Traite d’êtres humains : Uber Eats et Deliveroo dans le box
Quatre associations déposent une plainte pénale inédite visant le modèle économique des plateformes de livraison de repas
Quatre associations accusent Uber Eats et Deliveroo de « traite d'êtres humains ». En ligne de mire : 70 000 à 100 000 livreurs, majoritairement sans papiers, payés trois euros pour vingt kilomètres.
- Quatre associations déposent plainte pour traite d'êtres humains contre Deliveroo et Uber Eats au parquet de Paris.
- 98 % des livreurs sont nés à l'étranger, 64 % n'ont pas de titre de séjour selon Médecins du Monde.
- Les livreurs travaillent 63 heures par semaine pour 1 480 € bruts mensuels en moyenne.
- Uber Eats et Deliveroo contestent et rejettent toute assimilation à une situation d'exploitation.
- Une action de groupe au civil sera portée sous 30 jours si Uber Eats ne répond pas à la mise en demeure.
Il est 23 heures porte de Clignancourt. Koffi [1] pose son vélo contre un lampadaire et regarde son téléphone. « Hier, j’ai travaillé à partir de 11 heures, je suis rentré à 23 heures avec 23 euros [2]. » Douze heures. Vingt-trois euros. Il hausse les épaules. « Si j’avais des papiers, c’est sûr que je n’irais pas pédaler pour 10 euros [3]. »
À quelques kilomètres de là, dans un bureau parisien, une plainte de plusieurs centaines de pages atterrit ce mercredi [4] sur le bureau de la procureure de la République de Paris. L’intitulé tient en trois mots: traite d’êtres humains. Les destinataires: Deliveroo [5] et Uber Eats [6]. C’est la première fois en France que les plateformes de livraison sont visées par une telle qualification pénale [7].
Une plainte inédite, portée par quatre associations
La procédure est portée par la Maison des livreurs à Bordeaux [8], la Maison des coursiers à Paris [9], et les associations AMAL [10] et Ciel [11]. « Il s’agit pour nous du préalable à une procédure collective [12] », précise Me Thibault Laforcade [7], l’avocat des plaignants. Sa formule est sèche: « Le modèle de ces plateformes est souvent qualifié d’esclavage moderne. Nous pensons que cette critique peut être traduite dans le droit pénal [13]. »
Comment le droit pénal peut-il s’appliquer?
C’est toute la question que pose la plainte. L’article 225-4-1 du Code pénal, issu d’une loi du 5 août 2013 transposant une directive européenne, définit la traite comme « le fait de recruter une personne, de la transporter, de la transférer, de l’héberger ou de l’accueillir à des fins d’exploitation [14] ». L’exploitation, elle, consiste à « mettre la victime à sa disposition ou à la disposition d’un tiers [15] ». Peine encourue: sept ans d’emprisonnement [16] et 150 000 € d’amende [17].
Les plaignants articulent ainsi la qualification. Le recrutement, c’est la publicité des plateformes et l’inscription en quelques clics sur l’application. Le transfert, c’est l’attribution automatique des courses par l’algorithme. La mise à disposition d’un tiers, c’est la sous-location massive des comptes à des sans-papiers qui deviennent dépendants d’un propriétaire de compte, lequel prélève jusqu’à 50 % des gains [18]. L’exploitation, enfin, se lit dans les revenus documentés sous le smic horaire et dans la menace permanente de déconnexion, selon les associations plaignantes. « Les témoignages recueillis nous permettent d’affirmer que les plateformes font des bénéfices très importants en exploitant la vulnérabilité de ces travailleurs [19] », résume Jonathan L’Utile Chevallier [20], coordinateur de projet à la Maison des livreurs à Bordeaux.
Selon plusieurs sources, la qualification de traite a déjà été retenue en France dans des affaires de travailleurs détachés sur des chantiers agricoles ou dans le BTP, lorsque l’hébergement et la dépendance financière étaient contrôlés par un donneur d’ordre. La nouveauté ici: l’intermédiaire n’est plus un homme, c’est un algorithme.
Les chiffres qui accusent
Les plaignants s’appuient sur une enquête de Médecins du Monde menée en 2025 [21] auprès d’un millier [22] de livreurs à Paris et Bordeaux, avec l’Institut de recherche pour le développement [23] et l’Ined [24]. Les résultats sont bruts.
Quatre-vingt-dix-huit pour cent [25] des livreurs sont nés à l’étranger. Ils travaillent en moyenne 63 heures par semaine [26] pour 1 480 euros bruts mensuels [27]. Soit 5,83 € brut par course [28]. Une enquête complémentaire de Médecins du Monde publiée fin mars [29] avance un chiffre plus lourd: 68 % [30] des livreurs n’auraient pas de titre de séjour et 76 % [31] seraient contraints de louer leur compte à une personne tierce.
Les deux études divergent sur le pourcentage de livreurs sans titre de séjour: 64 % [32] dans la première vague d’enquête diffusée en avril, 68 % [30] dans le rapport de fin mars. L’écart tient à la taille de l’échantillon (un millier contre plus de 1 000 [33]) et au périmètre, Paris et Bordeaux [34] restant le terrain commun. Les ordres de grandeur, eux, ne bougent pas: neuf livreurs sur dix sont étrangers, deux sur trois sont sans papiers.
La contradiction Uber Eats
Interrogée, la plateforme américaine assure que ses livreurs perçoivent « 21,50 € par heure d’activité en moyenne [35] ». Un chiffre quatre fois supérieur à la réalité de terrain décrite par les associations. Jonathan L’Utile Chevallier [20] évoque au contraire des livreurs « parcourant 15 ou 20 km à vélo pour trois euros net [36] ». Entre les deux, le mode de calcul. Selon plusieurs sources, l’« heure d’activité » ne compte que le temps de livraison facturé. L’attente devant le restaurant, le repositionnement vers une zone dense, les annulations ne sont pas rémunérés.
La contradiction Deliveroo: 11,75 € l’heure, vraiment?
Deliveroo répond de son côté appliquer un accord d’avril 2023 [37] « garantissant aux livreurs un revenu horaire minimum de 11,75 euros [38] ». Et conteste « vigoureusement les intentions qui lui sont prêtées », rejetant « toute assimilation de son modèle à une situation d’exploitation ou de traite des êtres humains [39] ».
Le chiffre paraît rassurant. Il ne l’est pas. Comme chez Uber Eats, le « revenu horaire minimum » de l’accord sectoriel [40] ne couvre que les heures de livraison active, définies comme la période comprise entre l’acceptation d’une commande et sa remise au client. Les plages d’attente, parfois supérieures à la moitié du temps connecté, n’entrent pas dans le calcul. Ramené au journalier, le témoignage de Koffi [1] aboutit à 23 euros pour douze heures [2] passées sur le vélo, soit moins de 2 euros de l’heure réelle. Celui de Kamara [41] à 68 euros pour trois jours et demi [42]. Deux ordres de grandeur éloignés des 11,75 € affichés par Deliveroo. La contradiction tient donc moins au mensonge qu’au périmètre: la plateforme compte en heures facturées, les livreurs vivent en heures pleines.
Uber Eats, pour sa part, assure que la plainte « ne repose sur aucun fondement [43] » et qu’« aucun aspect de la relation entre la plateforme Uber Eats et les coursiers choisissant de l’utiliser ne peut s’apparenter à une traite des êtres humains [44] ».
Le marché caché des comptes loués
Dans le Xe arrondissement de Paris [45], deux Bangladais [46] attendent devant un restaurant asiatique. L’un livre pour Uber Eats [47], l’autre pour Deliveroo [48]. Ni l’un ni l’autre n’a de papiers. Ni l’un ni l’autre n’a de compte à son nom [49]. Ils louent celui d’un compatriote. À l’autre bout de la ville, Nabi [50], demandeur d’asile afghan, explique livrer « pour Deliveroo, louant le compte d’un compatriote, contre 50% de ses revenus [51] ». Il gagne 400 euros par mois [52]. Son loyer est de 250 euros [53].
C’est tout le cœur du dispositif que les associations dénoncent: un système de sous-location qui permet aux plateformes d’afficher des livreurs « en règle » tout en irriguant un marché noir où le tiers prélève parfois 50 % des gains [18]. L’opacité des systèmes de vérification d’identité facilite l’opération. Walid [54], livreur sans papiers depuis quatre ans, décrit la combine: « Uber Eats demande la vérification. Mais il y a des solutions. Moi j’utilise le compte de mon frère, il est presque toujours avec moi. Dès qu’on me demande la photo, je passe chez lui [55]. »
Aucun des propriétaires de comptes sollicités n’a accepté de témoigner pour cet article. Leur rôle dans le dispositif est donc documenté uniquement par les sous-locataires, les associations d’aide aux livreurs et l’enquête de Médecins du Monde. Le silence des intermédiaires, qui tirent pourtant jusqu’à 50 % des gains, est aussi l’un des angles morts que la plainte entend judiciariser.
Un précédent italien, une directive européenne
La France n’est pas seule. Selon plusieurs sources, en Italie, le parquet de Milan a ouvert une enquête contre Foodinho, filiale de Glovo, pour exploitation de travailleurs. Le dossier italien est cité comme référence par les plaignants français, même si son périmètre exact diffère.
En octobre 2024, l’Union européenne a adopté une directive visant à requalifier comme salariés environ 5 des 30 millions de livreurs [56] concernés sur le continent. Les États membres ont deux ans [57] pour la transposer. La France a jusqu’au 2 décembre 2026 [58].
Les accidents, les agressions, le silence
Six livreurs sur dix [59] disent avoir déjà subi des agressions verbales. Un quart [60] des agressions physiques. Plus de la moitié [61] affirment avoir eu un accident. Parmi eux, 78 % [62] ont été blessés. L’Anses [63] a affirmé en mars 2025 [64] que le management par algorithmes fait peser des risques sur la santé des livreurs. Plusieurs livreurs ont été tués dans l’exercice de leur métier ces dernières années. Le silence administratif sur ces morts ressemble à celui qui entoure d’autres formes d’exploitation cachée.
« Une majorité écrasante de travailleurs déclarent suivre strictement les instructions par peur d’être déconnectés [65] » et avoir l’impression d’être « surveillés en permanence [66] », relève Médecins du Monde. La déconnexion, c’est la perte du compte. Pour les sans-papiers exclus du salariat, c’est la perte de tout revenu, et le basculement dans une précarité encore plus profonde.
L’angle mort: la loi immigration
Ce que personne ne dit dans ce dossier: les livreurs sans papiers ont été exclus de la régularisation par le travail prévue par la loi immigration. Selon plusieurs sources, l’article L. 435-4 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda), qui ouvre la régularisation exceptionnelle dans les « métiers en tension », exige un contrat de travail salarié et trois années de présence sur le territoire. Or le statut d’auto-entrepreneur, imposé par les plateformes, empêche par construction la production du moindre bulletin de salaire. Résultat: les livreurs, pourtant souvent installés depuis plus de trois ans et exerçant un métier en pénurie, sont mécaniquement écartés du dispositif.
Fabien Tosolini [67], représentant du syndicat UNION-Indépendants, le formule ainsi: « On a aujourd’hui des livreurs sans papiers qui sont surexploités à la fois par des gens qui exploitent la misère, mais aussi par des plateformes qui utilisent ces gens pour exploiter la misère [68]. » Sur les 70 000 à 100 000 livreurs actifs en France [69], l’enquête de Médecins du Monde laisse penser qu’entre 45 000 et 68 000 sont sans titre de séjour. Aucun ne peut, en l’état du droit, demander sa régularisation par le travail exercé.
Le paradoxe est cruel. L’État refuse de régulariser ces travailleurs au motif qu’ils sont indépendants. Les plateformes les maintiennent indépendants pour ne pas les salarier. Au milieu, une part massive de livreurs sans titre, pédalant 63 heures [26] par semaine pour des revenus que Médecins du Monde chiffre sous le smic horaire. Les deux études convergent sur l’ordre de grandeur: la première vague chiffre à 64 % [32] les livreurs sans titre de séjour, le rapport complémentaire publié fin mars à 68 % [30]. L’écart, modeste, tient au périmètre et à la méthodologie (échantillon d’un millier [22] contre plus de 1 000 [33] livreurs, Paris et Bordeaux [34]). Sur la proportion de livreurs nés à l’étranger, en revanche, les deux enquêtes convergent à 98 % [25].
La suite: trente jours
En parallèle de la plainte pénale, les associations ont adressé avec Médecins du Monde une mise en demeure à Uber Eats [70] pour faire cesser des « discriminations ». Délai imparti: trente jours [71]. À défaut de réponse satisfaisante, une action de groupe au civil sera portée devant le tribunal judiciaire de Paris [72].
À Bordeaux, sur les 2 868 [73] entreprises individuelles de livraison déclarées, 927 [74] sont domiciliées dans des structures pour précaires. Trente-deux pour cent [75] des livreurs n’ont pas de logement stable. « Beaucoup vivent dans les squats [76] », confirme Kamara [41], un autre livreur. Il a gagné 68 euros en trois jours et demi [42].
Retour porte de Clignancourt. Koffi remonte sur son vélo. L’application vient de biper. Une commande. Dix kilomètres. Six euros [77]. Il hésite. Il accepte. La nuit est longue.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (77)
-
Koffi - Livreur migrant ivoirien témoignant sur ses conditions de travail
« Koffi, migrant ivoirien, raconte »
sudouest.fr ↗ ↩ -
23 euros - Revenu de Koffi pour une journée de travail de 11h à 23h
« Hier, j'ai travaillé à partir de 11 heures, je suis rentré à 23 heures avec 23 euros. »
sudouest.fr ↗ ↩ -
Si j'avais des papiers, c'est sûr que je n'irais pas pédaler pour 10 euros. - Déclaration de Koffi sur son absence de titre de séjour
« Si j'avais des papiers, c'est sûr que je n'irais pas pédaler pour 10 euros. »
sudouest.fr ↗ ↩ -
mercredi - Date de dépôt de la plainte auprès de la procureure de la République de Paris
« La plainte contre le britannique Deliveroo et le géant américain Uber, déposée mercredi auprès de la procureure de la République de Paris »
lalibre.be ↗ ↩ -
Deliveroo - Plateforme britannique visée par la plainte pour traite d'êtres humains
« La plainte contre le britannique Deliveroo et le géant américain Uber »
lalibre.be ↗ ↩ -
Uber Eats - Plateforme américaine visée par la plainte pour traite d'êtres humains
« La plainte contre le britannique Deliveroo et le géant américain Uber »
lalibre.be ↗ ↩ -
Me Thibault Laforcade - Avocat ayant souligné une démarche inédite en France
« Me Thibault Laforcade, évoquant une démarche "inédite" en France »
lalibre.be ↗ ↩ -
Maison des livreurs à Bordeaux - Association portant la plainte
« est portée par la Maison des livreurs à Bordeaux, la Maison des coursiers à Paris, et les associations d'aide aux livreurs AMAL et Ciel »
lalibre.be ↗ ↩ -
Maison des coursiers à Paris - Association portant la plainte
« est portée par la Maison des livreurs à Bordeaux, la Maison des coursiers à Paris, et les associations d'aide aux livreurs AMAL et Ciel »
lalibre.be ↗ ↩ -
AMAL - Association d'aide aux livreurs portant la plainte
« est portée par la Maison des livreurs à Bordeaux, la Maison des coursiers à Paris, et les associations d'aide aux livreurs AMAL et Ciel »
lalibre.be ↗ ↩ -
Ciel - Association d'aide aux livreurs portant la plainte
« est portée par la Maison des livreurs à Bordeaux, la Maison des coursiers à Paris, et les associations d'aide aux livreurs AMAL et Ciel »
lalibre.be ↗ ↩ -
Il s'agit pour nous du préalable à une procédure collective - Déclaration de l'avocat des associations sur l'objectif de la plainte
« « Il s'agit pour nous du préalable à une procédure collective », précise Me Thibault Laforcade »
sudouest.fr ↗ ↩ -
Le modèle de ces plateformes est souvent qualifié d'esclavage moderne. Nous pensons que cette critique peut être traduite dans le droit pénal. - Déclaration de l'avocat sur la qualification juridique du modèle
« « Le modèle de ces plateformes est souvent qualifié d'esclavage moderne. Nous pensons que cette critique peut être traduite dans le droit pénal. »
sudouest.fr ↗ ↩ -
La traite des êtres humains est le fait de recruter une personne, de la transporter, de la transférer, de l'héberger ou de l'accueillir à des fins d'exploitation - Définition légale de la traite des êtres humains
« La traite des êtres humains est le fait de recruiter une personne, de la transporter, de la transférer, de l'héberger ou de l'accueillir à des fins d'exploitation »
legifrance.gouv.fr ↗ ↩ -
L'exploitation mentionnée au premier alinéa du présent I est le fait de mettre la victime à sa disposition ou à la disposition d'un tiers, même non identifié - Définition légale de l'exploitation dans le contexte de la traite
« L'exploitation mentionnée au premier alinéa du présent I est le fait de mettre la victime à sa disposition ou à la disposition d'un tiers, même non identifié »
legifrance.gouv.fr ↗ ↩ -
sept ans - Peine d'emprisonnement pour traite des êtres humains
« La traite des êtres humains est punie de sept ans d'emprisonnement et de 150 000 € d'amende. »
legifrance.gouv.fr ↗ ↩ -
150 000 € - Montant de l'amende pour traite des êtres humains
« La traite des êtres humains est punie de sept ans d'emprisonnement et de 150 000 € d'amende. »
legifrance.gouv.fr ↗ ↩ -
50% - Pourcentage maximal prélevé sur les gains des livreurs pour la location de comptes
« des compte à leur nom qu'elles sous-louent, avec des pourcentages qui sont très variables, qui peuvent parfois atteindre 50% des montants gagnés »
europe1.fr ↗ ↩ -
nous permettent d'affirmer que les plateformes font des bénéfices très importants en exploitant la vulnérabilité de ces travailleurs - Déclaration du coordinateur de la Maison des livreurs sur les témoignages collectés
« Ils « nous permettent d'affirmer que les plateformes font des bénéfices très importants en exploitant la vulnérabilité de ces travailleurs », précise-t-il. »
lopinion.fr ↗ ↩ -
Jonathan L'Utile Chevallier - Coordinateur de projet à la Maison des livreurs à Bordeaux
« Jonathan L'Utile Chevallier, coordinateur de projet à la Maison des livreurs à Bordeaux »
lalibre.be ↗ ↩ -
2025 - Année de l'enquête menée par Médecins du Monde auprès de livreurs
« D'après une enquête menée en 2025 par Médecins du Monde (MdM) et plusieurs centres de recherche »
lalibre.be ↗ ↩ -
un millier - Nombre de livreurs interrogés dans l'enquête de Médecins du Monde
« D'après une enquête menée en 2025 par Médecins du Monde (MdM) et plusieurs centres de recherche auprès d'un millier de livreurs »
lalibre.be ↗ ↩ -
Institut de recherche pour le développement (IRD) - Partenaire de l'enquête de Médecins du Monde
« réalisée avec l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et l'Institut national d'études démographiques (Ined) »
infomigrants.net ↗ ↩ -
Institut national d'études démographiques (Ined) - Partenaire de l'enquête de Médecins du Monde
« réalisée avec l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et l'Institut national d'études démographiques (Ined) »
infomigrants.net ↗ ↩ -
98 % - Pourcentage de livreurs nés à l'étranger selon enquête Médecins du Monde 2025
« D'après une enquête menée en 2025 par Médecins du Monde (MdM) et plusieurs centres de recherche auprès d'un millier de livreurs, 98 % sont nés à l'étranger »
midilibre.fr ↗ ↩ -
63 heures par semaine - Temps de travail moyen des livreurs selon l'enquête Médecins du Monde
« Ils travaillent en moyenne 63 heures par semaine pour 1.480 euros bruts mensuels »
lalibre.be ↗ ↩ -
1.480 euros bruts mensuels - Salaire moyen des livreurs selon l'enquête Médecins du Monde
« Ils travaillent en moyenne 63 heures par semaine pour 1.480 euros bruts mensuels »
lalibre.be ↗ ↩ -
5,83 € brut par course - Rémunération moyenne par course selon l'étude de Médecins du monde
« soit 5,83 € brut par course. »
sudouest.fr ↗ ↩ -
31 mars - Date de publication de l'étude de Médecins du monde
« Médecins du monde s'alarme dans une étude publiée mardi 31 mars »
la-croix.com ↗ ↩ -
68 % - Pourcentage de livreurs sans titre de séjour
« 68 % n'ont pas de titre de séjour »
infomigrants.net ↗ ↩ -
76 % - Pourcentage de livreurs contraints de louer un compte à une personne tierce
« 76 % sont contraints de louer un compte à une personne tierce »
infomigrants.net ↗ ↩ -
64 % - Pourcentage de livreurs sans titre de séjour selon enquête Médecins du Monde 2025
« 98 % sont nés à l'étranger et 64 % sont sans titre de séjour »
midilibre.fr ↗ ↩ -
plus de 1 000 livreurs - Nombre de livreurs interrogés par Médecins du monde
« l'association, qui a interrogé plus de 1 000 livreurs à Paris et à Bordeaux »
la-croix.com ↗ ↩ -
Paris et Bordeaux - Villes où l'étude a été menée
« interrogé plus de 1 000 livreurs à Paris et à Bordeaux au premier semestre 2025 »
la-croix.com ↗ ↩ -
21,50 € par heure d'activité - Revenu moyen perçu par les livreurs Uber Eats selon la plateforme
« ses livreurs perçoivent « 21,50 € par heure d'activité en moyenne » »
sudouest.fr ↗ ↩ -
15 ou 20 km - Distance parcourue à vélo par certains livreurs
« M. L'Utile Chevallier évoque des livreurs "parcourant 15 ou 20 km à vélo pour trois euros net" »
midilibre.fr ↗ ↩ -
avril 2023 - Date de l'accord de Deliveroo sur le revenu horaire minimum
« Deliveroo répond appliquer un accord d'avril 2023 "garantissant aux livreurs un revenu horaire minimum de 11,75 euros" »
midilibre.fr ↗ ↩ -
11,75 euros - Revenu horaire minimum garanti par Deliveroo selon accord d'avril 2023
« Deliveroo répond appliquer un accord d'avril 2023 "garantissant aux livreurs un revenu horaire minimum de 11,75 euros" »
midilibre.fr ↗ ↩ -
rejette fermement toute assimilation de son modèle à une situation d'exploitation ou de traite des êtres humains - Réaction de Deliveroo à la plainte
« Deliveroo conteste « vigoureusement les intentions qui lui sont prêtées » et « rejette fermement toute assimilation de son modèle à une situation d'exploitation ou de traite des êtres humains ». »
lopinion.fr ↗ ↩ -
11,75 € - Minimum créé par accord sectoriel sur toutes les plateformes de livraison
« après un premier accord sectoriel créant un minimum de 11,75 € sur toutes les plateformes de livraison »
sudouest.fr ↗ ↩ -
Kamara - Livreur témoignant sur les conditions de travail
« Kamara confirme »
sudouest.fr ↗ ↩ -
68 euros - Revenu de Kamara sur trois jours et demi
« Moi, depuis trois jours et demi, je suis à 68 euros. »
sudouest.fr ↗ ↩ -
plainte, que nous apprenons par voie de presse, ne repose sur aucun fondement - Réponse d'Uber Eats à la plainte
« Uber Eats assure dans un communiqué que cette "plainte, que nous apprenons par voie de presse, ne repose sur aucun fondement" »
lalibre.be ↗ ↩ -
aucun aspect de la relation entre la plateforme Uber Eats et les coursiers choisissant de l'utiliser ne peut s'apparenter à une ''traite des êtres humains'' - Dénégation d'Uber Eats face aux accusations
« « Il est évident qu'aucun aspect de la relation entre la plateforme Uber Eats et les coursiers choisissant de l'utiliser ne peut s'apparenter à une ''traite des êtres humains'' »
sudouest.fr ↗ ↩ -
Xe arrondissement de Paris - Localisation du restaurant asiatique où attendent les livreurs
« en face d'un restaurant asiatique très populaire du Xe arrondissement de Paris »
leparisien.fr ↗ ↩ -
Bangladais - Nationalité de deux jeunes migrants sans papiers livreurs
« deux jeunes amis Bangladais attendent que leur application carillonne »
leparisien.fr ↗ ↩ -
Uber Eats - Plateforme de livraison utilisée par les livreurs enquêtés
« notre reporter a travaillé comme livreur chez Uber Eats »
leparisien.fr ↗ ↩ -
Deliveroo - Plateforme de livraison utilisée par l'un des migrants sans papiers
« Deliveroo pour l'autre »
leparisien.fr ↗ ↩ -
Sous-location de compte Uber Eats et Deliveroo par des sans-papiers - Mécanisme de fraude utilisé pour contourner l'interdiction de travailler
« ils contournent la loi et les règles des plates-formes en sous-louant le compte - Uber Eats pour l'un, Deliveroo pour l'autre »
leparisien.fr ↗ ↩ -
Nabi - Demandeur d'asile afghan travaillant comme livreur Deliveroo
« Nabi, demandeur d'asile afghan, est arrivé en France presque par accident, après une longue errance entre l'Inde et la Finlande et des problèmes de visas. »
mesinfos.fr ↗ ↩ -
50% - Pourcentage des revenus que Nabi paie pour louer le compte d'un compatriote
« il travaille pour Deliveroo, louant le compte d'un compatriote, contre 50% de ses revenus. »
mesinfos.fr ↗ ↩ -
400 euros par mois - Revenu mensuel de Nabi en France
« mais ici, je touche 400 euros par mois. »
mesinfos.fr ↗ ↩ -
250 euros - Montant du loyer de Nabi
« Avec le loyer à 250 euros, je n'ai pas le choix, je dois livrer. »
mesinfos.fr ↗ ↩ -
Walid - Livreur sans papiers en France depuis quatre ans, ancien propriétaire d'une boucherie en Algérie
« Walid, en France depuis quatre ans, a laissé sa boucherie, sa maison, sa voiture en Algérie. »
mesinfos.fr ↗ ↩ -
Uber Eats demande la vérification. Mais il y a des solutions. Moi j'utilise le compte de mon frère, il est presque toujours avec moi. Dès qu'on me demande la photo, je passe chez lui. - Déclaration de Walid sur comment il contourne la vérification d'identité
« Uber Eats demande la vérification. Mais il y a des solutions. Moi j'utilise le compte de mon frère, il est presque toujours avec moi. Dès qu'on me demande la photo, je passe chez lui. »
mesinfos.fr ↗ ↩ -
environ 5 des 30 millions de livreurs - Nombre de livreurs concernés par la requalification en salariés selon la directive UE
« pour requalifier comme salariés environ 5 des 30 millions de livreurs »
la-croix.com ↗ ↩ -
deux ans - Délai pour les États membres d'intégrer la directive UE dans leur législation
« Les États membres ont deux ans à partir de cette date pour intégrer cette directive »
la-croix.com ↗ ↩ -
2 décembre - Délai pour la France de transposer la directive européenne sur les conditions de travail des livreurs
« La France a jusqu'au 2 décembre pour transposer dans son droit la directive européenne »
france3-regions.franceinfo.fr ↗
⚠️ Note INFO.FR: La date '2 décembre' correspond au 2 décembre 2026, date limite de transposition de la directive UE par les États membres. ↩ -
6 sur 10 - Proportion de livreurs ayant subi des agressions verbales
« Six livreurs sur 10 disent avoir déjà subi des agressions verbales »
infomigrants.net ↗ ↩ -
1 quart - Proportion de livreurs ayant subi des agressions physiques
« un quart d'entre eux des agressions physiques »
infomigrants.net ↗ ↩ -
plus de la moitié - Proportion de livreurs ayant déjà eu un accident
« Plus de la moitié affirme avoir déjà eu un accident »
la-croix.com ↗ ↩ -
78 % - Proportion de livreurs ayant eu un accident et ayant été blessés
« Parmi eux, 78 % rapportent avoir été blessés »
la-croix.com ↗ ↩ -
Anses - Agence sanitaire ayant affirmé que le management par algorithmes fait peser des risques sur la santé
« l'agence sanitaire Anses affirmait que ce management par algorithmes »
la-croix.com ↗ ↩ -
mars 2025 - Date de la déclaration de l'Anses sur les risques du management par algorithmes
« En mars 2025, l'agence sanitaire Anses affirmait »
la-croix.com ↗ ↩ -
suivre strictement les instructions par peur d'être déconnectés - Déclaration des livreurs sur leur comportement face aux plateformes
« Une majorité écrasante de travailleurs déclarent « suivre strictement les instructions par peur d'être déconnectés » »
la-croix.com ↗ ↩ -
surveillés en permanence - Impression des livreurs concernant le contrôle des plateformes
« avoir l'impression d'être « surveillés en permanence » »
la-croix.com ↗ ↩ -
Fabien Tosolini - Représentant du syndicat UNION-Indépendants
« commente Fabien Tosolini, représentant du syndicat UNION-Indépendants. »
france3-regions.franceinfo.fr ↗ ↩ -
On a aujourd'hui des livreurs sans papiers qui sont surexploités à la fois par des gens qui exploitent la misère, mais aussi par des plateformes qui utilisent ces gens pour exploiter la misère. - Déclaration de Fabien Tosolini sur la situation des livreurs en situation irrégulière
« "On a aujourd'hui des livreurs sans papiers qui sont surexploités à la fois par des gens qui exploitent la misère, mais aussi par des plateformes qui utilisent ces gens pour exploiter la misère." »
france3-regions.franceinfo.fr ↗ ↩ -
entre 70.000 et plus de 100.000 - Nombre de livreurs en France
« On dénombre entre 70.000 et plus de 100.000 livreurs en France, selon les sources »
lalibre.be ↗ ↩ -
Mise en demeure adressée à Uber Eats mercredi pour discriminations - Action menée par les plaignants et Médecins du Monde
« Avec MdM, ils ont également mis en demeure mercredi Uber Eats - l'entreprise sur laquelle ils ont réuni le plus d'éléments matériels - de faire cesser des "discriminations" »
midilibre.fr ↗ ↩ -
trente jours - Délai accordé à Uber Eats pour répondre avant action de groupe
« Si ces derniers ne disposent pas d'une « réponse satisfaisante » sous trente jours, cette action de groupe sera portée devant le tribunal judiciaire de Paris. »
lopinion.fr ↗ ↩ -
tribunal judiciaire de Paris - Juridiction où sera portée l'action de groupe si pas de réponse satisfaisante
« cette action de groupe sera portée devant le tribunal judiciaire de Paris. »
lopinion.fr ↗ ↩ -
2 868 - Nombre d'entreprises individuelles avec activité de livraison déclarées à Bordeaux
« sur les 2 868 entreprises individuelles avec une activité de livraison déclarées à Bordeaux »
sudouest.fr ↗ ↩ -
927 - Nombre de livreurs domiciliés dans des structures pour précaires à Bordeaux
« 927 sont domiciliées dans des structures pour précaires et grands précaires »
sudouest.fr ↗ ↩ -
32 % - Pourcentage de livreurs sans logement stable sur la métropole bordelaise
« 32 % du total des livreurs sur la métropole bordelaise n'ont pas de logement stable leur permettant de s'y domicilier »
sudouest.fr ↗ ↩ -
beaucoup de livreurs vivent dans les squats - Observation de Kamara sur les conditions de logement des livreurs
« beaucoup de livreurs vivent dans les squats »
sudouest.fr ↗ ↩ -
6 euros - Rémunération pour une livraison de 10 kilomètres selon Koffi
« On te donne une commande de 10 kilomètres et on te paye 6 euros. »
sudouest.fr ↗ ↩
Sources
- France: plainte pour "traite d'êtres humains" contre Deliveroo et Uber Eats
- Uber Eats et Deliveroo visés par une plainte pour « traite des êtres humains »
- Uber et Deliveroo visés par une plainte : « Si j’avais des papiers, jamais je n’irais pédaler pour 10 euros »
- "Traite d’êtres humains" : des associations portent plainte contre Deliveroo et Uber Eats, voici ce qu’elles dénoncent
- Une plainte pour « traite d’êtres humains » vise Deliveroo et Uber Eats
- Livreurs à vélo en France : des travailleurs immigrés asservis par les plateformes, dénonce Médecins du Monde
- Douleurs, agressions… Médecins du monde alerte sur le quotidien des livreurs à vélo
- Article 225-4-1 - Code pénal
- Ce que l'on sait de la plainte pour «traite d'être humains» déposée contre Deliveroo et Uber Eats
- "Je me suis fait taper par une voiture" : le quotidien difficile des livreurs à vélos pointé du doigt par Médecins du monde
- Dans la peau d’un livreur Uber Eats : « Ça nous coûte 150 euros par semaine »… Ces coursiers aux comptes frauduleux
- Identité louée, faux comptes, faux papiers : les combines des livreurs pour pouvoir travailler