Paris : la Ville porte plainte contre Rachida Dati pour diffamation
Le Conseil de Paris a autorisé une plainte visant deux tweets de mai accusant la mairie d'avoir dissimulé le scandale du périscolaire
La Ville de Paris a décidé de porter plainte pour diffamation contre Rachida Dati après le vote du Conseil de Paris. La plainte, qui sera déposée dans les prochains jours, vise deux tweets publiés en mai 2026 dans lesquels l'élue accusait la municipalité d'avoir déplacé des prédateurs sexuels sans saisir la justice.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le Conseil de Paris a autorisé une plainte pour diffamation contre Rachida Dati, qui sera déposée dans les prochains jours
- La plainte vise deux tweets de mai 2026 accusant la mairie d'avoir déplacé des prédateurs sexuels sans saisir la justice
- 132 animateurs ont été suspendus depuis début 2026 à Paris, dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes
- Emmanuel Grégoire a lancé en avril 2026 un plan d'action de 20 millions d'euros et une commission indépendante
- L'opposition qualifie la plainte de procédure-bâillon et de tentative de diversion politique
Le Conseil de Paris a autorisé la Ville de Paris à porter plainte pour diffamation contre Rachida Dati, selon plusieurs médias dont Libération et Orange Actu. La délibération, adoptée par la majorité municipale, fait suite à une demande d’Emmanuel Grégoire, maire socialiste de la capitale.
Deux tweets visés par la plainte
La plainte, qui sera déposée dans les prochains jours selon Orange Actu, cible deux tweets publiés par Rachida Dati en mai 2026. Dans ces messages, l’élue de l’opposition accusait la mairie de Paris d’avoir « déplacé, en connaissance de cause, des prédateurs sexuels d’une école à une autre sans jamais saisir la justice », rapporte Libération.
Elle affirmait également qu’Emmanuel Grégoire a été accusé par Rachida Dati d’avoir été informé de la situation depuis 2015, sans qu’aucune action ne soit entreprise en dix ans, selon Commons Media et Ohmymag.
La Ville de Paris estime que ces propos portent atteinte à son honneur et à sa considération en la présentant comme ayant sciemment favorisé et dissimulé des infractions sexuelles, selon Orange Actu.
Le scandale du périscolaire en chiffres
Depuis le début de l’année 2026, 132 animateurs ont été suspendus à Paris, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles ou sexistes, selon Libération et Brut. Ces chiffres illustrent l’ampleur d’une crise qui secoue le dispositif périscolaire de la capitale depuis plusieurs mois.
En avril dernier, Emmanuel Grégoire a lancé un plan d’action de 20 millions d’euros pour le périscolaire et mis en place une commission indépendante présidée par l’ex-juge des enfants Antoine Garapon, selon Libération et Ohmymag. Cette commission doit établir les responsabilités dans la gestion de ce dossier.
L’opposition dénonce une procédure-bâillon
Des élus de l’opposition ont vivement critiqué cette plainte. Ils la qualifient de « procédure-bâillon », de « règlement de comptes » ou de « mesquine entreprise de diversion », selon Orange Actu et YouTube.
Sophia Chikirou, élue La France Insoumise, a jugé la démarche « assez lâche », suggérant à Emmanuel Grégoire de porter plainte en son nom propre si son honneur personnel était en jeu, selon Libération et Orange Actu.
Cette polémique intervient alors que plusieurs dossiers sensibles agitent la scène politique française ces dernières semaines.
Un signalement à la procureure en juin
En juin 2026, des élus de droite, du centre et La France Insoumise avaient déjà effectué un signalement à la procureure, mettant en cause la possible responsabilité pénale de la Ville de Paris dans ce scandale, selon Libération et Ohmymag.
Ce signalement visait à déterminer si la municipalité avait failli dans son devoir de protection des enfants fréquentant les centres périscolaires parisiens.
Contexte dans Paris
Paris compte environ 2,1 millions d’habitants et accueille chaque année des dizaines de milliers d’enfants dans ses structures périscolaires. La capitale fait face à des enjeux majeurs en matière de sécurité des mineurs dans ces dispositifs.
Le scandale du périscolaire s’inscrit dans un contexte politique tendu à Paris, où l’opposition de droite et de gauche radicale multiplie les attaques contre la gestion de l’équipe municipale socialiste. La plainte pour diffamation marque une escalade dans ce bras de fer politique.
Prochaines étapes judiciaires
La plainte sera déposée dans les prochains jours, selon Orange Actu. Rachida Dati devra répondre devant la justice des accusations de diffamation portées par la Ville de Paris. L’instruction déterminera si ses propos constituaient une information légitime ou une atteinte à l’honneur de la municipalité.
Parallèlement, la commission indépendante d’Antoine Garapon poursuit ses travaux pour établir les responsabilités dans la gestion du scandale. Ses conclusions sont attendues dans les prochains mois.
Sources
- TV5 Monde : Périscolaire : Grégoire va porter plainte pour diffamation contre Dati au nom de la Ville de Paris
- Orange Actu : Scandale du périscolaire : Emmanuel Grégoire va porter plainte pour diffamation contre Rachida Dati
- Orange Actu : Périscolaire à Paris : Rachida Dati et une vingtaine d'élus de droite mettent en cause la Ville
- Le Parisien : Tweet du Parisien sur la plainte de la Ville de Paris
