Perpignan : les artisans du bâtiment étouffent sous la nouvelle inflation énergétique
La guerre au Moyen-Orient fait flamber carburants et matériaux, poussant la CAPEB 66 à ouvrir une cellule de soutien psychologique.
À Perpignan, les petites entreprises du bâtiment encaissent une nouvelle vague de hausse des prix depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient fin février. Factures explosées, chantiers déficitaires : la CAPEB 66 tire la sonnette d'alarme. Une cellule de crise santé mentale a été créée au niveau national.
Carburant, électricité, matériaux : depuis le 28 février 2026 et l’embrasement du Moyen-Orient, les coûts s’emballent à nouveau pour les artisans du bâtiment des Pyrénées-Orientales. Les prix de l’énergie ont bondi de 7,3 % en mars, portant l’inflation française à 1,7 % sur un an, selon Public Sénat. À Perpignan, certains chantiers sont réalisés à perte.
Selon une consultation menée par la CAPEB auprès de 2 600 artisans, 92 % déclarent être impactés par la hausse des carburants. Plus de 60 % ont reçu des annonces de hausses tarifaires de fournisseurs applicables dès le 1er avril 2026, pouvant atteindre +20 %.
« On ne peut pas tout surmonter »
Jean-Philippe Jacquemet, président de la CAPEB 66, ne mâche pas ses mots. « Quand on voit que les entreprises sont vraiment en difficulté, que le moral n’y est plus, qu’on nous rajoute une couche… Dans l’artisanat, on dit toujours qu’on s’adapte mais à moment donné, tout a une limite. On ne peut pas tout surmonter », a-t-il déclaré à France 3 Régions.
Face à la détresse croissante, la CAPEB nationale a ouvert une cellule de crise dédiée à la santé mentale des chefs d’entreprise. Une première dans le secteur.
Une crise qui s’ajoute à des années difficiles
Le secteur traîne déjà un lourd passif. En 2025, l’activité des entreprises artisanales du bâtiment a reculé de 3,8 %, un recul similaire à 2024, selon le site Le Bâtiment Performant. La rénovation énergétique est en négatif depuis plus d’un an, plombée par l’instabilité des dispositifs d’aide. Après la crise ukrainienne, les prix des matériaux avaient déjà grimpé de plus de 30 % sans jamais retrouver leurs niveaux d’avant, rappelle la CAPEB.
La CAPEB nationale réclame désormais la réouverture de MaPrimeRénov’ et une simplification du dispositif RGE. Son président Jean-Christophe Repon a posé un ultimatum de quinze jours au gouvernement : « Les entreprises artisanales du bâtiment sont dans l’attente de mesures ambitieuses et opérationnelles à même de relancer le marché de la rénovation », selon Batiactu.
Le département mobilise 16,4 M€
Dans ce contexte, le Conseil départemental des Pyrénées-Orientales a inscrit 16,4 M€ dans son budget 2026 pour la politique insertion-logement, dont 7,8 M€ fléchés vers la construction et rénovation du logement social, ainsi qu’un dispositif contre la précarité énergétique, selon le site du Département 66. Une enveloppe présentée comme un amortisseur face à la crise, mais qui ne répond pas directement aux besoins de trésorerie des TPE du bâtiment.
La CAPEB anticipe une légère reprise de +0,5 % à +1,5 % pour 2026 - à condition que des mesures concrètes soient prises rapidement.
Sources
- France 3 Régions : "On ne peut pas tout surmonter" : nouvelle crise dans un secteur déjà très éprouvé
- CAPEB : Hausse des prix de l'énergie et des matériaux - La CAPEB alerte sur une nouvelle vague de tensions économiques
- Public Sénat : Guerre au Moyen-Orient : un premier impact déjà sensible sur l'inflation en France
- Département des Pyrénées-Orientales : Budget 2026 : le Département fait le choix de la protection et de l'investissement