Paris FC : Sinayoko et Abline lui filent entre les doigts
Auxerre et Nantes font monter les enchères. Le club parisien cherche un plan B.
Le Paris FC bute sur deux dossiers. Auxerre refuse 7 M€ pour Sinayoko et en réclame 12. Nantes repousse 23 M€ pour Abline et en veut 30. Le club de la famille Arnault cherche un buteur.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Inflation du marché
Les clubs de Ligue 1 ont compris que le Paris FC a les moyens. Auxerre refuse 7 M€ et demande 12 M€ pour Sinayoko. Nantes repousse 23 M€ et exige 30 M€ pour Abline. Face à la famille Arnault, on fixe un prix et on ne négocie plus.
Promesse non tenue
Sinayoko refuse de s'entraîner. En janvier, Auxerre lui avait promis un départ si une offre de 6,5 M€ + 1,5 M€ de bonus arrivait. Le Paris FC a proposé 7 M€. L'AJA estime le document caduc. Bras de fer juridique.
Concurrence internationale
Abline intéresse Monaco, Crystal Palace et l'AS Rome. Kita mise sur cette concurrence pour faire grimper le prix à 30 M€. Le Paris FC n'est plus seul sur le dossier.
Urgence offensive
Rosenior attend un buteur axial. Pagis est un ailier créateur, pas le profil demandé. Geubbels et Krasso n'ont pas convaincu. Otávio non plus. Le club cherche encore son numéro 9.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le Paris FC a vu son offre de 7 M€ pour Sinayoko refusée par Auxerre, qui en réclame 12 M€.
- Nantes a rejeté 23 M€ pour Abline et en exige 30 M€, en jouant sur la concurrence de Monaco et de clubs anglais.
- Pablo Pagis, attaquant de Lorient, s'apprête à signer pour 16,5 M€ bonus inclus, mais ce n'est pas le buteur axial attendu.
- Sinayoko refuse de s'entraîner à Auxerre, estimant qu'une promesse de vente à 6,5 M€ + 1,5 M€ de bonus doit être honorée.
- Le Paris FC, racheté par la famille Arnault en novembre 2024, a déjà dépensé 18 M€ pour Coppola, 25 M€ pour Zabi et 15 M€ pour Matondo.
La salle de réunion du Paris FC, mi-juillet. Sur la table, deux dossiers ouverts, deux noms barrés au marqueur rouge: Lassine Sinayoko - Matthis Abline. Les négociations ont tourné court. Auxerre a refusé 7 M€ pour son attaquant malien de 26 ans - auteur de 12 buts la saison passée. Le club bourguignon en réclame 12 M€. À Nantes, même scénario: l’offre du Paris FC de 23 M€ pour Abline, 23 ans - 8 buts et 7 passes décisives en 34 matchs - a été rejetée par Waldemar Kita. Le club nantais en attend 30 M€.
La taxe du rachat
Les petits clubs de Ligue 1 ont compris le système. Face au Paris FC, on ne négocie plus, on fixe un prix et on attend. Auxerre refuse 7 M€ et demande 12 M€ pour Sinayoko. Nantes repousse 23 M€ et exige 30 M€ pour Abline. La logique est la même partout: le club a été racheté par la famille Arnault en novembre 2024 - donc il a les moyens. Le marché s’adapte. Quelques mois plus tard, le Paris FC arrive avec 7 M€, l’AJA en réclame 12 M€. L’inflation n’est pas économique, elle est stratégique. Les clubs de Ligue 1 ont appris à exploiter la surenchère. Le Paris FC paie cash ou passe son chemin. Pour l’instant, il passe.
Sinayoko refuse de s’entraîner
À Auxerre, le dossier s’est envenimé sur le plan juridique. Le joueur a refusé de s’entraîner après le rejet de l’offre parisienne. Lors de sa prolongation jusqu’en 2027 - Auxerre lui avait promis de le transférer si une offre équivalente à celle du RC Lens arrivait: 6,5 M€ + 1,5 M€ de bonus. Sinayoko considère que l’offre du Paris FC de 7 M€ remplit les conditions. L’AJA estime le document caduc. Le club argue que le contexte a changé: le marché a évolué, les prix ont grimpé, et surtout, Lens avait formulé son offre avant la prolongation, pas après. Pour Sinayoko, une promesse reste une promesse. Pour Auxerre, une clause contractuelle ne fige pas le marché. Bras de fer juridique. Le joueur reste à l’écart du groupe. L’AJA maintient sa position: 12 M€ ou rien.
Kita joue la concurrence
Nantes applique une stratégie différente mais tout aussi efficace. Abline intéresse aussi plusieurs clubs européens selon plusieurs sources. Waldemar Kita mise sur cette concurrence internationale pour faire grimper le prix à 30 M€. Le dirigeant nantais ne négocie pas avec le Paris FC, il attend que la surenchère fasse le travail. Pendant ce temps, le Paris FC reste bloqué à 23 M€. Le club parisien n’a pas relancé. Kita sait qu’un club finira par céder. Le temps joue pour lui, pas pour le Paris FC. La fenêtre de mercato se referme, l’urgence change de camp.
Pagis arrive, Rosenior attend
Le club a trouvé une première solution. Pablo Pagis, attaquant du FC Lorient - s’apprête à signer pour cinq ans, jusqu’en juin 2031. Montant du transfert: 16,5 M€. L’ailier de 23 ans a inscrit 10 buts et délivré 4 passes décisives en 28 matchs de Ligue 1 la saison passée. Un profil créateur, mais pas le buteur axial que réclame Liam Rosenior - le nouvel entraîneur.
L’urgence du numéro 9
Rosenior attend toujours son avant-centre. Pagis est un ailier gauche, rapide, créateur, capable de déborder et de servir. Mais ce n’est pas un pivot. Le Paris FC a besoin d’un buteur de surface, un profil qui fixe les défenses centrales et convertit les occasions. Otávio, arrivé du FC Porto pour 17 M€ en 2025 - n’a pas convaincu. Moses Simon, recruté de Nantes pour 7 M€ en juin 2025 - n’a pas suffi. Willem Geubbels et Jean-Philippe Krasso non plus. L’entraîneur a demandé un vrai numéro 9 dès son arrivée. La direction sportive cherche. Jonathan David, attaquant canadien de 26 ans à la Juventus Turin - figure sur les tablettes. Anis Hadj Moussa, de Feyenoord - est suivi, mais le club néerlandais en demande 37 M€. Mohamed Ali Zoma, de Nuremberg - qui a inscrit 14 buts en 29 matchs de deuxième division allemande - est aussi dans le viseur. Rosenior attend. Le mercato tourne.
Ce que le mercato révèle
Le Paris FC dépense, mais ne décolle pas. Diego Coppola, défenseur de Brighton - est arrivé pour 18 M€. Emmanuel Mbemba - jeune du centre de formation du PSG, a aussi signé. Patrick Zabi avait coûté 25 M€ - Rudy Matondo 15 M€. Les investissements s’accumulent, les résultats tardent. Le club promet, mais ne décolle pas.
Sinayoko reste à l’écart du groupe auxerrois. Abline attend que la surenchère fasse son œuvre. Rosenior scrute les entraînements de Pagis. Dans le bureau de la direction sportive, les marqueurs rouges sont toujours sur la table. Les dossiers restent ouverts.
