Pistes cyclables dans les Hauts-de-Seine : les associations vélo pressent les nouveaux maires
Le Collectif Vélo Île-de-France mobilise ses 45 associations pour rencontrer les élus issus des municipales de mars 2026 et obtenir des engagements concrets sur les infrastructures.
Depuis les élections municipales des 15 et 22 mars 2026, les associations cyclistes d'Île-de-France intensifient leurs démarches auprès des nouveaux maires. Dans les Hauts-de-Seine, où la droite conserve l'essentiel des mairies, l'enjeu est direct le département a engagé 150 millions d'euros pour 120 km de pistes d'ici 2028.
Depuis les élections municipales des 15 et 22 mars 2026, les associations cyclistes d’Île-de-France intensifient leurs démarches auprès des nouveaux maires. Dans les Hauts-de-Seine, où la droite conserve l’essentiel des mairies, l’enjeu est direct : le département a engagé 150 millions d’euros pour 120 km de pistes d’ici 2028.
L’essentiel
- 45 associations : le Collectif Vélo Île-de-France, qui les fédère, organise des rendez-vous avec les maires élus en mars 2026 pour obtenir des engagements sur les pistes cyclables.
- 80 communes : avant le scrutin, le collectif avait recensé les propositions des candidats dans près de 80 communes franciliennes via une plateforme dédiée.
- 150 millions d’euros : le Département des Hauts-de-Seine finance un Plan Vélo 2022-2028 pour 120 km d’itinéraires cyclables sur son territoire.
- 300 millions d’euros : la Région Île-de-France finance le Réseau Vélo Île-de-France (VIF), soit 11 lignes sécurisées prévues d’ici 2030, selon le Collectif Vélo Île-de-France.
- +40 % : la pratique du vélo a progressé à ce niveau en France depuis 2019.
Une mobilisation lancée dès le lendemain du scrutin
Le Collectif Vélo Île-de-France ne s’est pas accordé de pause post-électorale. Dès la proclamation des résultats du second tour, le 22 mars 2026, ses membres ont commencé à solliciter des audiences auprès des maires nouvellement élus ou reconduits. Louis Belenfant, directeur du collectif, qualifie cette phase de « très gros enjeu », selon Le Parisien du 11 mai 2026.
La démarche n’est pas improvisée. Avant le vote, le collectif avait déjà pris contact avec les candidats dans près de 80 communes pour répertorier leurs engagements programmatiques sur le vélo. Une plateforme dédiée, municipales2026.velo-iledefrance.fr, centralisait ces données. L’objectif : transformer les promesses de campagne en feuilles de route municipales concrètes.
Dans les Hauts-de-Seine, une carte politique peu bouleversée
Le scrutin de mars 2026 n’a que modérément redistribué les cartes dans le 92. La droite reste majoritaire dans le département. Elle a notamment remporté Colombes, selon Le Parisien. Deux exceptions notables : Fontenay-aux-Roses et Chaville ont basculé à gauche. Ce paysage politique stable signifie que les associations vont majoritairement frapper aux portes de maires issus du même bord qu’en 2020.
Pour les militants vélo, la couleur politique importe moins que la volonté d’agir. Louis Belenfant rappelait en février 2026, avant le scrutin, que « le vélo n’est pas un sujet de droite ou de gauche », selon Le Parisien. Une dynamique similaire s’observe en Seine-Saint-Denis, où les associations exercent la même pression sur les nouveaux élus.
Contexte dans les Hauts-de-Seine
Le Département des Hauts-de-Seine n’est pas un désert cyclable. En 2022, sous la présidence de Georges Siffredi, il a lancé un Plan Vélo couvrant la période 2022-2028. Le programme prévoit 120 km d’itinéraires cyclables pour un budget de 150 millions d’euros, selon le site officiel du département.
À l’échelle régionale, la Région Île-de-France s’est engagée à investir 300 millions d’euros dans le Réseau Vélo Île-de-France (VIF) d’ici 2030, pour 11 lignes sécurisées traversant plusieurs départements, selon le Collectif Vélo Île-de-France. Les Hauts-de-Seine, traversés par plusieurs de ces axes potentiels, sont directement concernés.
Sur fond de pratique en hausse - le vélo a progressé de 40 % en France depuis 2019 - , les associations soulignent que le réseau existant souffre encore de discontinuités et de problèmes d’entretien. Les critiques sur la qualité des aménagements actuels alimentent régulièrement le débat local. Dans les départements voisins de la petite couronne, les enjeux de sécurité routière partagée entre deux-roues motorisés et cyclistes restent entiers.
Un précédent en 2020, une méthode rodée
Cette mobilisation n’est pas inédite. En 2020, le Collectif Vélo Île-de-France avait déjà fait du vélo un enjeu central des municipales franciliennes, selon ses propres archives et l’Institut Paris Région. La méthode - recensement des engagements, rencontres post-électorales - est la même, six ans plus tard.
La différence tient à l’ampleur : en 2026, les 45 associations couvrent Paris et les trois couronnes, avec une coordination plus structurée qu’en 2020. Le collectif dispose d’une plateforme numérique et d’un argumentaire renforcé par les données de pratique accumulées depuis.
Prochaines étapes
Les premières rencontres avec les maires des Hauts-de-Seine sont en cours d’organisation, selon Le Parisien. Aucune date précise de bilan n’a été communiquée par le Collectif Vélo Île-de-France à ce stade. Les associations comptent compiler les engagements obtenus commune par commune, sur le modèle du travail réalisé avant le scrutin.
Sources
- Le Parisien : Pistes cyclables en Île-de-France : le coup de pression des associations cyclistes sur les nouveaux maires
- Collectif Vélo Île-de-France
- Département des Hauts-de-Seine : Plan Vélo des Hauts-de-Seine
- Le Parisien : Municipales 2026 dans les Hauts-de-Seine : la droite remporte Colombes mais Fontenay et Chaville basculent à gauche