Paris : Hidalgo passe la main, Grégoire hérite d’un bilan contrasté

Douze ans après son élection, la maire sortante laisse une ville transformée mais lourdement endettée à son successeur socialiste.

Paris : Hidalgo passe la main, Grégoire hérite d'un bilan contrasté
Illustration Céline Vasseur / info.fr

Anne Hidalgo ne se représentait pas aux municipales de mars 2026, mettant fin à douze ans à la tête de la capitale. Emmanuel Grégoire, son ancien premier adjoint, lui a succédé le 22 mars avec 51 % des voix. Entre avancées écologiques réelles et finances dégradées, le bilan est disputé.

Le 26 novembre 2024, Anne Hidalgo avait tranché : pas de troisième mandat. La maire socialiste de Paris, première femme à occuper ce poste depuis son élection en 2014, annonçait ainsi la fin d’une séquence politique de douze ans, selon Wikipedia. Le 22 mars 2026, Emmanuel Grégoire a été élu maire de Paris au second tour avec environ 51 % des voix, prolongeant 25 ans de gouvernance de gauche dans la capitale, selon France 24.

Un héritage écologique qui fait consensus

Sur le front environnemental, les chiffres sont nets. Depuis 2014, la pollution atmosphérique a reculé de 50 % à Paris, portée par la piétonnisation des voies sur berge et l’extension des pistes cyclables, selon Le Journal du Grand Paris. L’espace public, autrefois dédié à 95 % à l’automobile, a été progressivement rééquilibré au profit des piétons et des cyclistes.

Ce bilan a fini par dépasser les clivages partisans. Rachida Dati (LR), candidate aux municipales 2026, a elle-même intégré dans son programme la végétalisation et la préservation des pistes cyclables, selon Le Monde. Signe que les transformations engagées sont devenues une réalité acceptée, même par l’opposition.

La dette, point noir du mandat

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L’autre face du bilan est financière, et elle est lourde. La dette de Paris est passée de 4,2 milliards d’euros en 2014 à environ 10 milliards en 2026, soit une hausse de 120 %, selon la Chambre régionale des comptes qui qualifie la situation de « dégradée ».

C’est dans ce contexte que Grégoire prend les rênes. Investi par le PS après qu’Hidalgo avait initialement soutenu Rémi Féraud, l’ancien premier adjoint a promis une continuité sur les politiques écologiques et sociales, avec notamment un objectif de 40 % de logements sociaux, selon France 24. Hidalgo lui a remis symboliquement une clé lors de la passation de pouvoir, en référence au geste qui avait marqué l’arrivée de Bertrand Delanoë en 2001, selon Le Parisien.

Un exécutif XXL pour démarrer

Les premiers jours de Grégoire à l’Hôtel de Ville ont déjà suscité des critiques. Après son élection, il a nommé 36 adjoints, portant l’exécutif parisien à un effectif supérieur à celui du gouvernement français, pour un coût annuel estimé à 2,5 millions d’euros.

L’installation officielle du nouveau Conseil de Paris était attendue fin mars 2026, selon France 24. Pour Grégoire, l’équation est posée dès le départ : poursuivre les transformations engagées par Hidalgo tout en assainissant des finances que son prédécesseure laisse dans un état jugé préoccupant.

Sources

Julie Renault

Julie Renault

Basée à Paris, elle traite la mairie, les tensions sur le logement, les transports et les débats sur la piétonnisation. Diplômée du CFJ, elle a travaillé en agence avant de s'ancrer à Paris. Ligne de travail : interroger les élus, les associations de riverains, les syndicats de transports, vérifier les budgets municipaux avant de publier.

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