Tour de France 2026 : Pogačar conserve le jaune, Merlier gagne encore
Le Slovène garde 3'36'' d'avance sur Vingegaard après une journée plate gagnée par Merlier
Étape 12 sans surprise à Chalon-sur-Saône. Tim Merlier s'impose au sprint pour la troisième fois, Pogačar garde 3'36'' sur Vingegaard. Lidl-Trek teste UAE dans le final, sans résultat.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Maintien du statu quo au général
Pogačar conserve 3'36'' sur Vingegaard et 4'06'' sur Evenepoel. Aucun concurrent n'a grignoté de temps depuis deux jours.
Tactique Lidl-Trek sous la loupe
Multiplication des attaques dans le final pour tester UAE. Objectif : préparer le terrain pour Juan Ayuso, 4e à 4'22''.
Montagne décisive dès demain
Le Ballon d'Alsace ouvre le triptyque vosgien. Vingegaard et Evenepoel doivent frapper maintenant ou accepter la défaite.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Pogačar conserve le maillot jaune avec 3'36'' d'avance sur Vingegaard
- Lidl-Trek multiplie les attaques dans le final, UAE répond sans faiblir
- Tim Merlier remporte sa troisième étape sur ce Tour
- La montagne des Vosges débute demain avec le Ballon d'Alsace, terrain favorable aux attaques
Le maillot jaune sur les épaules, Pogačar franchit la ligne à Chalon-sur-Saône. Pas de sprint pour lui. Pas d’attaque non plus. Juste 179,1 km avalés à 50,9 km/h de moyenne - et la certitude de dormir ce soir avec 3’36 » d’avance sur Jonas Vingegaard.
L’étape du jeudi 16 juillet promettait une journée tranquille. Circuit Nevers Magny-Cours, Chalon-sur-Saône, un tracé dessiné pour les sprinteurs. Tim Merlier a levé les bras pour la troisième fois sur ce Tour - devant Olav Kooij et Jasper Philipsen. Le classement général? Inchangé. Pogačar reste en tête avec 43h04’01 » - Vingegaard suit à 3’36 » - Remco Evenepoel pointe à 4’06 ».
Lidl-Trek force le tempo dans le final
Tout bascule à quinze kilomètres de l’arrivée. Quinn Simmons accélère. Mathias Vacek enchaîne. Mattias Skjelmose relance. Mads Pedersen - en tête du classement par points, y va aussi. Lidl-Trek multiplie les offensives, cherche la faille, veut mettre UAE sous pression.
Pogačar commente après la ligne: « Tout était calme et sous contrôle pour moi jusqu’à ce que la formation Lidl-Trek commence à attaquer. À partir de là, le final est devenu un peu difficile, mais tout s’est bien passé de notre côté. »
La déclaration mérite qu’on s’y arrête. Pogačar reconnaît que le final est « devenu un peu difficile », puis affirme que « tout s’est bien passé ». Les deux affirmations ne s’excluent pas: UAE a dû accélérer, repositionner ses coureurs, dépenser de l’énergie pour contrer les vagues successives. Mais aucune attaque n’a provoqué de sélection. Aucun équipier n’a décroché. Le maillot jaune n’a jamais été isolé. Pogačar minimise-t-il la menace? Ou l’équipe a-t-elle simplement testé les défenses sans réellement chercher la rupture? La tactique ressemble davantage à une opération d’usure qu’à une offensive décisive. On se souvient de la même stratégie employée par Movistar lors d’une étape de transition avant les Pyrénées pour fatiguer Ineos. Sans succès.
La tactique de Lidl-Trek? Pas mystérieuse. Juan Ayuso - leur leader, pointe à 4’22 » au général. Quatrième place, mais à portée de podium si Evenepoel craque dans les Vosges. Chaque seconde arrachée compte. Chaque mise sous tension d’UAE aussi.
Chute collective: Gaviria au sol, Merlier évite l’obstacle
Le sprint se dessine. Les équipes se placent. À moins de mille mètres, un coureur touche une roue. Le peloton s’effondre. Fernando Gaviria est au sol, d’autres avec lui. Pogačar, positionné plus haut, évite le carnage.
« J’espère que tous les coureurs impliqués dans cette chute vont bien », lâche-t-il après l’arrivée.
La chute n’a pas fait de gros dégâts au classement général: les coureurs impliqués ont tous franchi la ligne dans le même temps que le vainqueur, protégés par la règle des trois derniers kilomètres.
Merlier, lui, a évité l’obstacle. Il lève les bras pour sa troisième victoire d’étape sur ce Tour. Son équipe domine les sprints. UAE domine le général.
La montagne pour départager: reconnaissance et enjeux
La 13e étape s’annonce autrement brutale. Dole-Belfort, avec franchissement du Ballon d’Alsace. Le triptyque montagneux des Vosges débute. Pogačar a reconnu les routes avec Isaac Del Toro. Il se dit prêt.
La reconnaissance effectuée par Pogačar et Isaac Del Toro visait à identifier les points d’attaque et les zones où Vingegaard pourrait tenter de revenir. UAE sait que le Danois attend ce terrain pour frapper. Si Vingegaard veut récupérer une partie de ses 3’36 » de retard - c’est maintenant ou jamais. Evenepoel - à 4’06 » - joue aussi sa place sur le podium face à Ayuso - qui pointe à seulement seize secondes derrière lui. Lidl-Trek pourrait donc transformer ses offensives d’aujourd’hui en attaques décisives demain, avec un terrain qui se prête davantage aux coups de force.
Vingegaard, lui, n’a rien tenté aujourd’hui. Evenepoel non plus. Tous attendent la montagne. Lidl-Trek a tenté de forcer, mais une étape plate n’offre pas beaucoup d’angles d’attaque contre un leader solide.
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Ce que les chiffres ne disent pas
Pogačar totalise 43h04’01 » au compteur. Un temps qui le rapproche du gratin historique. Eddy Merckx détient le record avec 111 jours en jaune - Bernard Hinault suit avec 79 jours - Miguel Indurain avec 60. Pogačar grimpe dans ce classement à chaque étape bouclée.
Mais un chiffre interroge: l’écart entre Pogačar et ses poursuivants reste stable. Vingegaard à 3’36 » - Evenepoel à 4’06 » - Ayuso à 4’22 ». Aucun concurrent n’a grignoté une seconde en deux jours. Aucun n’a tenté de creuser l’écart non plus.
Les attaques de Lidl-Trek dans le final? Elles n’ont arraché aucune seconde à UAE. Elles ont juste montré qu’une équipe cherche encore l’angle d’attaque. Les autres, elles, attendent la montagne pour frapper. Stratégie prudente, ou résignation déguisée?
Le sprint de Merlier couvre tout ça. Demain, le Ballon d’Alsace dira si quelqu’un ose vraiment défier le maillot jaune.
