimmich et de Niclas Füllkrug, tandis que les Paraguayens ne tremblent pas. Score final : 4-3. L’Allemagne, pour la première fois de son histoire en phase finale de Coupe du monde, s’incline aux tirs au but, comme le rapporte Al Jazeera. Le sélectionneur Julian Nagelsmann, déjà sous pression après l’élimination précoce en 2022 et un Euro 2024 raté, voit son avenir fragilisé.
Un jour férié décrété au Paraguay
La nouvelle a déclenché une vague de joie dans tout le pays. Dès le lendemain, le président Santiago Peña a signé le décret n° 6280, selon les services de la présidence, instaurant le mardi 30 juin 2026 comme jour férié national exceptionnel. « La fête a commencé au Paraguay lundi et pourra durer », a commenté l’AFP. Dans les rues d’Asunción, les supporters ont envahi les places, drapeaux rouges, blancs et bleus en main, et des feux d’artifice ont illuminé le ciel. « C’est le plus grand moment depuis la Coupe du monde 2010 », résume un fan local interrogé par nos confrères de la RTS.
Des critiques sur le style de jeu
En France, l’exploit est pourtant accueilli avec des réserves. Le consultant de RMC Daniel Riolo a exprimé une colère froide sur son compte X : « LE PARAGUAY N’A RIEN FAIT. IL N’Y A AUCUN MÉRITE. C’est un véritable BRAQUAGE. » Des mots qui font écho à un sentiment partagé par certains observateurs : la tactique ultra-défensive déployée par l’Albirroja, avec une possession inférieure à 30 %, a réduit le match à un bloc bas quasi permanent. « Le Paraguay a joué comme une petite équipe qui ne veut pas jouer », a renchéri un commentateur sur L’Équipe.
Pourtant, du côté paraguayen, on assume. Le sélectionneur Daniel Garnero a souligné après le match la discipline défensive et l’efficacité. « Nous savions que l’Allemagne était favorite. Notre plan était de rester solides et de les punir en contre. Nous avons exécuté parfaitement. » Un pragmatisme qui paie et qui permet au Paraguay de rejoindre les huitièmes de finale, où il affrontera le Brésil ou la Suisse.
Conséquences pour les deux camps
Côté allemand, la défaite est un séisme. Jamais depuis 1938 - défaite au premier tour contre la Suisse - la Mannschaft n’avait quitté si tôt une Coupe du monde. « Nous avons eu nos occasions, mais nous n’avons pas su les mettre au fond », a analysé Kai Havertz, amer. Le contrat de Julian Nagelsmann, prolongé jusqu’en 2026, est désormais en sursis. La Fédération allemande (DFB) n’a pas encore communiqué officiellement sur l’avenir du sélectionneur, mais les médias locaux évoquent un limogeage imminent.
Pour le Paraguay, c’est l’ivresse. Le gardien Orlando Gill, héros de la séance avec deux arrêts, est devenu une légende nationale en une soirée. Le pays, qui n’avait pas atteint les huitièmes de finale depuis 2010, vit un rêve éveillé. « C’est le jour le plus important de notre histoire récente », a déclaré le président Peña.
Contexte en France
En France, où la Coupe du monde est suivie avec passion, l’élimination de l’Allemagne a été largement commentée. Si les médias saluent l’exploit, la polémique sur le style de jeu du Paraguay a pris une place notable. Le débat entre l’efficacité défensive et le spectacle est récurrent dans le football moderne. « Le Paraguay n’a pas volé sa qualification, il a appliqué sa stratégie », tempère un chroniqueur sur So Foot. « Mais on peut regretter que le football défensif soit récompensé. » La prochaine étape pour l’Albirroja sera scrutée : parviendra-t-elle à reproduire ce schéma contre un adversaire plus fort ?
Prochaine étape : Les huitièmes de finale se jouent dès le week-end. Le Paraguay affrontera le vainqueur du Brésil-Suisse. Une nouvelle performance défensive ou un autre exploit ? Réponse dans les prochains jours.