Pénurie d’aides à domicile en Haute-Saône : le vieillissement accentue la crise

Le département fait face à un manque chronique de personnel qualifié, aggravé par une démographie qui vieillit plus vite qu'ailleurs.

Pénurie d'aides à domicile en Haute-Saône : le vieillissement accentue la crise
Illustration Laurent Clerc / info.fr

En Haute-Saône, trouver des aides à domicile relève du défi permanent. La demande augmente avec le vieillissement de la population, mais les candidats ne suivent pas. Un problème structurel qui s'installe dans la durée.

Le constat est posé depuis plusieurs années, mais la tendance ne s’inverse pas. En Haute-Saône, le secteur de l’aide à domicile manque de bras. Selon L’Est Républicain, les effectifs qualifiés font défaut, avec des répercussions directes sur la qualité de prise en charge des personnes âgées et dépendantes.

En 2025, 57 % des projets de recrutement dans ce secteur étaient jugés difficiles par les employeurs du département - en hausse d’un point par rapport à l’année précédente, selon L’Est Républicain. À l’échelle nationale, le rapport IGAS de 2024 monte ce chiffre à 83,7 %. La Haute-Saône n’est pas une exception, mais elle cumule des facteurs aggravants. Le déficit de candidats dans le médico-social touche d’ailleurs bien d’autres territoires ruraux.

Un vieillissement parmi les plus prononcés de la région

L’INSEE le documente : la part des 65 ans et plus en Haute-Saône devrait passer de 23 % en 2018 à 34 % en 2040, le niveau le plus élevé de Bourgogne-Franche-Comté. Dans le même temps, la population totale recule - 233 185 habitants en 2023, soit 3 474 de moins qu’en 2017, selon L’Est Républicain. Moins d’actifs, plus de personnes âgées à accompagner.

Le département ne compte que 4,9 postes d’aide à domicile pour 1 000 habitants, soit 15,6 pour 1 000 seniors de plus de 60 ans, selon les données régionales 2024 de l’ESS-BFC. Une couverture qui paraît insuffisante face à la demande à venir.

Des conditions de travail qui découragent les candidats

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Les difficultés de recrutement ne s’expliquent pas seulement par la démographie. Les conditions de travail jouent un rôle central. Horaires fractionnés, déplacements en zone rurale, charge physique et émotionnelle : le métier rebute. En Bourgogne-Franche-Comté, 18 % des aides à domicile vivent sous le seuil de pauvreté en 2025, selon un reportage d’Ici.fr. Ce chiffre illustre une précarité qui freine les vocations. La question de l’attractivité territoriale pour ces métiers se pose partout en France rurale.

Pour tenter d’y répondre, un premier forum de l’emploi dédié aux métiers à domicile s’est tenu à Vesoul le 7 avril 2026. L’initiative visait à mettre en relation employeurs et candidats. Ses effets sur le recrutement restent à mesurer. Face à un problème structurel installé depuis au moins 2023, les actions ponctuelles de recrutement ne suffisent généralement pas à combler les manques durablement.

Sources

Laurent Clerc

Laurent Clerc

Correspondant à Vesoul, suit la désindustrialisation, les tensions sur l'emploi, l'agriculture et les fermetures de maternités. Diplômé de l'IFP Paris 2, il a travaillé en PQR franc-comtoise. Posture éditoriale : rencontrer les ouvriers, les agriculteurs, les élus, vérifier les bilans sociaux avant de conclure.

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