Paris : un mannequin éborgné lors des fêtes PSG porte plainte à l’IGPN

Jordan, 26 ans, a perdu l'usage de son œil gauche le 30 mai sur l'avenue de la Grande-Armée. Il soupçonne un tir de LBD.

Paris : un mannequin éborgné lors des fêtes PSG porte plainte à l'IGPN
Illustration Julie Renault / info.fr

Un mannequin parisien de 26 ans a déposé plainte le 4 juin 2026 à l'IGPN après avoir perdu la vue de son œil gauche lors des célébrations de la victoire du PSG en Ligue des champions. Le parquet de Paris a ouvert une enquête. Son avocat, Me Arié Alimi, réclame la saisie des images de vidéosurveillance.

L’essentiel

  • 30 mai 2026, 22h30 : Jordan, mannequin de 26 ans, est blessé à l’œil gauche (globe oculaire éclaté, fractures faciales) avenue de la Grande-Armée, près de l’Arc de Triomphe, lors des célébrations du sacre du PSG.
  • 4 juin 2026 : plainte déposée à l’IGPN pour violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique ; un tir de LBD est soupçonné.
  • Enquête ouverte par le parquet de Paris, confirmée auprès de Mediapart.
  • Même nuit : 780 interpellations, 219 blessés dont 8 grièvement, un mort ; deux adolescents (13 ans à Bobigny, 14 ans à Fontenay-sous-Bois) également grièvement blessés à la tête par des tirs présumés de LBD.

Ce qui s’est passé le 30 mai

Ce soir-là, Jordan n’était pas venu pour le football. Mannequin de 26 ans résidant dans les Hauts-de-Seine, il s’était rendu avenue de la Grande-Armée avec deux amis, John et Rayan, pour assister aux feux d’artifice marquant la victoire du Paris Saint-Germain en finale de Ligue des champions. Il avait prévu d’y rester une vingtaine de minutes avant de rentrer chez lui, selon Mediapart.

Vers 22h30, un projectile le touche à l’œil gauche. Le rapport médical établi par l’hôpital Cochin - où Jordan est opéré en urgence et hospitalisé trois jours - décrit un traumatisme d’une gravité exceptionnelle : globe oculaire éclaté et fractures faciales. Il a définitivement perdu la vue de cet œil. Les pompiers l’ont pris en charge sur place.

Dans une vidéo diffusée par Mediapart autour du 10 juin 2026 - son premier témoignage public - , Jordan qualifie les événements de « cauchemar éveillé » et appelle à interdire les tirs de LBD lors des rassemblements.

La plainte à l’IGPN et les demandes de l’avocat

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Le 4 juin 2026, Jordan a déposé plainte auprès de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique. Il soupçonne avoir été atteint par un tir de lanceur de balles de défense (LBD), sans qu’une confirmation officielle ait été rendue publique à ce stade.

Son avocat, Me Arié Alimi, a confirmé la démarche au Parisien. Il réclame la saisie en urgence des images de vidéosurveillance de l’avenue de la Grande-Armée, des caméras-piétons des policiers présents, la liste des agents équipés de LBD dans le secteur ce soir-là, ainsi que leurs échanges radio. Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur les faits, a-t-il été confirmé auprès de Mediapart.

Sur les questions de saisines du parquet parisien dans des affaires sensibles, la procédure suit habituellement un calendrier peu prévisible.

Contexte dans le département (Paris, 75)

La nuit du 30 au 31 mai 2026 a été marquée par de nombreux incidents en marge des célébrations du titre européen du PSG. À Paris et en Île-de-France, le bilan final fait état d’environ 780 interpellations - soit une hausse de 32 % par rapport aux célébrations de 2025, selon Le Parisien - , 219 blessés dont 8 grièvement parmi les participants, entre 57 et 178 policiers et gendarmes blessés selon les bilans, et un mort (accident de motocross sur le périphérique).

Deux autres cas d’éborgnement présumé par LBD ont été signalés la même nuit en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne : un adolescent de 13 ans à Bobigny et un de 14 ans à Fontenay-sous-Bois ont été grièvement blessés à la tête. L’IGPN a également été saisie dans ces dossiers, selon Libération et Index.ngo. Ces affaires alimentent un débat récurrent sur l’usage du LBD dans les opérations de maintien de l’ordre lors de grands rassemblements festifs. La question des effectifs et équipements policiers est par ailleurs au cœur des débats dans plusieurs grandes villes françaises.

Prochaine étape

L’enquête du parquet de Paris est en cours. Me Arié Alimi attend la communication des images de vidéosurveillance et des caméras-piétons pour identifier les policiers présents avec des LBD sur l’avenue de la Grande-Armée au moment des faits. Aucune mise en cause n’a été annoncée à ce stade.

Julie
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Sources

Julie Renault

Julie Renault

Julie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Paris (75), avec Paris pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale politique et premiere place economique française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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