Seixas, 4e du Tour à 19 ans, veut « disputer d’autres Grands Tours »
Le prodige lyonnais, qui a terminé au pied du podium pour son premier Tour, annonce vouloir enchaîner les courses de trois semaines. La faim plutôt que la frustration.
Le prodige lyonnais, qui a terminé au pied du podium pour son premier Tour, annonce vouloir enchaîner les courses de trois semaines. La faim plutôt que la frustration.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Une expérience qui donne le goût du combat
Ce que Seixas retient, ce n'est pas les 25 secondes perdues. C'est ce qu'il a découvert : la gestion de la fatigue sur 21 jours - la pression méd…
Giro ou Vuelta envisagés pour 2027
Le Tour reste l'objectif numéro un, mais l'équipe envisage déjà de lui faire découvrir le Giro d'Italia ou la Vuelta a España en 2027 . « Le Tour…
Ce que personne ne dit
Le cyclisme a connu des prodiges comme Tadej Pogačar ou Remco Evenepoel . Mais tenir sur 21 jours sans craquer physiquement ou mentalement à 19 a…
Le plateau télé, les lumières, les micros. Paul Seixas pose le regard sur Laurent Luyat. Vingt-quatre heures après l’arrivée sur les Champs-Élysées, il est là, sur le plateau de Vélo Club. Le corps est marqué par trois semaines de course - le visage frais. Quatrième du classement général - à 11’56 » de Pogačar. Pas de podium, mais pas de regret non plus.
« C’est une expérience incroyable. Finir 4e pour mon premier Tour, c’est au-delà de mes espérances, mais cela m’a surtout donné faim » - lâche-t-il d’emblée. Pas de fausse modestie. Pas de langue de bois. Le gamin de Lyon sait ce qu’il vient de faire: à 19 ans - il est devenu le plus jeune coureur de l’après-guerre à intégrer le Top 5 du classement général de la Grande Boucle. Plus jeune participant depuis 1937. Son premier Grand Tour.
Le podium s’est joué à 25 secondes. Vingt-cinq secondes qui séparent la troisième place de la quatrième. « Terminer quatrième, c’est frustrant et gratifiant à la fois » - reconnaît-il. La marge est infime, mais elle existe. « On touche du doigt le podium, on se dit que la marge n’est pas si grande ».
Une expérience qui donne le goût du combat
Ce que Seixas retient, ce n’est pas les 25 secondes perdues. C’est ce qu’il a découvert: la gestion de la fatigue sur 21 jours - la pression médiatique, l’accumulation des efforts. « Finir 4e, c’est au-delà de mes espérances. J’ai découvert la gestion de la fatigue, la pression médiatique, et surtout, j’ai compris que mon corps répondait bien à l’accumulation des efforts ».
Il avait pris ce Tour « étape par étape, sans se mettre de pression inutile ». Résultat: aucune défaillance majeure, une constance qui a impressionné le peloton. Tout au long de ses trois semaines de course - le coureur de l’équipe Decathlon CMA CGM a tenu. Pas de jour sans, pas de craquage.
Et maintenant? « Ce Tour m’a donné le goût du combat. J’ai envie de disputer d’autres Grands Tours, d’apprendre encore, de peaufiner ma préparation. Je sais maintenant ce qu’il faut pour aller chercher le podium, voire mieux ». La phrase claque. Pas de langue de bois. « Est-ce que j’ai envie d’en refaire un? La question ne se pose même pas » - ajoute-t-il avec un sourire.
Giro ou Vuelta envisagés pour 2027
Le Tour reste l’objectif numéro un, mais l’équipe envisage déjà de lui faire découvrir le Giro d’Italia ou la Vuelta a España en 2027. « Le Tour, c’est magique, c’est indescriptible, mais cette expérience m’a donné envie de découvrir la gestion d’un Grand Tour sur trois semaines différemment, peut-être sur le Giro ou la Vuelta » - confie-t-il sur le plateau.
« Cette course m’a prouvé que je pouvais rivaliser avec les meilleurs sur la durée. J’ai désormais une immense envie de disputer d’autres Grands Tours, avec encore plus d’ambition et de préparation ». L’expérience l’a ouvert les yeux. « Maintenant que j’ai goûté à ce niveau sur le Tour, je n’ai qu’une envie: revenir et disputer d’autres Grands Tours pour aller chercher plus haut ».
Ce que personne ne dit
Le cyclisme a connu des prodiges comme Tadej Pogačar ou Remco Evenepoel. Mais tenir sur 21 jours sans craquer physiquement ou mentalement à 19 ans reste une anomalie statistique rare. Seixas a couru sans défaillance majeure sur son premier Grand Tour. Pas de jour sans. Pas de craquage. Une constance que même les vétérans peinent à maintenir. Cette régularité-là, sur trois semaines - c’est peut-être ce qui fait le plus peur aux adversaires pour les années à venir.
Les consultants de Vélo Club ont décortiqué la tactique, analysé le potentiel. Seixas, lui, a déjà la tête ailleurs. Sur la prochaine course. La frustration de la quatrième place? « Si la troisième marche du podium s’est jouée à quelques secondes, le leader de l’équipe ne ressent aucune frustration ». Il a 19 ans. Il a le temps.
Ce matin-là, sur le plateau, Paul Seixas a posé les mots sur sa saison. Pas de fausse modestie. Pas de langue de bois. Juste un constat: « Cette expérience m’a ouvert les yeux ». Le reste viendra.