Procès d’Anasse Kazib : Jean-Luc Mélenchon présent au rassemblement de soutien devant le tribunal de Paris
Le leader de La France insoumise s'est rendu au tribunal judiciaire de Paris le 25 juin pour soutenir le militant d'extrême gauche jugé pour apologie du terrorisme.
Jean-Luc Mélenchon était présent jeudi 25 juin 2026 devant le tribunal de Paris pour soutenir Anasse Kazib, jugé pour apologie du terrorisme. Le procès a été suspendu après le dépôt d'une question prioritaire de constitutionnalité.
L’essentiel
- Fait 1 : Jean-Luc Mélenchon s’est rendu au tribunal de Paris le 25 juin 2026 pour soutenir Anasse Kazib, jugé pour apologie du terrorisme.
- Fait 2 : Le procès a été suspendu après la transmission d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) à la Cour de cassation.
- Fait 3 : Près de 1 000 personnes étaient rassemblées sur le parvis du tribunal, porte de Clichy.
- Fait 4 : Anasse Kazib, candidat déclaré à la présidentielle de 2027, encourt jusqu’à sept ans de prison.
Un procès sous haute tension
Jeudi 25 juin 2026, le tribunal judiciaire de Paris, porte de Clichy, a ouvert le procès d’Anasse Kazib pour apologie du terrorisme. Le militant d’extrême gauche, porte-parole du mouvement Révolution Permanente et cheminot SUD-Rail, comparaissait devant la 24e chambre correctionnelle. La justice lui reproche des tweets publiés le 7 octobre 2023, le jour de l’attaque du Hamas contre Israël. Il y qualifiait l’État hébreu d’« État sanguinaire » et exprimait son soutien à la « résistance palestinienne ».
Dès l’ouverture de l’audience, les débats ont été interrompus. La défense a déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) contestant la définition légale du délit d’apologie du terrorisme. Selon plusieurs médias présents, la QPC a été transmise à la Cour de cassation, entraînant la suspension immédiate du procès. La date de la prochaine audience n’a pas encore été fixée.
Jean-Luc Mélenchon prend la parole
Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a fait le déplacement pour soutenir le prévenu. Arrivé en milieu de matinée, il a pris la parole devant les manifestants rassemblés sur le parvis, dénonçant selon les témoignages une « criminalisation des voix qui soutiennent la Palestine ». Présent une partie de la matinée, il a ensuite quitté les lieux sans s’attarder. Sa venue a été relayée en direct sur les réseaux sociaux.
Le journaliste Yann Barte, présent sur place, a tweeté : « Devant le tribunal de Paris, #Mélenchon est donc venu soutenir Anasse #Kazib et son groupuscule pro Hamas #RévolutionPermanente. »
Une plainte de l’association Jeunesse Française Juive
La procédure a été déclenchée par une plainte déposée en janvier 2024 par l’association Jeunesse Française Juive. Celle-ci estimait que les propos du militant tombaient sous le coup de la loi sur l’apologie du terrorisme, article 421-2-5 du code pénal. Le délit est puni de sept ans d’emprisonnement et de 100 000 euros d’amende. Un second militant et journaliste de Révolution Permanente est également poursuivi dans le cadre de la même affaire, selon Lutte Ouvrière.
Un procès reporté, une candidature présidentielle
Initialement prévu en juin 2025, le procès avait été reporté d’un an, invoquant un calendrier d’audience surchargé. Ce délai a permis à Anasse Kazib de se présenter comme candidat à l’élection présidentielle de 2027, annonce faite le 1er juin 2026 sous les couleurs de Révolution Permanente. Une déclaration qui ajoute une dimension politique à une affaire judiciaire déjà très médiatisée.
Rassemblement de près de 1 000 personnes
Un rassemblement de soutien s’est tenu sur le parvis du tribunal, rassemblant entre 800 et 1 000 personnes selon les organisateurs de Révolution Permanente. Des militants de La France insoumise, du NPA et d’autres formations d’extrême gauche étaient présents. Les slogans dénonçaient une « justice politique » et appelaient à la « libération de tous les prisonniers politiques palestiniens ». Le calme a été maintenu, aucun incident notable n’a été signalé par la préfecture de police.
Contexte dans le 75 (Paris)
Ce procès s’inscrit dans une série de poursuites pour apologie du terrorisme visant des militants propalestiniens à Paris. Depuis les attaques du 7 octobre 2023, le parquet de Paris a ouvert plusieurs enquêtes pour des propos tenus sur les réseaux sociaux ou lors de manifestations. La capitale, épicentre des rassemblements de soutien à la Palestine, reste un lieu de forte tension politique sur ce sujet. Le 75-Paris concentre également l’activité des associations comme la Jeunesse Française Juive, très actives dans le dépôt de plaintes.
Le tribunal judiciaire de Paris, situé porte de Clichy dans le 17e arrondissement, est le plus grand de France. Ce type d’affaire y est fréquent, mais la présence d’une figure nationale comme Jean-Luc Mélenchon et la candidature présidentielle du prévenu lui donnent une dimension exceptionnelle.
Prochaine étape
La Cour de cassation doit désormais se prononcer sur la recevabilité de la QPC. Si elle est jugée sérieuse, le Conseil constitutionnel pourrait être saisi. En attendant, le procès reste suspendu. Aucune nouvelle date d’audience n’a été annoncée. La défense espère une décision rapide pour éviter un nouveau report.