Manche : le préfet Lauch détaille les actions pour empêcher les noyades de migrants

Interviewé sur BFM le 30 avril, François-Xavier Lauch justifie les mesures anti-traversées par l'impératif de sauver des vies en mer

Manche : le préfet Lauch détaille les actions pour empêcher les noyades de migrants
Illustration Thomas Vandamme / info.fr

Le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch a défendu le 30 avril 2026 sur BFM Grand Littoral la politique d'empêchement des traversées irrégulières de la Manche. Sa ligne bloquer les départs pour éviter les noyades. En 2025, au moins 29 migrants sont morts en mer sur cette route.

Le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch a défendu le 30 avril 2026 sur BFM Grand Littoral la politique d’empêchement des traversées irrégulières de la Manche. Sa ligne : bloquer les départs pour éviter les noyades. En 2025, au moins 29 migrants sont morts en mer sur cette route.

L’essentiel

  • Déclaration : « Le fait d’empêcher les traversées, c’est pour éviter que des personnes se noient », a déclaré François-Xavier Lauch sur BFM le 30 avril 2026.
  • Démantèlements : 8 filières de passeurs démantelées depuis le début de 2026 dans le Pas-de-Calais, après 28 en 2025.
  • Drame du 9 avril 2026 : Quatre migrants morts noyés au large d’Équihen-Plage, emportés par les courants lors d’une tentative de montée sur un taxi-boat.
  • 43 tentatives : Recensées entre le 1er janvier et le 5 avril 2026 selon la préfecture.
  • 2025 : 49 966 migrants ont tenté la traversée, 25 morts ou disparus côté français.

« Pour éviter que des personnes se noient »

François-Xavier Lauch était l’invité de l’émission Nord Politiques sur BFM Grand Littoral et BFM Grand Lille le 30 avril 2026. Il a exposé sa doctrine face aux traversées irrégulières de la Manche, en insistant sur la dimension humanitaire du dispositif d’interception.

« Le fait d’empêcher les traversées, c’est pour éviter que des personnes se noient », a-t-il déclaré, selon BFM Littoral. Une formule qui résume la position officielle : la prévention des départs est présentée comme un acte de protection, et non uniquement comme une mesure de contrôle migratoire.

Nommé préfet du Pas-de-Calais en décembre 2025 - sa nomination a été publiée au Journal officiel le 3 décembre 2025, selon L’Observateur et Terres et Territoires - , Lauch succède à Laurent Touvet sur un poste exposé. Il hérite d’un territoire en première ligne depuis plusieurs années sur la question migratoire.

Le drame du 9 avril, point de bascule

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L’interview intervient trois semaines après un drame. Le 9 avril 2026, quatre migrants - deux hommes et deux femmes - sont morts noyés au large d’Équihen-Plage, dans le Pas-de-Calais. Ils tentaient de monter à bord d’un taxi-boat et ont été emportés par les courants, selon La Croix et Le Monde.

Sur place, lors d’un point-presse, le préfet avait été direct : « La responsabilité de ce nouveau drame revient aux passeurs, et c’est le cœur de notre action que de démanteler les réseaux de passeurs », déclarait-il selon La Croix.

Entre le 1er janvier et le 5 avril 2026, 43 tentatives de traversées irrégulières avaient été recensées dans le département, selon la préfecture citée par BFM Grand Littoral. Le drame du 9 avril est survenu peu après.

Huit filières de passeurs démantelées en 2026

Sur BFM, le préfet a mis en avant le travail de démantèlement conduit par ses services depuis le début de l’année.

Huit filières de passeurs ont été démantelées en 2026, a-t-il précisé. Ce chiffre s’inscrit dans la continuité des 28 démantèlements réalisés en 2025 dans le Pas-de-Calais, selon Nord Littoral. Le préfet n’a pas communiqué le nombre d’arrestations correspondantes ni les nationalités des réseaux concernés.

La lutte contre les passeurs est présentée comme le pivot de la stratégie. Le discours officiel distingue clairement les migrants - victimes des réseaux selon cette lecture - et les organisateurs des traversées, désignés comme responsables des morts.

Contexte dans le Pas-de-Calais

Le Pas-de-Calais est le principal point de départ des traversées irrégulières vers le Royaume-Uni depuis la France. Les petites embarcations ont remplacé les passages par camions, rendus beaucoup plus difficiles par le durcissement des contrôles depuis les années 1990. Selon Wikipédia et Le Monde, plus de 126 000 migrants ont atteint le Royaume-Uni par cette route entre 2018 et juin 2024.

En 2025, 49 966 migrants ont tenté la traversée à bord de 795 embarcations depuis les côtes françaises, soit une hausse d’environ 10 % par rapport à 2024, selon Mer et Marine et InfoMigrants. Les autorités françaises ont secouru 6 177 personnes. Le bilan humain côté français s’établit à 25 morts ou disparus, et à au moins 29 morts selon un comptage AFP intégrant les sources britanniques, selon Ouest-France et France 24.

Calais reste le centre névralgique du dispositif de surveillance, avec une présence policière permanente sur les plages et dans les campements. La pression sur les départs a augmenté avec l’approche de l’été, période où les conditions météorologiques sont statistiquement plus favorables aux tentatives - et, selon les associations, où les passeurs multiplient les embarquements.

Le plan national de prévention présenté à Brest fin avril 2026 par le gouvernement s’inscrit dans un contexte sécuritaire plus large, où plusieurs préfets sont mobilisés sur des dossiers d’ordre public complexes. Dans le Pas-de-Calais, la dimension humanitaire reste toutefois au premier plan.

Un discours entre prévention et fermeté

Le cadrage choisi par le préfet Lauch est cohérent avec la communication officielle observée depuis plusieurs années sur ce dossier : mettre en avant la protection des migrants pour justifier les entraves aux départs. Les associations de défense des droits contestent régulièrement cette lecture, estimant que les blocages poussent les candidats à la traversée vers des embarcations moins sûres et des passeurs plus dangereux. Ces positions n’ont pas été détaillées dans l’émission du 30 avril.

Le préfet n’a pas non plus précisé les moyens humains et matériels engagés en 2026, ni les résultats en termes de tentatives déjouées. Les chiffres disponibles - 43 tentatives entre janvier et début avril, 8 filières démantelées - restent partiels.

Pour les dispositifs de sécurité estivale déployés sur le littoral, la coordination entre préfectures, gendarmerie et services de secours sera déterminante dans les semaines à venir, à mesure que la saison avance.

La suite des opérations

Les démantèlements de filières doivent se poursuivre, selon les déclarations du préfet. La surveillance du littoral devrait s’intensifier avec l’été, période traditionnellement la plus active pour les tentatives de traversée. Aucune date ni objectif chiffré n’a été communiqué lors de l’émission du 30 avril.

Sources

Thomas Vandamme

Thomas Vandamme

Thomas est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Pas-de-Calais (62), avec Arras pour chef-lieu. Spécialité du département : premier port voyageurs Europe (Calais) et bassin minier UNESCO. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Hauts-de-France.

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