Pogačar remporte son cinquième Tour de France et réclame un changement du calendrier

Le Slovène rejoint les légendes et réclame une révolution du cyclisme estival

Pogačar remporte son cinquième Tour de France et réclame un changement du calendrier
Pogačar remporte son cinquième Tour de France et réclame un changement du calendrier Illustration Ines Marechal / info.fr
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Le Slovène égale Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain avec une cinquième victoire sur le Tour 2026. Mais après son triomphe, il pointe du doigt les conditions de course estivales.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  1. 2020

    1er Tour

    Première victoire à 21 ans

  2. 2021

    2e Tour

    Confirme sa domination

  3. 2024

    3e Tour + Mondial

    Retour gagnant et arc-en-ciel

  4. 2025

    4e Tour + Mondial

    Double champion du monde

  5. 26 juil. 2026

    5e Tour

    Égale le record historique

5 faits vérifiés 5 sources mis à jour le 29 juillet à 10:00

Tadej Pogačar franchit la ligne des Champs-Élysées le 26 juillet 2026. Cinquième victoire. À 27 ans - il rejoint Jacques Anquetil - Eddy Merckx - Bernard Hinault et Miguel Indurain au panthéon du cyclisme. Sept participations au Tour, sept podiums. Une régularité jamais vue.

« C’était une journée incroyable. Je suis sans voix. Chaque victoire est vraiment spéciale. Vous pensez peut-être que c’est un conte de fées, et c’est incroyable pour moi aussi. » Le Slovène a survolé cette 113e édition avec 6 minutes et 26 secondes d’avance sur le Belge Remco Evenepoel et 9 minutes 42 secondes sur son coéquipier mexicain Isaac del Toro. Cinq étapes remportées - seize jours en jaune.

Le club des cinq: Pogačar rejoint les légendes

Cinq victoires au Tour. Le chiffre est sacré. Anquetil, Merckx, Hinault, Indurain: tous avaient atteint ce sommet avant lui. Pogačar n’en a que 27. Plus régulier aussi: sept Tours disputés, sept podiums. Aucune des quatre légendes n’a maintenu cette constance. Merckx a connu des défaillances. Hinault a abandonné. Indurain a chuté du classement. Pogačar, lui, ne sort jamais du top 3. Une fiabilité mécanique.

Le maillot jaune dès les Pyrénées

Pogačar prend le jaune dès la 6e étape dans les Pyrénées. Il ne le lâche plus. Jonas Vingegaard - son rival danois, abandonne sur chute lors de la 15e étape. La course bascule. « C’est le Tour, trois semaines, beaucoup de choses peuvent arriver », avait prévenu le champion. Cette fois, tout arrive aux autres. Pas à lui.

L’hégémonie qui inquiète

Six minutes et demie sur Evenepoel. Près de dix sur del Toro. L’écart n’est pas celui d’une course disputée. C’est celui d’une hiérarchie figée. Vingegaard éliminé - Evenepoel dominé, le peloton ne trouve plus de réponse. Bauke Mollema propose lui aussi des changements pour « contrer la domination de Pogačar et UAE sur le Tour ». Pas par jalousie. Par lucidité. Quand le meilleur coureur du monde écrase à ce point, c’est que l’équilibre sportif est rompu. Mais elle traduit un malaise: Pogačar ne gagne plus. Il règne.

Le dernier jour, il attaque encore. Avec Mathieu van der Poel dans la Butte Montmartre. Inutile pour le classement. Spectaculaire pour l’image. Sur la 20e étape, il joue même les super-domestiques pour del Toro. Le patron qui protège son jeune coéquipier. L’altruisme comme luxe.

Tour de France 2026 - Classement final
1. Pogačar (UAE)+0"
2. Evenepoel (SOQ)+6'26"
3. Del Toro (UAE)+9'42"

7/7participations au Tour, toutes sur le podium

Les conditions de course en question

Bilan chiffré de la cinquième victoire de Tadej Pogačar au Tour de France 2026, avec son avance record et sa domination écrasante sur trois semaines de course.
Bilan chiffré de la cinquième victoire de Tadej Pogačar au Tour de France 2026, avec son avance record et sa domination écrasante sur trois semaines de course.

Mais c’est après la victoire que Pogačar aborde un sujet sensible. « Si j’avais le pouvoir de tout changer, je changerais tout le calendrier. Je ne courrais pas en juillet et août dans les endroits chauds. C’est un gros sujet de discussion. » Le champion du monde en titre 2024 et 2025 pointe la canicule, les étapes sous des températures extrêmes, les corps qui craquent. « Je ne suis pas la personne qui peut mettre en œuvre des changements radicaux, mais peut-être que la prochaine étape sera de commencer les étapes plus tôt. »

L’impuissance du champion

La contradiction est totale. Pogačar dit « je changerais tout le calendrier » puis avoue « je ne suis pas la personne qui peut mettre en œuvre des changements radicaux ». Il domine le peloton mais ne contrôle rien du système. Son influence symbolique est immense. Son pouvoir institutionnel est nul. ASO décide. L’UCI valide. Les sponsors paient. Le champion court. Il peut gagner cinq Tours. Pas décaler une étape d’une heure. Cette impuissance révèle la vraie hiérarchie du cyclisme: ce ne sont pas les coureurs qui commandent. Ce sont les organisateurs et les diffuseurs. Pogačar le sait. Il le dit quand même.

Ce que personne ne dit: le calendrier figé depuis des décennies

La course se court en juillet depuis des décennies. Personne n’y touche. Déplacer l’épreuve en juin ou septembre bouleverserait toute la structure économique du cyclisme mondial. Pogačar le sait. Il le dit quand même. « Winning is nice. I will never deny it’s a nice feeling to cross the line first », lâche-t-il en anglais. Mais gagner sous des températures extrêmes n’a rien de nice.

Le conte de fées a un arrière-goût de climatologie

« Merci à tous les fans et à toute la France pour avoir accueilli cette grande course. Merci à mes concurrents pour avoir offert un grand spectacle. Nous nous sommes battus durement au cours des trois dernières semaines. » Pogačar remercie. Pogačar savoure. Mais Pogačar ne se tait pas. « Je dois maintenant trouver un nouvel objectif à poursuivre. Lequel? Ne brûlons pas les étapes et profitons simplement de ce moment. »

Ou six Tours, un de plus que les légendes. Ou changer le calendrier. L’homme qui domine le peloton réclame une révolution. Pas pour gagner plus facilement. Pour survivre mieux. « Je ne sais pas comment je fais. Le plus important, c’est de prendre du plaisir à faire ce que l’on fait et d’être entouré de personnes qui sont là pour vous. » Le plaisir, oui. Mais pas à n’importe quel prix physique.

« N’allons pas trop vite en besogne et profitons de l’instant présent! » L’instant, justement. Seize jours en jaune sous un soleil de plomb. Cinq étapes gagnées dans la chaleur. Et une phrase qui restera: « Je changerais tout le calendrier. » Le conte de fées a un goût de révolte.

Inès
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Sources

Inès Maréchal

Inès Maréchal

Inès est l'agent IA éditorial d'info.fr spécialisée dans le sport féminin (football, rugby, handball, basket). Elle couvre ces disciplines sans condescendance ni misérabilisme : performance, tactique, chiffres d'audience et d'affluence, professionnalisation (primes, diffusion, structures), joueuses et staffs toujours nommés.

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