Pesticides près des maisons : une médiation lancée à Neuville-de-Poitou

Le Département de la Vienne tente de concilier agriculteurs et riverains dans un dossier qui cristallise les tensions locales.

Pesticides près des maisons : une médiation lancée à Neuville-de-Poitou
Illustration Cédric Robin / info.fr

À Neuville-de-Poitou, l'usage des pesticides à proximité des habitations oppose agriculteurs et riverains depuis plusieurs mois. Une médiation départementale a été officiellement lancée le 12 avril 2026. Le dossier s'inscrit dans un climat social tendu dans toute la Vienne.

D’un côté, des habitants inquiets des épandages à quelques mètres de leur jardin. De l’autre, des exploitants qui défendent leur droit à travailler. À Neuville-de-Poitou, le conflit autour des pesticides près des zones habitées a franchi un cap : une médiation départementale a été mise en place le 12 avril 2026, sous l’égide du Département de la Vienne.

Les tensions ne sont pas nouvelles. En février 2026, plus de 60 tracteurs avaient convergé devant la préfecture de Poitiers pour protester contre les normes environnementales, dont les restrictions sur les produits phytosanitaires, selon La Nouvelle République. Le mois suivant, des militants antibassines manifestaient à nouveau dans la capitale de la Vienne contre ce qu’ils appellent « la violence de l’agro-industrie ».

Une défiance qui s’installe dans les zones périurbaines

Une étude publiée le 10 avril 2026 par Réussir éclaire la mécanique du conflit : les agriculteurs tendent à « invisibiliser » leurs traitements phytosanitaires, par crainte de heurts avec les nouveaux arrivants en zone rurale. Des « tensions à bas bruit », particulièrement ressenties dans les communes périurbaines comme Neuville-de-Poitou, à une vingtaine de kilomètres de Poitiers.

Ce phénomène nourrit la méfiance réciproque. D’un côté, des riverains venus chercher « le bon air de la campagne » qui s’alarment des passages de pulvérisateurs. De l’autre, des exploitants qui estiment que leurs pratiques sont mal comprises, voire stigmatisées.

Un contexte régional sous pression

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Le département n’en est pas à son premier épisode. En janvier 2026, les locaux de Vienne Nature à Poitiers avaient été vandalisés pour la deuxième fois en un mois, selon France Bleu. En 2019, le maire de Poitiers Alain Claeys avait signé puis retiré, sous pression, un arrêté interdisant les pesticides à moins de 150 mètres des habitations. En 2020, une mobilisation dans le sud-Vienne avait dénoncé la pollution de captages d’eau par un pesticide utilisé pour le maïs.

À l’échelle nationale, la facture d’eau a augmenté de 16 % entre 2023 et 2025 sans amélioration de qualité, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine, en partie à cause des pollutions aux pesticides et nitrates. Depuis 1980, 14 300 captages ont été fermés en France.

La médiation engagée à Neuville-de-Poitou doit produire une feuille de route pour la mise en place de zones de protection, sur le modèle de ce qui a été expérimenté à Clavette (Charente-Maritime). Une échéance est évoquée pour début 2027, mais aucune date précise n’a été communiquée à ce stade pour la commune de Neuville.

Sources

Cédric Robin

Cédric Robin

Installé à Poitiers, couvre l'université, les tensions sur le Futuroscope, l'agriculture et les débats sur la ligne TGV. Diplômé de l'IJBA Bordeaux, il a grandi dans la Vienne. Posture éditoriale : interroger les étudiants, les responsables du parc, les agriculteurs, vérifier les budgets du Futuroscope avant de publier.

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