Pesticides : 200 militants mobilisés à Lourdes pour une agriculture sans chimie
Une campagne de terrain dans les Pyrénées-Atlantiques pousse à accélérer la transition bio, avec des aides régionales à la clé.
Deux cents militants se sont rassemblés à Lourdes le 16 avril pour des actions concrètes contre les pesticides agricoles. Ils réclament un soutien financier renforcé pour les fermes en conversion biologique. Les dispositifs existent, mais leur mobilisation reste limitée.
Deux cents personnes ont répondu présent à Lourdes mercredi 16 avril pour une journée d’actions de terrain contre l’usage des pesticides en agriculture. Organisée dans les Pyrénées-Atlantiques, la mobilisation s’inscrit dans un contexte régional où la présence de produits phytosanitaires dans l’air est documentée depuis plusieurs années.
En 2023, six sites de mesure en Nouvelle-Aquitaine ont détecté des pesticides dans l’atmosphère, selon un rapport d’Atmo Nouvelle-Aquitaine publié en juillet 2024. Ces relevés, qui concernent potentiellement des zones proches du territoire lourdais, ont renforcé les arguments des défenseurs d’une agriculture plus économe en produits chimiques.
Des aides régionales accessibles, mais méconnues
Les militants plaident pour une transition vers le bio soutenue par les dispositifs publics existants. Pour la campagne 2026, les exploitants en conversion biologique peuvent prétendre en Nouvelle-Aquitaine à des aides CAB (conversion à l’agriculture biologique) versées pendant cinq ans, avec un plafond de 18 000 € par an par exploitation, ou 22 000 € pour les nouveaux installés, selon la Chambre régionale d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine. Pour les prairies d’élevage, le taux atteint 130 €/ha au niveau 2, sous condition d’un chargement minimum de 0,2 UGB bio par hectare.
La PAC 2026 prévoit également un éco-régime à 93,39 €/ha pour les surfaces certifiées bio, contre 46,34 €/ha au niveau de base, d’après La France Agricole. Le crédit d’impôt agriculture biologique, lui, a été prorogé jusqu’en 2027 après des débats à l’Assemblée nationale, selon un rapport du Sénat.
Un mouvement qui s’appuie sur des données scientifiques
Les études du Groupe Français des Pesticides (GFP) publiées en 2024 sur les territoires d’Occitanie et des Pyrénées-Orientales pointent l’intensification agricole comme facteur de perte d’habitats, et préconisent des pratiques locales viables pour réduire les intrants. Ces travaux alimentent directement les arguments portés lors de la mobilisation lourdaise.
Le Conseil national de la transition écologique, dans son avis sur la stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3), appelle à un accompagnement financier et à une formation ambitieuse pour accélérer les conversions vers le bio et l’agroforesterie à l’horizon 2030, selon le ministère de l’Écologie.
Prochaine étape : juin 2026
Les filières agricoles de qualité souhaitant bénéficier des aides régionales de communication en Nouvelle-Aquitaine - jusqu’à 50 000 € par dossier - doivent déposer leurs demandes avant le 1er juin 2026, selon la Région Nouvelle-Aquitaine. Une échéance que les associations présentes à Lourdes entendent utiliser pour pousser les exploitants locaux à s’engager dans la transition.
Sources
- Chambre régionale d'agriculture Nouvelle-Aquitaine : Guide des aides 2026 – Agriculture biologique
- La France Agricole : Quels sont les montants des aides pour la campagne 2026
- Atmo Nouvelle-Aquitaine : Rapport pesticides dans l'air 2023 – Nouvelle-Aquitaine
- Sénat : Crédit d'impôt agriculture biologique – rapport Sénat