Paula Badosa titrée après deux ans de galère : « Vous ne savez pas combien de nuits j’ai pleuré »
L'ancienne numéro 2 mondiale remporte son premier tournoi depuis 2024 après une traversée du désert marquée par les blessures chroniques et la dépression
Paula Badosa remporte le WTA 125 de Bastad samedi 11 juillet 2026 sans perdre un set. Derrière le trophée, deux ans de blessures à répétition, de crises de panique et de nuits blanches que personne ne voit.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Paula Badosa remporte le WTA 125 de Bastad le 11 juillet 2026 sans perdre un set
- Premier titre depuis deux ans, elle était retombée à la 141e place mondiale
- Elle souffre de blessures chroniques au dos, d'une déchirure du labrum et d'une fracture de stress vertébrale
- En mai 2026, elle a pris une pause indéfinie pour santé mentale, se disant « épuisée »
- Elle remonte à la 115e place mondiale, suffisant pour entrer directement à l'US Open
Le court en terre battue de Bastad, samedi 11 juillet. Paula Badosa vient de battre Simona Waltert 7-5, 7-5. Elle lève les bras. Pas d’explosion de joie. Juste un soulagement qui ressemble à de l’épuisement. Elle tweete quelques heures plus tard: « Ce titre signifie plus qu’un trophée… merci à tous pour le soutien que je reçois tout au long de ce parcours ». Le message ne célèbre pas la finale qu’elle vient de jouer. Il parle des près de deux années écoulées depuis son dernier sacre, Washington 2024. Le parcours dont elle parle, ce sont les près de deux ans qui séparent ces deux trophées.
Cinq matchs sans perdre un set
Badosa a dominé tout le tournoi de Bastad, du 6 au 11 juillet. Cinq victoires consécutives sans perdre un seul set. Marina Bassols Ribera au premier tour - Emiliana Arango ensuite - Varvara Lepchenko en quarts - Yulia Putintseva en demi-finale. En finale, Simona Waltert résiste deux sets mais ne renverse rien. Score final: 7-5, 7-5. Ce sacre porte son total à cinq titres WTA - le premier depuis Washington en 2024.
Avant ce tournoi, elle était classée 141e mondiale. Elle remonte de 26 places et se retrouve 115e. Un rang crucial: c’est celui qui conditionne l’accès direct au tableau principal de l’US Open, sans passer par les qualifications. Elle a gagné un tournoi. Elle a surtout gagné le droit de continuer.
« Vous ne savez pas combien de nuits j’ai pleuré »
Le 20 avril 2026 - elle s’assoit dans le podcast Tennis Insider Club de Caroline Garcia. Elle dit ce que personne ne dit d’habitude: « Vous ne savez pas ce que je traverse. Vous ne savez pas combien de nuits j’ai pleuré. Vous ne savez pas non plus que je souffre d’une blessure chronique qui ne disparaîtra pas. Mon corps souffre énormément. »
Les nuits dont elle parle, ce sont celles où le dos ne lâche pas, où la hanche réveille en pleine nuit, où les pensées tournent en boucle. En mai 2026, elle annonce une pause indéfinie. Elle écrit qu’elle est « épuisée » de combattre ses propres pensées. Les nuits pleurées ne sont pas une métaphore. Elles sont le prix direct des blessures chroniques et de l’épuisement mental qui en découle.
Elle enchaîne: « Le plus difficile, c’est de lire certaines choses sur les réseaux sociaux. Les gens parlent sans savoir ce qui se passe réellement. »
La déchirure du labrum - les problèmes chroniques au dos, la fracture de stress à une vertèbre en 2023. Elle a manqué Rome, Roland-Garros. Son bilan avant Bastad: 11 victoires, 15 défaites. Début 2026, elle avait déjà parlé de « combattre son propre esprit » et de se sentir « vide ».
La pression depuis le titre junior
Tout a commencé avec Roland-Garros junior. Badosa remporte ce titre en 2015. Les médias la comparent immédiatement à Maria Sharapova. On attend d’elle qu’elle devienne la prochaine star mondiale. Cette étiquette ne la quitte plus.
La comparaison avec Sharapova n’est pas un compliment anodin. Elle devient une injonction. Chaque tournoi doit confirmer le potentiel. Chaque défaite devient une déception collective. Les commentaires sur les réseaux sociaux rappellent sans cesse l’écart entre les attentes et les résultats actuels. Badosa écrit en mars 2026 qu’elle ne parvient pas toujours à « contrôler les voix à l’intérieur d’elle-même ». Ces voix ne sont pas sorties de nulle part. Elles ont été nourries par une pression médiatique qui a commencé avant même qu’elle ne devienne professionnelle.
Elle parle ouvertement de dépression, d’anxiété, de crises de panique. Elle évoque la « solitude » du tennis. Elle dit que « même le meilleur athlète du monde peut ressentir cela ». Elle défend l’idée que la santé mentale doit être une discussion normale dans le sport.
Elle travaille avec un psychologue chaque jour. Ce n’est pas un détail. C’est une bouée.
Ce que personne ne dit
Badosa a dominé Bastad avec un pourcentage de points gagnés sur première balle à 70,3%, ce qui la place dans le 97e percentile. Ces chiffres racontent une joueuse au sommet de son jeu technique. Mais ils ne disent rien de ce qui se passe entre les points, quand le corps lâche ou que la tête part.
Après Bastad, elle enchaîne à Iasi et remporte son premier match malgré une frayeur médicale en cours de partie. Le corps tient. Pour combien de temps, personne ne sait. Une blessure chronique ne disparaît pas. Elle revient. C’est juste une question de quand.
La suite immédiate
Iasi, Roumanie. Tournoi WTA 250. Badosa bat Anhelina Kalinina, qui affiche un bilan de 36 victoires et 14 défaites cette saison. Elle avance. Étape par étape. Match par match. Tant que le corps suit.
Elle ne parle plus de ce qui vient après. Elle ne promet rien. Elle gagne, elle tweete, elle remercie. Elle sait que ça peut s’arrêter à tout moment. Les blessures chroniques ne préviennent pas. Elles reviennent. Toujours.
Pour l’instant, elle est 115e mondiale. Elle a un trophée dans les mains et un corps qui tient encore debout. C’est déjà ça.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (9)
« Avant ce tournoi, Paula Badosa était classée 141e mondiale. »
essentiallysports.com ↗ ↩
« Sa victoire lui a permis de grimper de 26 places pour atteindre le 115e rang mondial, un classement pour ses espoirs d'entrer directement dans le tableau principal de l'US Open. »
claytenis.com ↗ ↩
« Elle a notamment souffert d'un problème chronique au dos et d'une déchirure du labrum, ce qui l'a tenue éloignée des courts et l'a contrainte à manquer des tournois majeurs comme l'Open de Rome et Roland Garros. »
wtatennis.com ↗ ↩
« Ce succès intervient après une saison 2026 difficile où elle a été contrainte à des arrêts à cause de blessures, notamment une fracture de stress à une vertèbre en 2023. »
welovetennis.fr ↗ ↩
« Début 2026, elle a même pris une pause pour se concentrer sur sa santé mentale, avouant qu'elle "combattrait son propre esprit" et se sentait "vide". »
tennisworldusa.org ↗ ↩
« Badosa est également une fervente défenseuse de la normalisation de la discussion sur la santé mentale dans le sport, soulignant que "même le meilleur athlète du monde peut ressentir cela" et que partager ses expériences peut aider d'autres personnes. »
essentiallysports.com ↗ ↩
« Elle travaille assidûment sur son jeu et sa condition physique, et s'appuie également quotidiennement sur le soutien de son psychologue pour faire face aux défis physiques et mentaux de sa carrière. »
tennisactu.net ↗ ↩
« Elle a ouvertement parlé de ses luttes contre la dépression, l'anxiété et les crises de panique, des problèmes qui ont débuté au début de sa carrière en raison de la pression et des attentes élevées, notamment après avoir été qualifiée de "prochaine Maria Sharapova" après sa victoire à Roland-Garros junior en 2015. »
essentiallysports.com ↗ ↩
« Elle a ouvertement parlé de ses luttes contre la dépression, l'anxiété et les crises de panique, des problèmes qui ont débuté au début de sa carrière en raison de la pression et des attentes élevées, notamment après avoir été qualifiée de "prochaine Maria Sharapova" après sa victoire à Roland-Garros junior en 2015. »
tennisworldfr.com ↗ ↩
Sources
- Paula Badosa, insubmersible : Vous ne savez pas ce que je traverse
- Paula Badosa says Bastad means more than a trophy after first WTA 125 triumph
- Paula Badosa completes emotional comeback with first title in two years
- Paula Badosa déclare que Bastad signifie plus qu'un trophée
- Paula Badosa returns to winning ways on clay
- L'humilité et peut-être la renaissance de Paula Badosa