Paul Seixas prépare Québec, Montréal et les Mondiaux après son Tour de choc
Le prodige français de 19 ans enchaîne les objectifs après sa 4e place sur le Tour de France
À 19 ans, Paul Seixas a terminé 4e du Tour de France pour sa première participation à un Grand Tour. Il vise désormais les courses canadiennes, les Mondiaux et Lombardie.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Confirmer après le Tour
Seixas a terminé 4e de son premier Tour de France. Il doit maintenant prouver que ce résultat n'était pas un accident.
Gérer la fatigue
Enchaîner quatre courses majeures en un mois après un Grand Tour est risqué. Le corps peut lâcher.
Découvrir de nouveaux terrains
Les Grands Prix canadiens et les Mondiaux sont des courses d'un jour, un format que Seixas maîtrise moins.
Franchir un cap à Lombardie
Après une 7e place en 2025, Seixas vise un meilleur résultat sur cette classique monumentale.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2025
Passage pro et Tour de l'Avenir
Seixas devient professionnel et remporte le Tour de l'Avenir
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avr. 2026
Tour du Pays Basque
Plus jeune vainqueur d'une course par étapes World Tour
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avr. 2026
Flèche Wallonne
Victoire sur la classique ardennaise
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juil. 2026
Tour de France
4e place au classement général, deux podiums d'étape
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sept. 2026
Canada et Mondiaux
GP Québec, Montréal et Championnats du Monde
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10 oct. 2026
Tour de Lombardie
Objectif : faire mieux que sa 7e place de 2025
Paul Seixas pose son vélo contre le mur du camion Decathlon-CMA CGM. Fin juillet, à Nice. Le Tour de France vient de se terminer. À 19 ans - il a fini 4e au classement général - deux podiums d’étape dans les jambes. Les journalistes veulent savoir ce qu’il va faire maintenant. Il répond: « Le Tour de France a été une expérience fondatrice. J’ai beaucoup appris, mais je sais que le plus dur reste de confirmer. Aller au Canada, puis viser les Mondiaux et la Lombardie, c’est une manière de me confronter aux meilleurs sur les plus belles courses du monde. Je veux prendre du plaisir, mais surtout apprendre et être acteur de la course. »
Le calendrier est serré. Grand Prix de Québec le 11 septembre - Grand Prix de Montréal deux jours plus tard. Entre les deux, 48 heures pour récupérer. Puis les Championnats du Monde, du 20 au 27 septembre. Enfin, le Tour de Lombardie le 10 octobre. Trois courses majeures.
Confirmer après le Tour
Le Tour de France l’a révélé. Professionnel depuis 2025 - Seixas était déjà passé par la case victoire: Tour de l’Avenir en 2025 - dans les traces de Tadej Pogačar. En 2026, il a gagné le Tour du Pays Basque - devenant le plus jeune vainqueur d’une course par étapes World Tour. Il a ensuite pris la Flèche Wallonne. Sur le Tour, il est devenu le plus jeune coureur au départ depuis 1937.
Apprendre à être acteur sur un jour
« Je veux être acteur de la course », a dit Seixas. Mais qu’est-ce que cela signifie sur une course d’un jour, après trois semaines de Grand Tour? Sur le Tour, il a roulé pour le classement général. Il a géré, calculé, protégé sa place. Sur les courses canadiennes ou à Lombardie, la logique s’inverse. Il faut attaquer, se montrer, prendre des risques. Pas de lendemain pour rattraper une erreur.
Seixas n’a jamais disputé de course d’un jour au plus haut niveau en tant que leader. À la Flèche Wallonne - il était dans un jour de grâce. Mais les courses canadiennes, c’est un autre registre: des circuits courts, nerveux, où le placement dans le peloton compte autant que les jambes. Il devra apprendre à lire la course en temps réel, à identifier le bon groupe, à ne pas gaspiller d’énergie dans des offensives vouées à l’échec. C’est ce qu’il appelle « être acteur »: choisir le bon moment, pas seulement subir le rythme des autres.
Découvrir les terrains nord-américains
Les courses canadiennes, Seixas ne les connaît pas. Il n’a jamais couru en Amérique du Nord. Québec et Montréal, ce sont des circuits urbains, des côtes courtes et sèches, un style de course qui favorise les puncheurs explosifs. Pas de longues ascensions pour faire la différence. Tout se joue sur quelques centaines de mètres.
Le climat aussi change. Début septembre au Québec, les températures peuvent osciller entre 10 et 20 degrés, avec de la pluie. Les routes canadiennes ne ressemblent pas aux routes européennes: plus larges, souvent moins techniques. Seixas devra s’adapter vite. Pas de reconnaissance préalable prévue. Il découvrira les circuits le jour de la course ou la veille.
C’est un pari. La plupart des coureurs qui visent ces épreuves les préparent depuis des années. Seixas, lui, arrive en outsider. Il n’a jamais couru ces épreuves. Il découvrira.
Gérer la fatigue post-Tour
La question centrale reste celle de la fatigue. Enchaîner plusieurs courses majeures après un Grand Tour, c’est rare. Et risqué. À 19 ans, le corps récupère plus vite. Mais il supporte aussi moins bien la charge cumulée. Le cortisol reste élevé, le système immunitaire affaibli. Un enchaînement trop dense peut mener au surentraînement, puis à l’effondrement.
Seixas n’a pas détaillé son protocole de récupération. Pas de déclaration sur un suivi médical renforcé, pas de staff spécifique mentionné. L’équipe Decathlon-CMA CGM n’a pas communiqué sur la gestion de cette fin de saison. Le programme est annoncé, pas la méthode. Seixas roule. Il enchaîne. Il verra bien.
Le risque est réel. Il peut s’effondrer au Mondial ou caler à Lombardie. Ou confirmer. C’est tout l’enjeu de cette fin de saison: montrer que le Tour n’était pas un coup de chance.
Les précédents, rares et contrastés
D’autres jeunes coureurs ont tenté l’enchaînement Grand Tour-classiques de fin de saison. Les résultats sont mitigés. Selon plusieurs sources, certains champions ont privilégié la récupération après un Grand Tour, tandis que d’autres ont tenté l’enchaînement au prix d’une coupure complète ensuite.
Seixas joue une carte différente: l’accumulation plutôt que la préservation. C’est un pari sur sa jeunesse, sur sa capacité à encaisser. Mais l’histoire du cyclisme montre que les prodiges qui brûlent trop vite finissent souvent par s’éteindre.
Les Mondiaux, objectif flou
Sa participation aux Championnats du Monde est « envisagée ». Pas confirmée. Pas annoncée officiellement. L’équipe de France n’a pas encore communiqué sa sélection. Seixas attend. S’il y va, ce sera pour apprendre, pas pour viser le podium. À 19 ans, il n’a pas encore le moteur pour tenir un Mondial sur un parcours difficile.
Le parcours favorise les puncheurs, pas les grimpeurs purs. Seixas devra composer avec des coureurs plus explosifs, plus rodés aux courses d’un jour. Il n’a jamais disputé de Mondial élite.
Lombardie: franchir un cap
Le Tour de Lombardie, il connaît. Il a fini septième l’an dernier. Cette fois, il veut franchir un cap. Le parcours 2026 n’a pas encore été dévoilé, mais Lombardie, c’est toujours la même logique: des bosses, de la tactique, un final où tout se joue. Seixas n’aura pas le soutien d’une équipe entière. Il devra jouer sa carte seul ou presque.
Ce que personne ne dit
Le calendrier de Seixas pose une question que personne ne formule: pourquoi enchaîner autant de courses après un Tour aussi exigeant? La plupart des coureurs qui terminent dans le top 5 d’un Grand Tour coupent ensuite pendant plusieurs semaines. Pas lui. L’équipe Decathlon-CMA CGM veut-elle le tester jusqu’à rupture? Ou Seixas cherche-t-il à prouver quelque chose après un Tour où il n’a jamais vraiment menacé le podium malgré sa 4e place?
Aucune source ne répond à cette question. Ni l’équipe, ni Seixas. Le programme est annoncé, pas justifié. Le risque de surcharge est réel. À 19 ans - le corps récupère vite. Mais il ne récupère pas tout.
