Paul Seixas, le prodige de 19 ans qui fait vibrer le Rhône avant le Tour de France 2026
À 19 ans, le Lyonnais sera le plus jeune coureur du peloton depuis 1937. Remis d'une chute, il vise le podium sur la Grande Boucle.
Paul Seixas, 19 ans, né à Lyon, s'élance samedi depuis Barcelone sur son premier Tour de France. Co-leader de Decathlon CMA CGM, le prodige arrive avec des ambitions solides après un printemps 2026 éclatant. Le Rhône retient son souffle.
L’essentiel
- Fait 1 : Paul Seixas, 19 ans, est le plus jeune coureur au départ du Tour de France depuis 1937 (source BikeRadar).
- Fait 2 : Il remporte au printemps 2026 la Flèche Wallonne, la Faun-Ardèche Classic et le Tour du Pays Basque (source Decathlon CMA CGM Team).
- Fait 3 : Malgré une chute et un abandon au Tour Auvergne-Rhône-Alpes en juin, il a été déclaré apte pour le départ (source Le Parisien Sport).
- Fait 4 : Le quintuple vainqueur Miguel Indurain estime que Seixas possède les capacités pour gagner le Tour un jour (source Canadian Cycling Magazine).
Un prodige précoce
Paul Seixas est un nom qui commence à résonner bien au-delà des routes du Rhône. Né le 24 septembre 2006 à Lyon, le jeune coureur a signé son premier contrat professionnel en 2024, à 18 ans, avec l’équipe Decathlon CMA CGM. Depuis, sa progression est fulgurante. À l’automne 2025, il décroche la médaille de bronze sur la course en ligne des championnats d’Europe. Mais c’est en 2026 qu’il franchit un nouveau cap : il s’aligne au départ du Tour de France comme co-leader de sa formation, aux côtés du sprinteur néerlandais Olav Kooij.
« Je n’ai pas peur », confiait-il à L’Équipe cette semaine, dans un tweet repris par des milliers de fans. Le Lyonnais devient ainsi le plus jeune participant de la Grande Boucle depuis 1937, un record de précocité qui attire les regards du monde entier sur ce garçon au gabarit encore juvénile mais aux jambes déjà redoutables.
Un printemps 2026 de feu
Avant d’aborder le Tour, Paul Seixas a livré une première partie de saison exceptionnelle. Il enlève la Flèche Wallonne, s’impose sur la Faun-Ardèche Classic et remporte le classement général du Tour du Pays Basque. Des victoires qui le propulsent parmi les favoris des classiques et des courses par étapes. Il termine également deuxième des Strade Bianche et de Liège-Bastogne-Liège, battu à chaque fois par le Slovène Tadej Pogačar, triple vainqueur du Tour. « Il est déjà au niveau des meilleurs mondiaux », analysait un observateur d’Eurosport.
Ces performances lui valent une reconnaissance immédiate : il est désigné co-leader de Decathlon CMA CGM sur le Tour de France, une responsabilité rare pour un coureur de 19 ans. Avec son équipe, il prépare le classement général, même si le chronomètre et la montagne restent des inconnues à ce niveau.
La chute et le retour
La préparation de Seixas a pourtant failli être compromise. Début juin 2026, lors du Tour Auvergne-Rhône-Alpes, il est victime d’une lourde chute et contraint à l’abandon. « Ça n’a pas été les jours les plus faciles », a-t-il confié au Parisien, qui a relayé son état d’esprit combatif sur X. Les examens médicaux ont finalement écarté toute blessure sérieuse, et le coureur a rapidement repris l’entraînement. « Il est en pleine forme et prêt », assure son encadrement.
Des attentes énormes
Les espoirs placés en Paul Seixas sont immenses. L’ancien quintuple vainqueur du Tour, Miguel Indurain, a déclaré dans une interview à Canadian Cycling Magazine que le Français possède « les capacités physiques pour remporter la Grande Boucle » à l’avenir. D’autres voix, plus prudentes, rappellent que le chemin vers un podium est semé d’embûches, surtout face à des champions comme Pogačar ou Jonas Vingegaard.
En coulisses, des rumeurs de transfert enfient déjà. Selon le journaliste Daniel Benson (Eurosport), l’équipe Pinarello Q36.5 serait prête à offrir à Seixas un salaire record de 13 millions d’euros par an pour 2028. Sous contrat avec Decathlon CMA CGM jusqu’au 31 décembre 2027, le prodige attire les convoitises bien qu’il reste focalisé sur le Tour.
Contexte dans le Rhône
Le département du Rhône, et particulièrement Lyon, n’a jamais caché sa fierté de voir l’un des siens briller sur la scène cycliste internationale. Formé à l’Athletic Club de Lyon (AC Lyon), Paul Seixas est un produit pur de la filière locale, où le vélo est une tradition portée par des clubs comme le VC Lyon Vaulx-en-Velin ou le CR4C Roanne. La région compte plusieurs grands noms du cyclisme (Julien Bernard, par exemple), mais aucun n’avait connu une telle précocité. La ville de Lyon, par la voix de son adjoint aux sports, a d’ailleurs salué « un exemple pour toute une génération ». Le départ du Tour depuis Barcelone n’empêche pas les supporteurs rhodaniens de préparer des animations aux abords des routes dès que la course passera dans le Sud-Est, notamment lors de l’étape vers le col de la Loze.
Quel avenir pour le prodige ?
Pour l’heure, Paul Seixas garde la tête froide. Il sait que son premier Tour est avant tout une découverte, mais ses résultats du printemps lui donnent des ambitions légitimes. « Je vais prendre la course jour après jour », a-t-il expliqué, tout en reconnaissant que le maillot blanc de meilleur jeune est un objectif. Au-delà de 2026, son nom circule déjà pour les prochains Tours, et le marché des transferts s’agite. Mais dans l’immédiat, c’est la route qui parle. Et le Rhône, lui, regarde.