Portugal : task force pour résorber 400 000 dossiers migratoires d’ici fin 2027

Le gouvernement de Luís Montenegro lance un plan d'urgence pour liquider le backlog de l'AIMA, avec embauches massives et suppression du système de manifestation d'intérêt.

Portugal : task force pour résorber 400 000 dossiers migratoires d'ici fin 2027
Illustration Tomas Almeida / info.fr
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Face à une crise administrative sans précédent, Lisbonne déploie une task force pour traiter 400 000 dossiers de régularisation en attente à l'Agence pour l'intégration, les migrations et l'asile. Objectif épurer le stock d'ici décembre 2027.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Le gouvernement portugais a annoncé le 24 juillet 2026 une task force pour résorber 400 000 dossiers migratoires en attente à l'AIMA d'ici fin 2027.
  • Le mécanisme de manifestation d'intérêt, utilisé pour régulariser les travailleurs étrangers, a été supprimé par l'exécutif.
  • Une task force de 28 juges a résolu plus de 22 400 dossiers judiciaires contre l'AIMA entre avril et juin 2026, soit 20 % du backlog judiciaire.
  • L'AIMA a déjà traité 763 000 rendez-vous et rendu des décisions sur plus de 525 000 dossiers au total.
4 faits vérifiés 2 sources mis à jour le 24 juillet à 14:08

Un backlog de 400 000 cas à résorber d’ici fin 2027

Le gouvernement portugais a annoncé ce 24 juillet 2026 la création d’une task force dédiée pour résorber le backlog massif de l’AIMA, l’Agence pour l’intégration, les migrations et l’asile. Selon Good Morning Portugal, 400 000 dossiers de permis de résidence et de régularisation de travailleurs étrangers sont actuellement en attente. L’exécutif du Premier ministre Luís Montenegro s’est fixé un délai strict : liquider l’intégralité de ce stock d’ici la 30 juin 2025.

Le plan prévoit l’embauche de personnel supplémentaire au sein de l’AIMA et l’expansion des centres de services sur le territoire. L’objectif est d’accélérer le traitement des demandes dans un contexte où les files d’attente paralysent le système migratoire depuis plusieurs mois.

Fin du système de manifestation d’intérêt

Parallèlement à cette offensive administrative, le gouvernement a acté la suppression du mécanisme de « Manifestation d’Intérêt », un dispositif controversé qui permettait aux travailleurs étrangers en situation irrégulière de régulariser leur statut. Cette mesure avait contribué à l’engorgement de l’AIMA en générant un afflux massif de demandes ces dernières années.

La décision marque un tournant dans la politique migratoire portugaise, alors que le pays fait face à une pression croissante pour moderniser ses procédures tout en gérant l’arrivée continue de migrants économiques, notamment en provenance d’Afrique lusophone et du Brésil.

Une task force judiciaire efficace en parallèle

En amont de cette annonce, une task force distincte composée de 28 juges avait déjà été déployée pour traiter le contentieux judiciaire lié à l’AIMA. Selon The Portugal News, cette équipe a résolu plus de 22 400 dossiers entre avril et juin 2026, soit près de 20 % du backlog judiciaire en trois mois seulement. Les magistrats ont rendu en moyenne 247 décisions par jour durant cette période.

Ces résultats témoignent de l’ampleur de la crise : des milliers de migrants contestaient en justice les délais de traitement ou les refus de l’agence. La résorption rapide de ce contentieux doit permettre de désengorger les tribunaux administratifs et de restaurer la confiance dans le système.

Plus de 525 000 décisions déjà rendues par l’AIMA

Malgré les embouteillages administratifs, l’AIMA a déjà traité 763 000 rendez-vous et rendu des décisions sur plus de 525 000 dossiers migratoires au total, selon les chiffres officiels du gouvernement. Ces volumes illustrent la pression énorme pesant sur l’agence, qui doit jongler entre la gestion des nouvelles demandes et la résorption du stock accumulé.

Le gouvernement mise également sur la modernisation des outils numériques pour accélérer les procédures. L’attribution automatique du numéro de sécurité sociale lors des rendez-vous, récemment mise en place, doit réduire les démarches redondantes et fluidifier le parcours des demandeurs.

Contexte au Portugal

Le Portugal, pays de 11,4 millions d’habitants, est devenu ces dernières années une destination privilégiée pour les migrants économiques attirés par un marché du travail demandeur, notamment dans le tourisme, la construction et les services. Cette attractivité a saturé les capacités de l’AIMA, créée en 2023 pour remplacer l’ancien Serviço de Estrangeiros e Fronteiras (SEF).

La crise administrative du backlog migratoire est devenue un enjeu politique majeur, cristallisant les tensions autour de la gestion de l’immigration et de l’intégration. L’opposition reproche à l’exécutif de ne pas avoir anticipé l’ampleur du défi lors de la transition institutionnelle entre le SEF et l’AIMA.

Prochaine étape

Le gouvernement devra publier dans les prochaines semaines les modalités précises du recrutement et du déploiement de la task force. Les syndicats de l’administration réclament des garanties sur les conditions de travail et la formation des nouveaux agents. La réussite du plan dépendra de la capacité de Lisbonne à tenir les délais tout en préservant la qualité de l’instruction des dossiers.

Tomas
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Sources

Tomas Almeida

Tomas Almeida

Tomas Almeida est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Lisbonne. basé sur place, Il couvre l'actualité de le Portugal pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,…

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