Procès Alicia Faye : Makkai clame son innocence, le sang confirme la piste Langhorne

Au troisième jour d'audience, l'accusé de complicité nie tout rôle, tandis que les experts confirment des traces biologiques accablantes pour l'accusé en fuite.

Procès Alicia Faye : Makkai clame son innocence, le sang confirme la piste Langhorne
Illustration Sylvie Tchangou / info.fr

La cour d'assises de Guyane a entendu Flaviano Makkai le 3 juin 2026. Accusé de complicité de meurtre dans la mort d'Alicia Faye, il nie avoir commandité le crime. Pendant ce temps, un expert en morphoanalyse confirme la présence de sang de la victime dans six zones de la voiture de Dane Langhorne, principal accusé et toujours en fuite.

L’essentiel

  • Ouverture du procès : la cour d’assises de Guyane juge l’affaire du 1er au 5 juin 2026, cinq ans après le meurtre d’Alicia Faye, 25 ans, abattue d’une balle dans la tête à Cayenne dans la nuit du 12 au 13 mars 2021.
  • Makkai à la barre : lors du 3e jour d’audience, Flaviano Makkai, accusé de complicité de meurtre avec récidive, a déclaré : « Je ne savais pas qu’elle existait » et rejette le rôle de commanditaire qui lui est attribué.
  • Traces de sang : un expert en morphoanalyse a confirmé la présence de sang d’Alicia Faye dans six zones de la voiture de Dane Langhorne, principal accusé, en fuite depuis octobre 2024.
  • Profil psychiatrique : une expertise décrit Makkai comme une personnalité antisociale, sans empathie et agressive ; Kildine Thiam et Dane Langhorne ne présentent, selon les experts, aucun trouble psychiatrique.
  • Accusé principal absent : Dane Langhorne, libéré pour vice de procédure par la Cour de cassation en octobre 2024, est sous mandat d’arrêt international.

Cinq ans après les faits, le procès s’ouvre à Cayenne

Le 13 mars 2021, Alicia Faye, Bordelaise de 25 ans en difficulté financière, est retrouvée morte d’une balle dans la tête à Cayenne. Elle transportait environ 25 000 euros destinés à un fournisseur local dans le cadre d’un trafic de cocaïne entre la Gironde et la Guyane, selon Le Parisien et Sud Ouest. Elle devait repartir avec de la drogue.

Le procès s’est ouvert le 1er juin 2026 devant la cour d’assises de Guyane, pour cinq jours d’audience. Au box : Flaviano Makkai (complicité de meurtre, récidive) et Kildine Thiam (compagne de Langhorne au moment des faits, accusée de vol aggravé des effets personnels de la victime), qui comparaît libre. Un troisième accusé, Stéphane Adaya, dealer bordelais, a été entendu en visioconférence. Au total, au moins 17 personnes ont été mises en examen dans l’ensemble de l’affaire, selon Guyane La 1ère.

Makkai à la barre : « Je ne savais pas qu’elle existait »

Publicité

Le 3 juin 2026, troisième journée d’audience, Flaviano Makkai a été entendu par la cour. Devant les magistrats, il a rejeté toute responsabilité : « Je sais ce que vous pensez de moi. Depuis le début de cette affaire, on m’a désigné comme le commanditaire du meurtre d’Alicia Faye alors que je ne savais pas qu’elle existait », a-t-il déclaré, selon France-Guyane.

L’expertise psychiatrique présentée à l’audience dresse un portrait sévère. Elle décrit Makkai comme une personnalité antisociale, en manque d’empathie et agressive, d’après Guyane La 1ère. En revanche, Kildine Thiam et Dane Langhorne ne présentent aucun trouble psychiatrique selon les mêmes experts.

Deux témoins ont également été entendus. Une ex-compagne de Makkai, 23 ans, présente à l’hôtel Amazonia le soir des faits, a livré une déclaration ambivalente : « Je pense qu’il est capable de faire ça mais je ne pense pas qu’il l’ait fait. » Une vendeuse de 26 ans, décrite comme mule pour Dane Langhorne, a indiqué ne pas connaître Makkai. Elle avait appelé Langhorne à 3h10 le matin du meurtre, selon Guyane La 1ère. Ce type d’audience, avec ses témoignages croisés, rappelle la complexité des procès aux assises où les témoins directs jouent un rôle central.

L’expert en sang contredit la version de Langhorne

L’un des moments clés de la troisième journée est venu d’un expert en morphoanalyse de sang. Ses conclusions sont formelles : les traces retrouvées dans six zones distinctes de la voiture de Dane Langhorne sont bien du sang d’Alicia Faye. Ces traces sont de contact, et non actives - ce qui contredit les déclarations de Langhorne. Du sang a également été relevé sur une de ses claquettes et sur la pédale d’accélérateur, selon Guyane La 1ère.

Ces éléments chargent lourdement le principal accusé, qui est pourtant absent. Langhorne avait été arrêté, puis libéré en octobre 2024 après une décision de la Cour de cassation pour vice de procédure. Depuis, il est en fuite. Un mandat d’arrêt international a été émis à son encontre. Il était la dernière personne connue à avoir vu Alicia Faye vivante.

Le père d’Alicia Faye, présent depuis le premier jour

Bernard Faye, père de la victime, est venu de Gironde pour assister à chaque audience. Partie civile, il porte un tee-shirt à l’effigie de sa fille. Dès le premier jour, il a déclaré : « Je suis venu pour honorer ma fille », selon France-Guyane. Lors de la présentation des photos du corps, il a interpellé deux femmes dans le public : « Ça vous fait rire, c’est ma fille que vous avez assassinée. »

Kildine Thiam, dont la mère a été entendue comme témoin - avec des déclarations jugées hésitantes et contradictoires - , comparaît libre tout au long du procès.

Contexte en Guyane

L’affaire Alicia Faye illustre une réalité documentée en Guyane : le département est une plaque tournante du trafic de cocaïne entre l’Amérique du Sud, les Antilles et la métropole. Les filières impliquent régulièrement des individus recrutés hors du territoire, souvent en situation de vulnérabilité économique. Le meurtre d’une jeune femme originaire de Gironde, attirée dans ce circuit, a suscité une couverture nationale - Le Parisien, Sud Ouest, France 3 - rare pour un homicide commis dans ce département. La procédure judiciaire, marquée par la libération de Langhorne pour vice de procédure et sa fuite, a par ailleurs alimenté des interrogations sur la solidité du dossier d’instruction, selon les médias locaux. Des enjeux comparables en matière de lutte contre les réseaux de deal sont régulièrement soulevés dans d’autres juridictions françaises.

Verdict attendu le 5 juin

Le procès doit s’achever le 5 juin 2026. La cour devra se prononcer sur les rôles exacts des accusés présents, en l’absence du principal mis en cause. La question du commanditaire reste au cœur des débats - et sans réponse tranchée à ce stade. La mère de Kildine Thiam doit encore être confrontée à ses propres contradictions dans les dernières audiences, selon Guyane La 1ère.

Sources

Sylvie Tchangou

Sylvie Tchangou

Sylvie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Guyane (973), avec Cayenne pour chef-lieu. Spécialité du département : Centre spatial Kourou et Amazonie française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

Publicité
Lien copié !
×