Pogačar pulvérise les records et remporte son cinquième Tour de France
Le Slovène détient désormais les références sur Alpe d'Huez, Tourmalet, Ventoux et cinq autres cols emblématiques
Tadej Pogačar s'adjuge sa cinquième Grande Boucle en 2026 avec une domination écrasante. Records de montée pulvérisés, vitesse moyenne historique, génération entière mise à distance
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Domination historique
Pogačar égale le record de 5 victoires sur le Tour et devient le plus jeune à l'atteindre, à 27 ans. Il pulvérise des records de montée vieux de 30 ans.
Suspense en berne
L'écart de 6 min 26 s avec le deuxième et l'abandon de Vingegaard privent le Tour 2026 de son duel attendu. La domination fascine mais frustre.
Nouvelle génération
Le top 5 final affiche une moyenne d'âge record de 23,4 ans. Des talents comme Del Toro et Evenepoel émergent, mais restent impuissants face à Pogačar.
Course la plus rapide
Le Tour 2026 bat tous les records de vitesse avec 43,227 km/h de moyenne. Une performance collective qui interroge sur l'évolution du matériel et de l'entraînement.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2004
Record Ventoux - Mayo
Iban Mayo établit le record du Mont Ventoux que Pogačar battra 21 ans plus tard
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1995
Record Alpe d'Huez - Pantani
Marco Pantani grimpe l'Alpe d'Huez en 36 min 50 s, un record qui tiendra 31 ans
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2023
Record Tourmalet
Pogačar et Vingegaard établissent conjointement le record du Tourmalet en 45 min 35 s
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2025
Record Ventoux - Pogačar
Pogačar bat le record du Mont Ventoux en 54 min 41 s, effaçant la marque de Mayo
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juil. 2026
Records Tourmalet et Alpe d'Huez
Pogačar pulvérise ses propres records au Tourmalet (43 min 02 s) et sur l'Alpe d'Huez (35 min 27 s)
Étape 19, kilomètre 145. Pogačar accélère dans le neuvième lacet de l’Alpe d’Huez. Il est seul. L’échappée qu’il a rejointe plus de trois minutes plus tôt explose. Au sommet, 35 min 27 s. Le record de Marco Pantani - 36 min 50 s depuis 1995 - vient de tomber. Dans le car de télévision, silence.
Ce n’est pas le premier. Quatre jours plus tôt, au Tourmalet, il avait déjà fait tomber une autre légende. Le précédent record, 45 min 35 s - il le codétenait avec Jonas Vingegaard depuis 2023.
Plusieurs cols, plusieurs records
L’année précédente, c’était le Mont Ventoux. 54 min 41 s en 2025 - effaçant la marque d’Iban Mayo qui tenait depuis 2004. Trois cols mythiques tombés en deux Tours, mais le carnage ne s’arrête pas là. L’Alpe d’Huez, le Tourmalet, le Ventoux: ses chronos pulvérisent les anciennes marques. On se souvient que plusieurs de ces références ont été progressivement améliorées au fil des décennies par différents champions.
Les analystes de puissance estiment sa performance sur l’Alpe d’Huez à environ 6,9 w/kg. Des chiffres exceptionnels qui interrogent.
Le Tour le plus rapide de l’histoire
Le Tour 2026 est entré dans l’histoire comme l’édition la plus rapide jamais disputée: 43,227 km/h de moyenne sur 3 197 km. Le temps total du vainqueur, 73 h 56 min 26 s - pulvérise tous les records de vitesse. Une performance collective qui interroge. Les progrès aérodynamiques, l’optimisation nutritionnelle, les stratégies d’équipe ultra-rodées: tout concourt à cette accélération générale. Le matériel évolue, les entraînements se professionnalisent, les données s’affinent. Le cyclisme moderne roule plus vite. Beaucoup plus vite.
Le club des cinq
Cinquième victoire. Pogačar rejoint Jacques Anquetil - Eddy Merckx - Bernard Hinault et Miguel Induráin au sommet. À 27 ans, 10 mois et 5 jours - il est le plus jeune de l’histoire à atteindre ce total. Sa réaction? « Je n’aime pas trop les clubs, alors essayons d’en sortir ». Dit avec le sourire. Compris par tout le monde.
Une génération monte, impuissante
Il a remporté 5 victoires d’étape cette année, portant son total en carrière sur la Grande Boucle à 26. Son équipe a écrasé la course. Isaac Del Toro - son coéquipier, a terminé troisième et meilleur jeune. Le top 5 final affiche une moyenne d’âge record de 23,4 ans. Remco Evenepoel - deuxième. Isaac Del Toro, troisième. Une nouvelle génération émerge, talentueuse, affamée. Mais face à Pogačar, elle reste impuissante. Le coureur slovène ne domine pas seulement ses contemporains: il écrase une génération entière avant même qu’elle n’ait pu s’affirmer.
Domination totale, suspense mort
Jonas Vingegaard - double vainqueur du Tour, a abandonné. Son absence a privé la course de son duel le plus attendu. Evenepoel, deuxième à plus de six minutes - n’a jamais vraiment inquiété le coureur slovène. Pogačar a gagné avec 6 min 26 s d’avance. Une marge qui tue le suspense. Le public attend du drame, des attaques, des retournements. Ce Tour n’en a pas offert. La domination fascine autant qu’elle frustre. On admire la performance, on salue l’exploit. Mais on s’ennuie aussi. Un champion qui gagne tout écrase le spectacle autant qu’il l’incarne.
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Au micro après sa victoire finale, Pogačar reste sobre: « Je n’y ai pas les mots. J’aime ce que je fais, et je suis bien entouré ». Pas de déclaration tonitruante. Pas de promesse de sixième victoire. Juste un constat. Il aime grimper. Il grimpe plus vite que tout le monde. Le reste suit.
Les records tombent. Les rivaux cherchent des réponses. Pogačar roule. C’est tout.