Pas-de-Calais : première conférence de l’eau à la préfecture pour préserver la ressource
Le préfet François-Xavier Lauch a réuni le 3 juin 2026 à Arras les acteurs locaux autour de l'état des lieux quantitatif et qualitatif de la ressource en eau
Mercredi 3 juin 2026, le préfet du Pas-de-Calais a tenu à la préfecture d'Arras une première conférence de l'eau. Région, Département, agriculteurs, associations et gestionnaires de l'eau ont fait le point sur la ressource face au changement climatique, dans un département déjà placé en vigilance sécheresse depuis le 22 mai.
L’essentiel
- 3 juin 2026 : première conférence de l’eau organisée à la préfecture d’Arras par le préfet François-Xavier Lauch.
- 22 mai 2026 : arrêté de vigilance sécheresse signé pour le Pas-de-Calais, invoquant une recharge hivernale lente et un déficit pluviométrique.
- Acteurs réunis : Région Hauts-de-France, Département du Pas-de-Calais, FDSEA 59-62, associations, EPCI, gestionnaires de l’eau et services de l’État.
- Plan de résilience : document en cours d’élaboration, post-inondations 2023-2024, intégrant désormais la gestion durable de l’eau.
Une réunion tenue « comme je m’y étais engagé »
Le préfet François-Xavier Lauch - en poste depuis décembre 2025 - a convoqué mercredi 3 juin l’ensemble des parties prenantes de la gestion de l’eau dans le Pas-de-Calais. La préfecture d’Arras a accueilli représentants de la Région Hauts-de-France, du Conseil départemental, du secteur agricole, d’associations, d’EPCI et de gestionnaires de réseaux. Sur X, le préfet a précisé que cette réunion répondait à un engagement pris en amont.
Les échanges ont porté sur deux volets : l’état quantitatif de la ressource (niveaux des nappes, débits, disponibilité) et sa qualité (pollutions diffuses, normes). Les actions engagées par l’État et ses partenaires pour « préserver durablement cette ressource essentielle » ont également été présentées, selon le compte officiel de la préfecture.
Vigilance sécheresse déclenchée dès le 22 mai
Cette conférence intervient onze jours après un premier signal d’alerte. Le 22 mai 2026, la préfecture a placé le département en vigilance sécheresse par arrêté, invoquant « une lente recharge hivernale et un début de déficit pluviométrique », selon le site officiel de la préfecture. La Voix du Nord avait alors signalé que le Nord voisin était concerné par la même mesure.
Ce niveau de vigilance - le premier d’une échelle à quatre degrés - n’impose pas encore de restriction d’usage, mais constitue un signal de surveillance renforcée des cours d’eau et des nappes phréatiques.
La FDSEA demande à être associée au Plan de résilience
La Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA 59-62) a publié un compte rendu de sa participation sur ses réseaux. Elle a qualifié cette conférence de « temps d’échange nécessaire » et insisté sur l’importance d’associer pleinement la profession agricole aux instances de planification de l’eau.
La FDSEA a précisé qu’elle veillerait à ce que le futur Plan de résilience soit « cohérent avec les réalités de terrain agricoles ». Pour les exploitants, la question de l’eau est double : ils sont à la fois utilisateurs de la ressource (irrigation, abreuvement) et acteurs potentiels de sa préservation (pratiques agronomiques, haies, zones tampons).
Ce positionnement n’est pas anodin dans un département où l’agriculture occupe une place économique structurante, notamment dans les secteurs de la Plaine de la Scarpe et de l’Artois. La FDSEA est également active sur d’autres dossiers agricoles régionaux, comme en témoigne sa présence au salon Terres en Fête 2026 à Tilloy-lès-Mofflaines, dans le même département.
Contexte dans le Pas-de-Calais
Le Pas-de-Calais a subi deux hivers d’inondations exceptionnelles en 2023 et 2024, parmi les plus graves depuis des décennies. Ces crises ont conduit l’État à lancer une démarche de résilience territoriale, documentée par la Direction interministérielle de la transformation publique. Selon ce rapport, l’objectif est de « passer d’une logique de réaction à une culture de prévention et d’adaptation ».
Le Cerema a accompagné les acteurs locaux dans cette démarche, notamment sur la gestion des eaux en amont des bassins versants. Cette conférence du 3 juin s’inscrit explicitement dans cette continuité : dresser un diagnostic partagé de la ressource en eau avant d’élaborer des mesures pérennes.
La tension entre excès d’eau hivernaux et déficit estival est une réalité croissante dans les territoires du nord de la France. Des sols saturés en hiver, une recharge insuffisante des nappes, et des étiages de plus en plus précoces en été - le Pas-de-Calais cumule désormais les deux risques. Cette conférence, qualifiée de « première » par la préfecture et la FDSEA, suggère qu’un format régulier pourrait être instauré. À noter qu’une démarche similaire est engagée dans d’autres préfectures françaises : le préfet de Nanterre a lui aussi organisé des réunions de concertation sur des enjeux locaux structurants.
Prochaine étape : le Plan de résilience
Les travaux engagés lors de cette conférence doivent alimenter le Plan de résilience départemental, dont le calendrier d’adoption n’a pas encore été communiqué par la préfecture. La FDSEA a indiqué qu’elle suivrait de près sa rédaction pour garantir la prise en compte des contraintes agricoles.
Sources
- Préfecture du Pas-de-Calais (@Prefet62) : Tweet officiel de la préfecture du Pas-de-Calais sur la conférence de l'eau
- FDSEA 59-62 : La FDSEA a participé à la première Conférence de l'eau
- Préfecture du Pas-de-Calais : Arrêtés de restriction sécheresse – Pas-de-Calais
- Direction interministérielle de la transformation publique : Co-construire la résilience : la démarche innovante du Pas-de-Calais