Paris veut sa classique cycliste sur Montmartre
Le maire Emmanuel Grégoire annonce un projet de course professionnelle après le succès du Tour 2026 sur la Butte
Emmanuel Grégoire, maire de Paris, veut créer une course professionnelle autour de la Butte Montmartre. Le projet s'appuie sur le succès du Tour et des JO, mais doit convaincre l'UCI et ASO.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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1942-1948
Cyclo-cross de Montmartre
La Butte accueille déjà une épreuve cycliste historique [^f22][^f23]
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2024
JO Paris
Remco Evenepoel décroche l'or olympique sur Montmartre [^f3][^f11][^f12]
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2025
Tour de France
Le Tour passe par la Butte, engouement populaire [^f13]
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26 juil. 2026
Tour 2026
Trois ascensions de Montmartre, gel des temps pour sécurité [^f14][^f18][^f37]
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27 juil. 2026
Annonce Grégoire
Le maire annonce son projet de classique grand-parisienne [^f9][^f10]
Le tracé passerait par la Butte Montmartre - avec ses 1 km d’ascension à 6 % de pente moyenne - jusqu’à 8-9 % dans les parties les plus raides. Une côte classée en catégorie 4 lors du Tour 2026, suffisante pour casser un peloton. Le maire imagine un critérium professionnel accompagné d’une course amateur, sur le modèle du « Marathon pour tous ». Calendrier visé: début avril - pendant la campagne des classiques flandriennes.
Ce que Montmartre doit aux JO
Depuis les Jeux olympiques de 2024 - la Butte s’est imposée comme décor cycliste. Remco Evenepoel y a décroché l’or olympique. Le Tour 2025 et 2026 ont répété l’exercice, avec trois passages en 2026. L’ambiance a frappé: foule compacte, rues étroites, pavés glissants. Les organisateurs ont dû geler les temps au classement général avant l’ascension pour éviter les risques.
Emmanuel Grégoire, élu maire en mars 2026 - inscrit le projet dans la politique « capitale du vélo » lancée sous Anne Hidalgo. Une manière de transformer un succès ponctuel en rendez-vous permanent. Les clubs cyclistes parisiens et les nostalgiques du Grand Prix de Montmartre, disparu depuis plusieurs décennies - y voient une opportunité. La Butte a déjà accueilli un cyclo-cross entre 1942 et 1948. Le Montmartre Vélo Club perpétue cette histoire locale.
Les obstacles institutionnels
Créer une classique, c’est d’abord convaincre l’UCI d’insérer l’épreuve au calendrier professionnel. L’institution doit valider la conformité du tracé, la solidité du plan de sécurité, la capacité organisationnelle, et trouver un créneau dans un calendrier déjà saturé. Les candidatures s’examinent plusieurs années à l’avance. Une nouvelle épreuve doit prouver sa viabilité financière, sa capacité à mobiliser des équipes WorldTour, et son attractivité médiatique. L’UCI privilégie les formats qui renforcent l’écosystème existant plutôt que de multiplier les dates. Paris devra démontrer que sa classique apporte une valeur sportive unique, pas seulement un décor photogénique.
Ensuite, obtenir la collaboration d’ASO - organisateur du Tour de France, qui contrôle une large part du cyclisme français. ASO gère Paris-Roubaix, Paris-Nice, le Critérium du Dauphiné et une dizaine d’autres épreuves majeures. Leur expertise logistique, leurs relations avec les équipes, leurs partenaires diffuseurs et sponsors sont indispensables pour lancer une course crédible. Mais ASO défend aussi ses propres créneaux. Une classique parisienne en avril pourrait concurrencer Paris-Roubaix pour l’attention médiatique ou les budgets publicitaires. Sans leur soutien, le projet risque de rester une intention politique sans corps opérationnel.
Le maire espère « que ça verra le jour dans mon mandat ». Pas de date ferme, pas de budget annoncé.
Certains élus parisiens ont déjà exprimé des réserves. Jérôme Sterkers ironise sur X: « Après l’idée saugrenue d’un 2e marathon sur le périphérique, Emmanuel Grégoire nous improvise une ‘classique’ cycliste parisienne… alors que Paris-Roubaix et Paris-Tours ne partent plus de la capitale et que Bordeaux-Paris a rendu l’âme! Qu’il s’occupe plutôt du périscolaire… »
L’ombre des classiques disparues
Paris-Roubaix - Paris-Tours - Bordeaux-Paris: toutes ces courses mythiques ont quitté la capitale ou disparu. Les critiques rappellent cet historique pour questionner la viabilité d’une nouvelle épreuve. Le calendrier professionnel est saturé, les sponsors rares, les créneaux disputés. Une classique parisienne devrait se battre pour exister dans un déjà dense.
Le coût d’une course urbaine
Fermer la rue Lepic, le boulevard de Clichy, une partie du 18e arrondissement un dimanche d’avril: l’opération mobilise police, pompiers, services techniques, agents de circulation. Le coût logistique d’une course urbaine dépasse celui d’une épreuve rurale. Il faut sécuriser les carrefours, gérer les riverains, assurer l’évacuation sanitaire, installer des barrières, coordonner les services de propreté. Le « partage de la rue » entre cyclistes, piétons et automobilistes reste un sujet de tension à Paris. Une course fermera des axes pendant plusieurs heures, perturbera les transports en commun, limitera l’accès aux commerces. Le projet teste la « ville du quart d’heure » face à l’événementiel sportif mondialisé. Le débat politique autour des priorités budgétaires et de l’usage de l’espace public reste ouvert. Aucun chiffrage n’a encore été communiqué.
Ce que personne ne dit
Le projet arrive au moment où le cyclisme français cherche de nouveaux formats. Les sprints massifs sur les Champs-Élysées perdent en intensité dramatique. Montmartre offre un profil exigeant - un décor iconique, une foule captive. Mais l’annonce survient aussi dans un contexte électoral: Emmanuel Grégoire, élu en mars 2026 - a besoin de marquer son mandat. Créer une classique, c’est inscrire son nom dans l’histoire sportive parisienne. Le succès du Tour 2026 lui offre la fenêtre politique. Reste à savoir si l’UCI, ASO et les équipes suivront. Pour l’instant, c’est une annonce, pas un calendrier.
Les pavés de la rue Lepic ont vu passer Remco Evenepoel et les trois ascensions du Tour 2026. Ils verront peut-être une classique. Ou pas. Le maire a parlé. Le vélo, lui, attend.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (8)
« UCI (Union Cycliste Internationale): L'institution dont l'aval est nécessaire pour intégrer cette nouvelle épreuve au calendrier professionnel international. »
cyclingflash.com ↗ ↩
« ASO (Amaury Sport Organisation): Organisateur majeur des courses cyclistes en France (dont le Tour de France). Leur collaboration est jugée indispensable pour la faisabilité logistique et sportive du projet. »
cyclingflash.com ↗ ↩
« Des observateurs rappellent que plusieurs classiques historiques (Paris-Roubaix, Paris-Tours, Bordeaux-Paris) ont par le passé quitté ou disparu de la capitale, questionnant la viabilité à long terme d'un tel événement. »
tour-magazin.de ↗ ↩
« Les critiques soulignent l'échec historique d'autres classiques parisiennes (comme Paris-Tours ou Bordeaux-Paris qui ont quitté la capitale). »
tour-magazin.de ↗ ↩
« Les critiques soulignent l'échec historique d'autres classiques parisiennes (comme Paris-Tours ou Bordeaux-Paris qui ont quitté la capitale). »
tour-magazin.de ↗ ↩
« C'est un test pour la "ville du quart d'heure" confrontée à l'événementiel sportif mondialisé. »
sortiraparis.com ↗ ↩
« Emmanuel Grégoire inscrit ce projet dans la continuité de la politique des mobilités douces et de la transformation de Paris en « capitale du vélo », initiée sous le mandat d'Anne Hidalgo. »
parisenselle.fr ↗ ↩
« Plus largement, cette initiative s'insère dans le débat parisien sur le « partage de la rue » entre cyclistes, piétons et automobilistes, dans un contexte où la place de la voiture continue de diminuer. »
parisenselle.fr ↗ ↩
Sources
- L'Équipe - Emmanuel Grégoire souhaite la création d'une classique
- France Info - Emmanuel Grégoire annonce vouloir créer une course professionnelle
- Ouest-France - Avec le succès du Tour de France à Paris
- Parlons Politique - Le geste à vélo du maire interroge
- Olympics.com - Montmartre public folie cyclisme route
- Tour Magazin - Quelle est l'influence de Montmartre sur la course
- Montmartre Addict - Ce qu'il faut savoir sur le passage du Tour de France