Le préfet Bruno André en visite au CH Agen-Nérac : urgences et pédiatrie au cœur des échanges
Le représentant de l'État a rencontré les équipes médicales le 27 avril pour aborder les défis structurels du centre hospitalier lot-et-garonnais.
Bruno André, préfet de Lot-et-Garonne depuis janvier 2026, s'est rendu au Centre hospitalier Agen-Nérac le lundi 27 avril. Accompagné de la directrice de l'ARS, il a échangé avec les soignants sur les tensions aux urgences et en pédiatrie, avant de suivre un parcours patient.
Bruno André, préfet de Lot-et-Garonne depuis janvier 2026, s’est rendu au Centre hospitalier Agen-Nérac le lundi 27 avril. Accompagné de la directrice de l’ARS, il a échangé avec les soignants sur les tensions aux urgences et en pédiatrie, avant de suivre un parcours patient.
L’essentiel
- Visite le 27 avril 2026 : Bruno André, préfet du Lot-et-Garonne depuis janvier 2026, s’est rendu au CH Agen-Nérac.
- Délégation : Sophia Skrzypec (directrice de cabinet) et Aurélie Guillout (directrice départementale de l’ARS Nouvelle-Aquitaine) accompagnaient le préfet.
- CH issu d’une fusion : Le Centre hospitalier Agen-Nérac résulte de la fusion des CH d’Agen et de Nérac effective au 1er juillet 2016.
- Pédiatrie élargie : Selon le CH, le service prend en charge les enfants de 0 à 18 ans pour tout le Lot-et-Garonne, ainsi qu’une partie du Tarn-et-Garonne et du Gers, avec un pédiatre de garde 24h/24.
- Effectifs en hausse : Les hôpitaux du département comptaient 5 898 agents en 2023, contre 5 415 en 2020, soit +9% en trois ans (INSEE).
Une visite de terrain, pas une cérémonie
Le préfet Bruno André a rejoint le CH Agen-Nérac en milieu de semaine dernière. Pas d’inauguration, pas de coupure de ruban : la visite, annoncée sur le compte officiel de la préfecture sur X, était orientée échanges de fond avec les équipes médicales et soignantes.
Sophia Skrzypec, directrice de cabinet de la préfecture, et Aurélie Guillout, directrice départementale de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, accompagnaient le préfet. La présence de l’ARS signale que la visite ne relevait pas du simple geste protocolaire.
Urgences et pédiatrie : deux services sous pression
Les échanges ont porté sur le fonctionnement des services d’urgences et de pédiatrie, décrits par la préfecture comme des « maillons essentiels de la prise en charge des patients ». Les discussions ont abordé l’accès aux soins dans le département, les tensions d’activité, les défis humains et logistiques, la vétusté de certains locaux et un projet immobilier en cours, selon le compte Instagram officiel du CH.
Le service de pédiatrie couvre un territoire étendu : selon le CH Agen-Nérac, il prend en charge les enfants de 0 à 18 ans pour l’ensemble du Lot-et-Garonne, et déborde sur une partie du Tarn-et-Garonne et du Gers. Un pédiatre assure une garde 24h/24 pour les urgences pédiatriques. Cette organisation concentrée souligne le poids de l’établissement agenais dans la couverture sanitaire du sud-ouest du Massif Central.
La visite s’est terminée par un parcours patient aux urgences, une immersion dans le flux quotidien du service, documentée par le CH sur ses réseaux sociaux. Aucun bilan chiffré de l’activité des urgences n’a été communiqué à l’issue de la visite.
Un établissement né d’une fusion en 2016
Le CH Agen-Nérac est issu de la fusion des centres hospitaliers d’Agen et de Nérac, effective au 1er juillet 2016. La Cour des comptes a publié un rapport de suivi sur l’établissement, témoignant d’un intérêt des instances nationales pour sa trajectoire financière et organisationnelle. Les questions de vétusté des locaux évoquées lors de la visite s’inscrivent dans ce contexte post-fusion, où la rationalisation des infrastructures reste un chantier ouvert.
Sur la question des effectifs médicaux en tension, le gouvernement a récemment annoncé des mesures concernant les praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue), un sujet qui concerne directement les hôpitaux de taille intermédiaire comme celui d’Agen.
Contexte dans le Lot-et-Garonne
Le département comptait 332 226 habitants en 2022 selon l’INSEE, dont 51 364 âgés de 0 à 14 ans, soit 15,5% de la population. Ce poids démographique justifie le maintien d’une pédiatrie de recours en Lot-et-Garonne, dans un contexte national de fermetures ou de regroupements de services dans les hôpitaux de proximité.
Les effectifs hospitaliers départementaux ont progressé de 9% entre 2020 et 2023, passant de 5 415 à 5 898 agents (INSEE). Cette hausse ne suffit pas à effacer les tensions signalées, notamment aux urgences, qui cumulent des problèmes de recrutement médical et une sollicitation croissante faute d’alternative en médecine de ville.
Bruno André avait été décrit par La Dépêche du Midi en janvier 2026 comme « très opérationnel et très pragmatique ». Ce déplacement au CH s’inscrit dans une approche de terrain revendiquée dès sa prise de poste. Une démarche similaire a été observée dans d’autres préfectures de la région, où les représentants de l’État multiplient les visites d’établissements publics en difficulté.
Aucun annonce à l’issue de la visite
Ni la préfecture ni le CH Agen-Nérac n’ont communiqué de mesure concrète à l’issue de la visite du 27 avril. Les publications sur les réseaux sociaux évoquent des « échanges riches et constructifs autour des enjeux actuels du système de santé », sans détailler d’engagement chiffré ou de calendrier. Le projet immobilier en cours mentionné lors des échanges n’a pas été précisé publiquement à ce stade.
La prochaine étape reste à définir : aucune date de suivi ou de réunion de travail n’a été annoncée par les parties.