Paris 16e : le gymnase Montherlant réquisitionné pour 150 migrants, le maire Redler dénonce une méthode scandaleuse

Informé seulement 30 minutes avant, le maire LR du 16e appelle à des solutions durables sans sacrifier l'éducation ni le sport

Paris 16e : le gymnase Montherlant réquisitionné pour 150 migrants, le maire Redler dénonce une méthode scandaleuse
Illustration Julie Renault / info.fr

Dans la nuit du 5 au 6 mai 2026, la mairie de Paris a réquisitionné le gymnase Henry de Montherlant dans le 16e arrondissement pour héberger environ 150 migrants. Le maire LR Jérémy Redler, prévenu trente minutes avant l'opération, dénonce une méthode « scandaleuse » et un manque total de concertation.

Dans la nuit du 5 au 6 mai 2026, la mairie de Paris a réquisitionné le gymnase Henry de Montherlant dans le 16e arrondissement pour héberger environ 150 personnes, principalement des familles avec enfants en situation de précarité. Jérémy Redler, maire LR du 16e arrondissement, n’a été averti que trente minutes avant l’opération. Le lendemain matin, élèves et enseignants se sont présentés pour leurs cours de sport sans avoir été informés. Résultat : cours annulés, enfants renvoyés à l’école sans préavis.

L’essentiel

  • Réquisition nocturne : le gymnase Henry de Montherlant (16e arr.) a été mobilisé dans la nuit du 5 au 6 mai 2026 pour loger environ 150 migrants, principalement des familles.
  • 30 minutes de préavis : Jérémy Redler (LR), maire du 16e arrondissement, n’a été notifié que 30 minutes avant l’opération, sans consultation préalable.
  • Cours annulés le 6 mai : les élèves d’une école voisine et les clubs sportifs ont été exclus des installations ce matin-là, obligeant les enfants à rebrousser chemin.
  • Un précédent en janvier 2025 : le même gymnase avait déjà été réquisitionné dans des conditions similaires, interrompant un cours de sport en cours.
  • Dispositif systémique : depuis 2019, Paris mobilise 20 à 25 gymnases en rotation pour l’hébergement d’urgence, avec 286 jours de mobilisation recensés en 2025, impactant jusqu’à 30 % des créneaux sportifs.

Une notification à trente minutes : les faits

Selon la mairie du 16e arrondissement, Jérémy Redler a reçu une notification de la Ville de Paris trente minutes avant que l’opération ne débute dans la nuit du 5 au 6 mai. Aucune consultation, aucune réunion préparatoire. Le gymnase Henry de Montherlant, équipement sportif de référence du 16e, a été mobilisé pour accueillir environ 150 personnes. La mairie de Paris a précisé à Redler que les personnes hébergées sont exclusivement des familles - femmes et enfants - sans hommes isolés, selon CNews.

Le matin du 6 mai, des élèves et leurs enseignants se sont présentés au gymnase pour des cours de sport. Ils ont trouvé les installations occupées, sans avoir reçu la moindre information au préalable. Les cours ont été annulés sur le champ. Les enfants ont été renvoyés à leur établissement scolaire.

« Le procédé est scandaleux » : la réaction de Redler

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Jérémy Redler n’a pas mis de formes pour qualifier la situation. Interrogé par CNews et relayé par plusieurs comptes journalistiques sur X, il a dénoncé un procédé « scandaleux » et « inacceptable ». « Je n’ai pas été consulté ! Les élèves sont arrivés ce matin sans en avoir été informés », a-t-il déclaré selon le journaliste Tony Pittaro.

Le maire a immédiatement contacté la maire de Paris pour négocier. Il a obtenu, selon des informations rapportées par CNews, le maintien des activités sportives dans les autres équipements du complexe Montherlant - piscine et courts de tennis - afin de limiter l’impact sur les usagers. Cette négociation en urgence n’a pas apaisé sa critique de fond sur la méthode employée.

Redler appelle à des solutions d’accueil durables qui ne pénalisent ni l’éducation ni les activités sportives locales. Il ne remet pas en cause le principe d’hébergement d’urgence, mais conteste explicitement le mode opératoire - décision nocturne, absence de concertation, impact direct sur les scolaires.

Un précédent : janvier 2025, même gymnase, même scénario

Ce n’est pas la première fois que le gymnase Montherlant est au cœur d’une telle opération. En janvier 2025, le même équipement avait été réquisitionné pour loger des migrants, dans des conditions là encore non anticipées : des élèves avaient dû quitter un cours de sport en cours d’exécution, selon des informations relayées par plusieurs médias dont Causeur. La répétition du scénario renforce la critique de Redler sur le caractère systémique de cette pratique.

Contexte dans le 75 - Paris

La réquisition du gymnase Montherlant s’inscrit dans un dispositif parisien qui remonte à 2019. Depuis cette date, la Ville de Paris mobilise à tour de rôle entre 20 et 25 gymnases pour l’hébergement d’urgence de personnes migrantes, selon Valeurs Actuelles et Le JDD. Ces établissements sont concentrés principalement dans les 15e, 16e et 17e arrondissements. Le dispositif concerne environ 600 personnes dont 202 enfants. En 2025, les gymnases parisiens ont été mobilisés 286 jours au total pour cet usage, entraînant une perte pouvant atteindre 30 % des créneaux habituels pour les clubs sportifs, selon Boulevard Voltaire.

Le 16e arrondissement est l’un des plus aisés de la capitale : taux de chômage de 6,9 % en 2022, population active à 74,1 % selon l’INSEE. Mais la précarité migratoire à Paris reste une réalité statistique : en 2021, le taux de pauvreté des immigrés parisiens atteignait 30,6 %, pour un taux global de 15 % environ dans la ville, toujours selon l’INSEE. La tension entre urgence humanitaire et gestion des équipements collectifs n’est pas propre au 16e. En avril 2026, la précarité énergétique continuait de fragiliser de nombreux ménages parisiens, signe que la pression sociale reste forte dans la capitale.

Le Figaro avait déjà documenté des tensions similaires en avril 2026, lors de la réquisition d’un gymnase du 15e arrondissement pour des migrants, soulignant que le phénomène dépasse le seul 16e. Les arrondissements concernés partagent une même structure : équipements sportifs municipaux importants, implantation scolaire dense, et maires d’arrondissement qui s’estiment court-circuités par les décisions de l’Hôtel de Ville.

Entre urgence humanitaire et gestion des équipements publics

La question posée par l’épisode du 6 mai dépasse la polémique politicienne. La réquisition d’un gymnase pour l’hébergement d’urgence répond à une obligation légale et à une pression réelle sur les dispositifs d’accueil. Mais le mode opératoire - notification en pleine nuit, trente minutes de délai, aucune communication vers les usagers - génère des dommages collatéraux documentés : cours annulés, enfants perturbés, clubs sportifs désorganisés.

Redler ne demande pas l’arrêt des réquisitions. Il demande une procédure. Une anticipation. Une information aux acteurs locaux - mairie d’arrondissement, direction d’école, clubs - qui permettrait d’organiser des solutions alternatives avant que les enfants ne se retrouvent devant une porte fermée. Sur ce point précis, aucune réponse officielle de la mairie de Paris n’avait été communiquée à la date de publication de cet article.

La mairie centrale n’avait pas non plus précisé la durée prévue de l’hébergement au gymnase Montherlant ni le calendrier de libération des installations sportives.

Sources

Julie Renault

Julie Renault

Julie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Paris (75), avec Paris pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale politique et premiere place economique française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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