Première en Bretagne : une famille expulsée de son HLM rennais pour narcotrafic impliquant un mineur
Le tribunal judiciaire de Rennes a validé le 5 mai 2026 l'expulsion d'une mère et ses trois enfants du quartier du Blosne, après les condamnations répétées de son fils aîné de 17 ans pour trafic de cannabis.
Le tribunal judiciaire de Rennes a validé le 5 mai 2026 l'expulsion d'une famille monoparentale de son logement social du quartier du Blosne. Le fils aîné, 17 ans, a été condamné pour trafic de cannabis. C'est la première application en Bretagne de la loi anti-narcotrafic du 13 juin 2025.
Au 2 place de Monténégro, dans le quartier prioritaire du Blosne à Rennes, une famille composée d’une mère et de ses trois enfants - 17, 14 et 3 ans - devra quitter son logement social avant le 31 mars 2027. Le tribunal judiciaire de Rennes a rendu sa décision le 5 mai 2026 : le bail est résilié, l’expulsion est validée. Motif : l’implication répétée du fils aîné dans un trafic de drogue. Une première en Bretagne sous la loi anti-narcotrafic.
L’essentiel
- 5 mai 2026 : le tribunal judiciaire de Rennes valide l’expulsion de la famille de son HLM au 2 place de Monténégro, quartier du Blosne.
- 17 ans, 3 interpellations, 86 grammes : le fils aîné a été condamné en janvier 2025 à des travaux d’intérêt général pour détention de cannabis.
- Première régionale : c’est la première application en Bretagne de la loi anti-narcotrafic n°2025-532 du 13 juin 2025 pour une expulsion locative.
- 31 mars 2027 : délai accordé à la famille pour libérer les lieux avant toute expulsion forcée.
- Une vingtaine de dossiers : le préfet d’Ille-et-Vilaine, Franck Robine, a engagé autant de procédures similaires dans le département depuis janvier 2026.
Ce qui s’est passé au Blosne
Le fils aîné de la famille a été interpellé à trois reprises pour possession et vente de stupéfiants. En janvier 2025, il a été condamné à des travaux d’intérêt général (TIG) pour détention de 86 grammes de cannabis, selon Le Figaro et France 3 Bretagne. Ces antécédents judiciaires ont fondé la demande d’expulsion du logement social.
Le logement concerné se trouve au 2 place de Monténégro, dans le quartier du Blosne - l’un des secteurs classés en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) à Rennes. La décision du tribunal a été confirmée par plusieurs médias régionaux, dont Ouest-France et Le Télégramme.
La loi anti-narcotrafic, levier inédit pour le préfet
La procédure repose sur la loi n°2025-532 du 13 juin 2025, dite loi anti-narcotrafic. Ce texte permet au préfet de se substituer au bailleur social pour demander directement en justice la résiliation du bail d’un locataire dont un membre du foyer est impliqué dans le trafic de stupéfiants.
Le préfet d’Ille-et-Vilaine, Franck Robine, a activé ce dispositif dès janvier 2026. Depuis, une vingtaine de procédures d’expulsion similaires ont été engagées dans le département, selon Ouest-France et Le Télégramme. L’affaire du Blosne est la première à avoir abouti à une décision judiciaire favorable en Bretagne.
D’autres audiences sont prévues dans les prochains mois pour les dossiers restants, toujours devant le tribunal de Rennes.
Une famille monoparentale, un délai jusqu’en 2027
La mère, seule à la tête du foyer, devra reloger ses trois enfants mineurs - dont un de 3 ans - avant le 31 mars 2027. Le tribunal a accordé ce délai avant toute procédure d’expulsion forcée, selon Le Télégramme et Le Figaro. La question du relogement n’a pas été détaillée publiquement à ce stade par les autorités.
Cette situation illustre une tension inhérente au dispositif légal : la loi anti-narcotrafic vise les faits commis par un membre du foyer, y compris un enfant mineur, sans distinction de responsabilité des autres occupants. Le sujet fait écho à d’autres affaires de violences liées aux trafics dans des quartiers résidentiels, où la question des familles en périphérie du trafic se pose également.
Contexte dans l’Ille-et-Vilaine
Le quartier du Blosne concentre des indicateurs sociaux parmi les plus dégradés de Rennes. Selon les données du Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) et l’INSEE, il compte 11 809 habitants en 2024, avec un taux de pauvreté de 49 %. Ce taux est significativement supérieur à la moyenne rennaise.
À l’échelle de la ville, 3 620 infractions liées aux stupéfiants ont été enregistrées en 2025, selon le procureur de Rennes cité par ici.fr. En Ille-et-Vilaine, 20 homicides ont été commis cette même année, dont 4 directement liés au trafic de drogue.
Des résultats opérationnels sont toutefois revendiqués par les forces de l’ordre : selon Ouest-France, le nombre de points de deal actifs à Rennes est passé de 32 en 2025 à 22 en 2026, grâce à une augmentation de 58 % des interpellations de trafiquants. Ce chiffre, issu d’une source unique, reste à corroborer.
Dans ce contexte, la mobilisation de la loi anti-narcotrafic s’inscrit dans une stratégie plus large portée par la préfecture. Le préfet Robine a fait de l’expulsion locative l’un des outils de pression sur les réseaux de trafic installés dans le parc social. Une approche qui soulève des questions sur le sort des familles concernées, notamment quand des enfants en bas âge sont impliqués - comme c’est le cas ici avec un enfant de 3 ans. Le rôle des préfets dans ce type de procédure rappelle les actions menées dans d’autres départements, comme les dispositifs de prévention portés par le ministère dans des villes comme Marseille.
Un précédent qui fait jurisprudence en Bretagne
Avant le 5 mai 2026, aucune expulsion locative pour narcotrafic impliquant un mineur n’avait abouti devant un tribunal breton depuis l’adoption de la loi en juin 2025, selon France 3 Bretagne et ici.fr. Les procédures avaient été lancées dès janvier 2026 en Ille-et-Vilaine, mais cette décision constitue la première validation judiciaire de la région.
Elle établit un précédent local : les autres dossiers ouverts par la préfecture seront examinés à l’aune de ce jugement. La question de l’équilibre entre répression du narcotrafic et protection des membres innocents d’un foyer - ici deux enfants de 14 et 3 ans - restera au cœur des débats à venir dans les prochaines audiences.
Prochaine étape : les audiences pour les autres dossiers engagés par le préfet Robine sont prévues dans les mois à venir devant le tribunal judiciaire de Rennes. La famille dispose jusqu’au 31 mars 2027 pour quitter les lieux.
Sources
- France 3 Bretagne : Trafic de stupéfiants : la justice confirme l'expulsion de toute une famille après la condamnation d'un mineur
- Ouest-France : Le fils de 17 ans impliqué dans le trafic de drogue à Rennes : sa famille bientôt expulsée de son logement social
- Le Télégramme : Une première en Bretagne : une famille expulsée de son logement social car le fils aîné est un trafiquant de drogue
- Le Figaro : La famille d'un mineur impliqué dans un trafic de drogue expulsée de son logement social en Bretagne