Procès en appel de Bastia-Poretta : la défense d’Ange-Marie Michelosi le présente comme une victime
Me Emmanuel Molina a plaidé le 30 juin 2026 à Aix-en-Provence pour son client, accusé de complicité d’assassinat. Il a insisté sur les drames familiaux non résolus qui ont frappé l’accusé.
Au procès en appel du double assassinat de l’aéroport de Bastia-Poretta, la défense d’Ange-Marie Michelosi a plaidé le 30 juin. L’avocat a présenté son client comme une victime de faits criminels non élucidés.
L’essentiel
- 30 juin 2026 : plaidoirie de Me Emmanuel Molina devant la cour d’assises d’appel d’Aix-en-Provence pour Ange-Marie Michelosi.
- 28 ans requis : l’avocat général a demandé cette peine pour complicité d’assassinat en bande organisée.
- Assassinats familiaux : le père de l’accusé a été tué en 2008, sa tante en 2011, deux crimes non élucidés.
Une défense qui retourne le réquisitoire
Me Emmanuel Molina a plaidé ce 30 juin devant la cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône. Son client, Ange-Marie Michelosi, 41 ans, est accusé de complicité d’assassinat en bande organisée dans le cadre du double meurtre de l’aéroport de Bastia-Poretta, le 5 décembre 2017. L’avocat général a requis 28 ans de réclusion criminelle. Mais la défense a choisi une autre stratégie : présenter Michelosi non comme un criminel, mais comme une victime de drames familiaux jamais résolus.
« Ange-Marie Michelosi est avant tout victime de faits criminels non élucidés », a argué son avocat, reprenant la formule déjà utilisée lors du premier procès. Selon Corse-Matin, Me Molina a tenté de déplacer le regard sur les traumatismes subis par l’accusé bien avant la fusillade de l’aéroport.
Deux assassinats dans la famille
Le 9 juillet 2008, le père d’Ange-Marie Michelosi, également prénommé Ange-Marie, est abattu. L’enquête n’a jamais abouti. Trois ans plus tard, en 2011, sa tante est tuée de huit balles dans le dos. Deux homicides restés impunis. « Personne n’a été jugé pour ces morts », a rappelé Me Molina, cité par nos confrères. La défense a insisté sur le poids de ces drames dans le parcours de l’accusé, présenté comme « une vie marquée par la violence subie ».
Le journaliste Benoît Kemmet a également rapporté cette ligne de défense sur X : « Ange-Marie Michelosi est avant tout victime de faits criminels non élucidés, argue son avocat au procès en appel du double assassinat de Bastia-Poretta ».
Un second procès sous haute surveillance
Ce procès en appel a débuté le 4 mai 2026 devant la cour d’assises spéciale, composée de magistrats professionnels sans jury populaire. Il concerne onze accusés, dont Christophe Guazzelli, considéré comme le commanditaire présumé. La perpétuité a été requise contre lui le 25 juin 2026. Le verdict global est attendu le 3 juillet.
Le 5 décembre 2017, Jean-Luc Codaccioni et Antoine Quilichini, deux figures du banditisme corse, sont abattus à l’aéroport de Bastia-Poretta. Ange-Marie Michelosi est accusé d’avoir participé à la logistique. Lors du premier procès, en juin 2024, il avait été condamné à une lourde peine - dont le montant n’a pas été précisé dans nos sources.
Contexte dans la Haute-Corse
Ce dossier judiciaire est l’un des plus emblématiques du grand banditisme insulaire. En Haute-Corse, les règlements de comptes ont marqué l’histoire récente, avec une série d’assassinats non élucidés. L’affaire Poretta, par son retentissement, a mobilisé l’opinion et les forces de l’ordre. Le département de 2B compte environ 180 000 habitants ; Bastia, préfecture, vit au rythme de ces procès médiatiques. La question des « morts sans justice » reste sensible, comme le souligne la défense de Michelosi. Selon les chiffres de l’INSEE, le taux d’homicides en Corse reste supérieur à la moyenne nationale, même si la tendance est à la baisse depuis 2020.
L’avocat général a requis 28 ans contre Michelosi. La cour rendra sa décision dans deux jours. En attendant, la défense espère que le parcours de son client sera entendu comme celui d’un homme brisé par des tragédies familiales jamais élucidées. Corse-Matin suivait l’audience de près.
Prochaine étape : le verdict le 3 juillet 2026.