Paris : Sylvain Maillard dénonce l’abandon des victimes de la rue de Trévise

Sept ans après l'explosion, le conseiller de Paris accuse la mairie de laisser les victimes s'endetter pour faire valoir leurs droits

Paris : Sylvain Maillard dénonce l'abandon des victimes de la rue de Trévise
Illustration Julie Renault / info.fr
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Le 12 janvier 2019, une explosion faisait quatre morts et 66 blessés rue de Trévise, dans le 9e arrondissement. Sept ans plus tard, Sylvain Maillard, conseiller de Paris, a dénoncé lors du Conseil de Paris mi-juillet l'attitude de la municipalité face aux victimes, contraintes selon lui de s'endetter pour survivre.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Le 12 janvier 2019, une explosion rue de Trévise (9e) a tué quatre personnes et blessé 66 autres.
  • Sylvain Maillard a dénoncé lors du Conseil de Paris (15-16 juillet 2026) l'attitude de la mairie face aux victimes.
  • Sept ans après, des victimes doivent s'endetter pour couvrir leurs frais, selon le conseiller.
  • La Ville de Paris sera jugée du 20 octobre au 7 décembre 2026 pour négligences dans l'entretien de la voirie.
  • Un fonds de 20 millions d'euros avait été provisionné dès 2021, mais les indemnisations restent partielles.
5 faits vérifiés 3 sources mis à jour le 30 juillet à 17:52

Lors du Conseil de Paris des 15 et 16 juillet 2026, Sylvain Maillard a haussé le ton. Le conseiller de Paris a dénoncé la situation des victimes de l’explosion rue de Trévise, survenue le 12 janvier 2019. Sept ans après le drame qui a fait quatre morts et 66 blessés, les rescapés doivent encore s’endetter pour faire valoir leurs droits, affirme l’élu.

« La Mairie de Paris, qui a laissé pourrir la situation, continue de se prétendre à leurs côtés », a-t-il déclaré sur X après son intervention. Une accusation frontale, relayée par les associations Victimes Trevise et Trevise Ensemble, qui dénoncent depuis des mois la lenteur des procédures d’indemnisation.

Un drame qui a marqué Paris

Le 12 janvier 2019, une fuite de gaz provoquait l’explosion d’un immeuble rue de Trévise, dans le 9e arrondissement. Quatre personnes perdaient la vie : deux pompiers, une touriste espagnole et une habitante. 66 autres étaient blessées. L’onde de choc avait soufflé les vitrines et dévasté plusieurs immeubles, rendant des dizaines de logements inhabitables.

Dès les premiers jours, la question des responsabilités se posait. L’explosion était liée à une dégradation de la voirie parisienne, selon les premières investigations. La Ville de Paris sera d’ailleurs jugée du 20 octobre au 7 décembre 2026 pour négligences dans l’entretien de la voirie, selon plusieurs médias. Un procès pénal historique pour la municipalité.

Des indemnisations au compte-gouttes

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Dès 2021, la Mairie de Paris avait provisionné un fonds de 20 millions d’euros pour indemniser les victimes, selon des documents officiels. Mais cinq ans plus tard, les associations dénoncent des versements partiels et une complexité administrative décourageante.

« Les victimes doivent avancer les frais, se battre avec les assureurs, attendre des mois pour des remboursements incomplets », explique un proche du dossier. Certaines familles ont dû contracter des prêts pour couvrir les travaux de leurs logements ou les frais médicaux non pris en charge immédiatement.

En mars 2026, Le Parisien rapportait que les victimes accusaient la Ville de « jouer la montre ». Les associations pointaient notamment la lenteur des échanges avec les services municipaux et le manque de coordination entre les différents acteurs (assureurs, experts, bailleurs sociaux).

La Mairie se défend

Contactée par plusieurs médias au printemps, la Mairie de Paris avait défendu sa gestion du dossier. Elle rappelait le provisionnement du fonds, l’accompagnement social des familles et les travaux de réhabilitation menés dans le quartier. La municipalité imputait les retards aux délais d’expertise et aux procédures assurantielles, hors de son contrôle direct.

Mais pour Sylvain Maillard, cette défense ne tient pas. « Sept ans après, on ne peut plus parler de délais normaux. Les victimes sont épuisées, financièrement et moralement », a-t-il déclaré selon son site officiel.

Un procès très attendu en octobre

Le procès pénal qui s’ouvrira le 20 octobre 2026 sera un tournant. La Ville de Paris devra répondre de manquements dans l’entretien de la voirie. La justice reproche notamment des négligences qui auraient favorisé la fuite de gaz, selon le professeur Bertrand Faure, spécialiste du droit des collectivités, cité par plusieurs médias.

Les associations de victimes espèrent que ce procès permettra d’établir clairement les responsabilités et d’accélérer les indemnisations. « Nous voulons que la vérité soit faite, et que les responsables assument », résume un porte-parole.

Contexte dans Paris

Paris compte environ 2,05 millions d’habitants et fait face à des enjeux d’entretien de ses infrastructures vieillissantes. Le 9e arrondissement, où s’est produite l’explosion, abrite environ 60 000 résidents. Le quartier, dense et ancien, concentre de nombreux immeubles haussmanniens et des réseaux souterrains parfois centenaires.

Le drame de la rue de Trévise n’est pas isolé. En 2016, une explosion liée au gaz avait détruit un immeuble rue de Lappe, dans le 11e arrondissement, faisant plusieurs blessés. Ces accidents répétés ont relancé le débat sur la maintenance des réseaux et la responsabilité des collectivités locales. À Paris, la gestion de la voirie et des réseaux enterrés relève de la municipalité, qui doit coordonner les interventions avec GRDF et d’autres opérateurs.

Prochaine étape

Le procès débutera le 20 octobre 2026 et se tiendra jusqu’au 7 décembre. La Ville de Paris sera représentée par ses avocats, face aux parties civiles regroupant victimes et familles endeuillées. Un verdict est attendu pour début 2027. D’ici là, les associations comptent maintenir la pression pour obtenir des avancées concrètes sur les indemnisations.

Julie
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Sources

Julie Renault

Julie Renault

Julie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Paris (75), avec Paris pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale politique et premiere place economique française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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