Pogačar en quête de revanche au Lioran, Merlier relance le vert
L'étape cantalienne du 14 juillet ranime trois batailles le duel Pogačar-Vingegaard, la course au maillot vert et la chasse française au pois
Le Lioran, théâtre de la défaite de Pogačar en 2024, accueille ce 14 juillet la 10e étape du Tour 2026. Pendant que le Slovène cherche sa revanche, Merlier relance le vert après deux victoires consécutives
- Pogačar aborde le Lioran avec 2'42" d'avance sur Vingegaard, théâtre de sa défaite en 2024
- Merlier relance le vert à 15 points de Pedersen après deux victoires consécutives à Bordeaux et Bergerac
- Le nouveau barème ASO attribue 70 points aux étapes plates (contre 50), visant à contrer Pogačar
- Deux Français chassent le pois Lenny Martinez (16 points) et Paul Seixas, derrière Pogačar (28 points)
- L'étape cantalienne du 14 juillet cumule 166,6 km et 3 800 m de dénivelé positif sur sept ascensions
Le mardi 14 juillet 2026 - jour de la fête nationale française, le peloton de la 113e édition du Tour de France s’élance d’Aurillac pour rejoindre Le Lioran. Avec 166,6 kilomètres à travers les monts du Cantal et 3 800 mètres de dénivelé positif répartis sur sept ascensions répertoriées, cette 10e étape se présente comme un véritable feu d’artifice tactique.
Le fantôme du Lioran
Tadej Pogačar aborde cette étape dans une position idéale, solidement installé dans son maillot jaune avec une avance de 2 minutes et 42 secondes sur son rival Jonas Vingegaard. Mais le Lioran n’est pas un terrain neutre pour le Slovène. Il y a tout juste deux ans, sur ce même final cantalien, Jonas Vingegaard avait terrassé Pogačar lors d’un sprint à deux resté dans les mémoires. La revanche est dans tous les esprits.
Sur le papier, deux scénarios s’opposent. Vingegaard, poussé dans ses retranchements, pourrait tenter une attaque lointaine dans l’avant-dernière difficulté pour exploiter sa puissance et mettre la pression sur le maillot jaune. Mais Pogačar, fort de son avance, pourrait aussi choisir de contrôler en laissant filer une échappée, tout en réservant une accélération dans le dernier kilomètre pour humilier son rival sur son terrain de chasse. Le Slovène, qui a construit sa légende sur des raids victorieux, pourrait préférer l’affrontement direct et transformer ce col cantalien en symbole de sa domination retrouvée. Le duel promet d’être intense, d’autant que chaque seconde perdue ou gagnée pèsera lourd dans la perspective des Alpes.
Le quadruple vainqueur du Tour a déjà remporté deux étapes sur cette édition et a démontré une supériorité écrasante lors des premières étapes de montagne, s’emparant du maillot jaune après une « masterclass » lors de la 6e étape vers Gavarnie-Gèdre. La route 2026, avec ses huit étapes de montagne et cinq arrivées au sommet - dont des passages dans les Pyrénées, le Massif Central, les Vosges, le Jura et les Alpes, est particulièrement favorable à un grimpeur complet comme Pogačar.
Merlier relance la bataille du vert
La course au maillot vert est particulièrement animée. Le sprinter belge Tim Merlier (Soudal Quick-Step) a remporté deux victoires d’étape consécutives, s’imposant à Bordeaux et Bergerac lors des étapes 7 et 8. Ces succès lui ont permis de se rapprocher du maillot vert, occupant la troisième place du classement par points après la 9e étape - à seulement 15 points de l’actuel détenteur, le Danois Mads Pedersen (Lidl-Trek).
« Avant le virage, j’étais un peu enfermé, et puis ils ont failli chuter et j’ai pensé que c’était fini. J’ai essayé de revenir sur les gars qui faisaient le lead-out, et je suis arrivé avec tellement de vitesse. La plupart du temps, si vous en gagnez une [étape], vous pouvez en gagner une deuxième », a déclaré Merlier après sa victoire d’étape lors de la 8e étape.
Le barème anti-Pogačar
Cette bataille du vert se joue sous un nouveau barème, introduit par ASO pour contrer Tadej Pogačar. Le règlement favorise davantage les « purs sprinteurs », avec 70 points attribués au vainqueur des étapes plates, contre 50 auparavant. Les sprints intermédiaires rapportent également 25 points - contre 20 en 2025.
Concrètement, ce changement redessine les priorités des équipes. Les formations de sprinteurs voient leurs chances de conserver le maillot vert jusqu’à Paris renforcées, tandis que les puncheurs-grimpeurs comme Pogačar, capables de grappiller des points en montagne, perdent leur avantage. Ce rééquilibrage est un signal fort: l’ASO n’hésite pas à modifier le règlement pour préserver l’équilibre sportif, quitte à sacrifier la polyvalence. On se souvient qu’en 2009, l’organisation avait déjà modifié le barème des sprints intermédiaires pour limiter l’hégémonie des leaders du général sur le classement par points.
Ce que personne ne dit: ce changement de règle vise directement Pogačar, qui avait terminé deuxième du classement par points en 2025 derrière Jonathan Milan, à seulement 78 points. En augmentant massivement la valeur des étapes plates et des sprints intermédiaires, l’ASO a choisi de sanctuariser le maillot vert pour les sprinteurs purs, au risque d’appauvrir le suspense. Un aveu: la domination de Pogačar inquiète au point de réécrire les règles.
Français en chasse du pois
Après la 9e étape, Pogačar a conservé son maillot à pois avec 28 points - devançant Jonas Vingegaard (19 points). Le Slovène avait endossé le premier maillot à pois de cette édition lors de la 1ère étape à Barcelone - après avoir réalisé le meilleur temps individuel dans l’ascension de Montjuïc.
Deux Français se positionnent dans la chasse. Lenny Martinez (Bahrain-Victorious) se trouve en 3e position du classement de la montagne avec 16 points après la 9e étape, étant confronté à un « dilemme de luxe » entre la chasse aux points de la montagne et ses ambitions au classement général. Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) - jeune prodige français de 19 ans, est également cité comme un candidat potentiel, étant un grimpeur léger qui pourrait capitaliser sur les opportunités en montagne.
Pour Lenny Martinez, la 10e étape offre une occasion en or de grappiller des points dans les sept ascensions répertoriées. Son dilemme reste de ne pas trop s’épuiser pour préserver son classement général. Paul Seixas, moins attendu, pourrait se muer en baroudeur solitaire, profitant des échappées matinales pour accumuler des points sans risque. Si Pogačar lâche du lest sur le pois après son sacre au général, la France pourrait renouer avec un maillot distinctif qu’elle n’a plus porté depuis 2020.
L’angle mort du calendrier
S’exprimant à L’Équipe le 12 juillet 2026 - Pogačar a suggéré une refonte radicale du calendrier pour éviter les courses en juillet et août dans les régions chaudes. Une déclaration qui résonne étrangement alors que le Slovène domine cette édition. La chaleur serait-elle devenue un problème uniquement quand on est en tête? Ou Pogačar anticipe-t-il une usure que les chiffres ne montrent pas encore?
En réalité, cette prise de parole peut s’analyser de deux manières. Soit comme une tentative de peser sur les décisions de l’UCI en pleine course, en capitalisant sur sa notoriété pour infléchir le débat climatique; soit comme un aveu de faiblesse déguisé, préparant le terrain à une éventuelle défaillance dans les Alpes. Dans les deux cas, elle illustre la porosité croissante entre sport et politique climatique, alors que le Tour refuse toujours de déplacer ses dates malgré les canicules répétées.
Le Tour de France 2026, qui se déroule du 4 au 26 juillet - a débuté avec cette contradiction: un calendrier inchangé malgré les alertes climatiques, et un leader qui demande publiquement sa refonte. Le timing de cette prise de position, en pleine course, en position de force, interroge sur la stratégie de communication d’UAE Emirates. Préparer le terrain d’une éventuelle défaillance, ou peser sur les décisions futures de l’UCI?
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (8)
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2 minutes et 42 secondes , Avance de Tadej Pogačar sur Jonas Vingegaard au classement général avant la 10e étape.
« Sur le papier, Tadej Pogačar (UAE Team Emirates) aborde cette étape dans une position idéale, solidement installé dans son maillot jaune avec une avance de 2 minutes et 42 secondes sur son rival Jonas Vingegaard. »
letour.fr ↗ ↩ -
s'imposant à Bordeaux et Bergerac , Lieux où s'est imposé Tim Merlier lors des 7e et 8e étapes.
« Merlier a remporté deux victoires d'étape consécutives, s'imposant à Bordeaux et Bergerac lors des étapes 7 et 8. »
eurosport.fr ↗ ↩ -
15 points , Écart de points séparant Tim Merlier de Mads Pedersen après la 9e étape.
« Ces succès lui ont permis de se rapprocher du maillot vert, occupant la troisième place du classement par points après la 9e étape, à seulement 15 points de l'actuel détenteur, Mads Pedersen (Lidl-Trek). »
eurosport.fr ↗ ↩ -
16 points , Nombre de points de Lenny Martinez au classement de la montagne après la 9e étape.
« Lenny Martinez se trouve en 3e position du classement de la montagne avec 16 points après la 9e étape, étant confronté à un "dilemme de luxe" entre la chasse aux points de la montagne et ses ambitions au classement général. »
letour.fr ↗ ↩ -
28 points , Total de points avec lequel Tadej Pogačar conserve son maillot à pois après la 9e étape.
« Après la 9e étape, le Slovène a conservé son maillot à pois avec 28 points, devançant Jonas Vingegaard (19 points). »
letour.fr ↗ ↩ -
3 800 mètres de dénivelé positif , Dénivelé positif total de la 10e étape du Tour de France 2026.
« Avec 166,6 kilomètres à travers les monts du Cantal et pas moins de 3 800 mètres de dénivelé positif répartis sur sept ascensions répertoriées, cette 10e étape se présente comme un véritable feu d'artifice tactique. »
letour.fr ↗ ↩ -
70 points , Nouveau barème de points attribué au vainqueur des étapes plates en 2026.
« Ce règlement favorise davantage les "purs sprinteurs", avec 70 points attribués au vainqueur des étapes plates, contre 50 auparavant. »
letour.fr ↗ ↩ -
50 , Ancien barème de points attribué au vainqueur des étapes plates avant 2026.
« Ce règlement favorise davantage les "purs sprinteurs", avec 70 points attribués au vainqueur des étapes plates, contre 50 auparavant. »
letour.fr ↗ ↩