Pedro Sánchez condamne les propos xénophobes de Rajoy sur l’équipe de France
L'actuel Premier ministre espagnol a dénoncé les déclarations de son prédécesseur conservateur qualifiant les Bleus de « sans Français » avant la demi-finale du Mondial
Quelques jours avant la demi-finale France-Espagne du 14 juillet, Mariano Rajoy a affirmé que l'équipe française était « sans aucun Français ». Pedro Sánchez a répliqué sur X, qualifiant ces propos de xénophobes et affirmant que l'Espagne appartient à ceux qui l'aiment, quelle que soit leur origine.
L’essentiel
- Fait 1 : Le 10 juillet 2026, Mariano Rajoy a publié une chronique dans El Debate qualifiant l’équipe de France de « sans aucun Français »
- Fait 2 : Pedro Sánchez a répondu le 12 juillet sur X, condamnant ces « déclarations xénophobes » qui « font honte » à l’Espagne
- Fait 3 : 23 des 26 joueurs sélectionnés dans l’équipe de France sont nés en France
- Fait 4 : La demi-finale France-Espagne est prévue le 14 juillet 2026
La chronique qui a mis le feu
Le 10 juillet 2026, l’ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a publié une chronique dans le quotidien conservateur El Debate où il affirmait que l’équipe de France était composée de joueurs « sans aucun Français ». Ces déclarations, survenues à quelques jours de la demi-finale de la Coupe du Monde opposant la France à l’Espagne, ont immédiatement provoqué un tollé de part et d’autre des Pyrénées.
Rajoy, qui a dirigé le gouvernement espagnol de 2011 à 2018 à la tête du Parti populaire, s’inscrivait dans une rhétorique nationaliste et identitaire qui a rapidement été démentie par les faits. En réalité, 23 des 26 joueurs sélectionnés pour la Coupe du Monde sont nés en France, selon les listes officielles. Seuls Michael Olise, Marcus Thuram et Brice Samba sont nés à l’étranger.
La réponse cinglante de Sánchez
Le 12 juillet, Pedro Sánchez, actuel Premier ministre espagnol, a publié une réponse ferme sur X. « Il y a ceux qui mesurent encore l’appartenance par le nom de famille, le lieu de naissance ou la couleur de peau », a-t-il écrit. « L’Espagne appartient à ceux qui l’aiment et y contribuent. Pas à ceux qui la couvrent de honte avec des déclarations xénophobes. France, on se voit en demi-finale. Que le meilleur gagne et que le racisme perde. »
José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, a appuyé cette position en qualifiant les commentaires de Rajoy de « blessants et dangereux ». « Cela n’est pas l’Espagne », a-t-il déclaré selon le quotidien Ultima Hora.
Indignation en France
Côté français, la réaction a été tout aussi vive. Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a jugé les propos « absolument inacceptables ». D’autres figures politiques ont durci le ton. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, et Olivier Faure, premier secrétaire du PS, ont dénoncé un « racisme crasseux », selon TV5MONDE et Le Parisien.
La controverse a rapidement dépassé le cadre sportif pour toucher aux questions d’identité nationale, d’intégration et de récupération politique du football. Plusieurs médias français et espagnols ont souligné le malaise créé par un ancien chef de gouvernement s’exprimant ainsi à la veille d’un match à forte charge symbolique.
Contexte en Espagne
L’Espagne connaît depuis plusieurs années des débats intenses sur l’immigration et l’identité nationale. Le Parti populaire de Rajoy, principale formation conservatrice du pays, a souvent durci son discours sur ces questions face à la montée de Vox, parti d’extrême droite. Mariano Rajoy, qui a quitté le pouvoir en 2018 après une motion de censure, conserve une influence dans les cercles conservateurs et intervient régulièrement dans les médias proches de la droite.
Pedro Sánchez, à la tête du PSOE et du gouvernement depuis 2018, a fait de la lutte contre les discours de haine et la défense de la diversité des axes majeurs de sa politique. Sa réponse à Rajoy s’inscrit dans cette ligne, mais aussi dans une stratégie de différenciation avant des échéances électorales futures.
Le Parti populaire n’a fait aucun commentaire officiel sur l’affaire. Cette absence de prise de distance avec les propos de son ancien leader interroge sur la ligne du parti face aux questions d’immigration et de racisme dans le sport.
Un débat européen
Cette polémique dépasse le cadre franco-espagnol. Plusieurs pays européens connaissent des tensions similaires autour de la composition de leurs équipes nationales. En Allemagne, aux Pays-Bas ou en Belgique, des formations d’extrême droite ont tenu des discours comparables, remettant en cause la « francité » ou la « germanité » de joueurs issus de l’immigration.
Le football, sport populaire et vecteur d’identité collective, cristallise ces débats. La Coupe du Monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, voit s’affronter des équipes nationales reflétant la diversité de leurs sociétés. L’incident Rajoy-Sánchez illustre la récupération politique du sport et les fractures idéologiques qui traversent l’Europe sur la question de la citoyenneté.
Le match France-Espagne du 14 juillet se jouera dans un climat sportif intense, mais aussi sous le regard d’observateurs attentifs aux signaux politiques. La réponse de Sánchez a permis de cadrer le débat en Espagne, mais la controverse a révélé la persistance de discours xénophobes dans une partie de la classe politique conservatrice européenne.
Sources
- Le Parisien : Équipe de France « sans Français » : les propos xénophobes de l'ex-Premier ministre espagnol Rajoy
- Ultima Hora : Sánchez a Rajoy: Es vergonzoso hacer declaraciones xenófobas
- TV5MONDE : Équipe de France « sans Français » : polémique sur les propos xénophobes de Rajoy
- LaSexta : Sánchez critica a Rajoy por sus declaraciones xenófobas que avergüenzan a España