Procès Bastia-Poretta : Guazzelli avoue et révèle sa passion pour son père
Au 3e jour du procès en appel à Aix-en-Provence, l'accusé endosse seul la responsabilité des deux meurtres de 2017 et évoque Francis, son père assassiné en 2009.
Christophe Guazzelli a pris la parole au troisième jour du procès en appel du double assassinat de l'aéroport de Bastia-Poretta. Il a endossé pleinement la responsabilité des deux homicides et confié que sa véritable passion était son père, tué en 2009. Le procès se tient devant la cour d'assises spéciale des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence.
Christophe Guazzelli a pris la parole au troisième jour du procès en appel du double assassinat de l’aéroport de Bastia-Poretta. Il a endossé pleinement la responsabilité des deux homicides et confié que sa véritable passion était son père, tué en 2009. Le procès se tient devant la cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence.
L’essentiel
- Double meurtre : Jean-Luc Codaccioni, 54 ans, et Antoine Quilichini, 49 ans, abattus sur le parking de l’aéroport de Bastia-Poretta le 5 décembre 2017.
- 11 accusés : Le procès en appel s’est ouvert le 4 mai 2026 à Aix-en-Provence devant une cour d’assises spéciale sans jury populaire, composée uniquement de magistrats professionnels.
- Aveu : Christophe Guazzelli, 34 ans, a déclaré « J’ai une responsabilité de culpabilité que je porte seul », reconnaissant les deux homicides volontaires.
- Première instance : En 2024, Guazzelli avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle avec 20 ans de sûreté, lors d’un procès chaotique où la plupart des accusés avaient refusé de comparaître.
- Durée : Le procès en appel doit durer jusqu’au 3 juillet 2026, date prévue du verdict.
Troisième jour d’audience : la parole de Guazzelli
Lors des premiers jours du procès en appel, Christophe Guazzelli a rompu avec le silence qu’il avait gardé en première instance. Devant la cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône, il a reconnu être l’auteur des deux homicides volontaires commis sur le parking de l’aéroport de Bastia-Poretta le 5 décembre 2017. Selon France Bleu Corse et La Provence, il a déclaré : « J’ai une responsabilité de culpabilité que je porte seul. »
Au troisième jour d’audience, le 6 mai 2026, ses propos ont pris une tournure plus personnelle. Interrogé sur ses motivations, il a confié selon Corse Matin : « Ma passion, ce n’était pas le foot, c’était mon père. » Cette déclaration renvoie directement à la figure de Francis Guazzelli, son père, membre présumé du gang de la Brise de Mer, assassiné à Bastia en 2009.
Le mobile : une vendetta familiale de dix-huit ans
Selon les éléments retenus par les médias couvrant le procès, le double meurtre de 2017 s’inscrit dans une longue séquence de vendettas entre clans corses. Jean-Luc Codaccioni et Antoine Quilichini, figures du clan Germani liées au grand banditisme corse, ont été exécutés par balles sur le parking de l’aérogare. Le mobile retenu est la vengeance pour l’assassinat de Francis Guazzelli, père de Christophe, tué en 2009 à Bastia, selon France 3 Corse et RTL.
Les frères Christophe et Richard Guazzelli ont témoigné de l’impact de cette mort. Ils ont déclaré à propos de leur père : « Il est mort assassiné par des lâches », selon France 3 Corse. Ange-Marie Michelosi, autre accusé, a également évoqué le meurtre de son propre père, tué en 2008, dans un contexte similaire de règlements de comptes interclaniques. Ces témoignages dessinent un arrière-plan de violence transgénérationnelle qui traverse le dossier.
Un aveu inédit face à la cour
En première instance en 2024, Christophe Guazzelli avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle avec 20 ans de sûreté pour assassinats en bande organisée, selon BFM TV. Le procès s’était déroulé dans un contexte chaotique : la majorité des accusés avait refusé de comparaître. Guazzelli lui-même était resté silencieux.
En appel, il adopte une posture radicalement différente. Il reconnaît les faits, mais conteste la qualification de « bande organisée », selon Le Nouvel Obs et RTL. Cette nuance est juridiquement déterminante : elle influe sur le quantum de peine et engage la responsabilité des coaccusés. Cette stratégie de plaidoirie distincte selon les accusés est courante dans les dossiers à multiples prévenus.
Des conditions carcérales qualifiées d’« atroces »
Guazzelli a également pris la parole sur sa détention. Selon France 3 Corse, il a déclaré : « Ce n’est pas dur, c’est atroce », décrivant ses conditions d’incarcération et leur impact sur lui depuis la mort de son père. Les raisons précises de ces conditions n’ont pas été détaillées lors de l’audience selon les informations disponibles.
Il a aussi évoqué la brutalité de la disparition de Francis Guazzelli, décrivant une enfance marquée par la violence du milieu dans lequel évoluait son père. Ces éléments biographiques font partie de la stratégie de présentation de la personnalité des accusés, phase habituelle des assises criminelles.
Contexte en Haute-Corse
Le double assassinat de Bastia-Poretta reste l’un des faits de violence organisée les plus marquants de la décennie en Haute-Corse. L’aéroport de Poretta, principale infrastructure aéroportuaire du département et porte d’entrée de l’île pour des millions de voyageurs chaque année, avait été le théâtre d’une exécution à l’arme à feu en plein jour, le 5 décembre 2017.
Le contexte clanique qui entoure cette affaire s’inscrit dans une série de règlements de comptes documentés depuis les années 2000 en Corse, impliquant notamment le gang de la Brise de Mer et le clan Germani, selon Wikipedia et France 3 Corse. La Haute-Corse est régulièrement exposée à ce type de contentieux judiciaires à fort retentissement, traités en dehors de l’île - ici à Aix-en-Provence - pour garantir l’impartialité des magistrats. Le procès, sans jury populaire, est composé exclusivement de magistrats professionnels, une procédure réservée aux affaires de criminalité organisée.
L’affaire dite du « Baiser de la mort » - surnom donné par la presse à ce dossier - mobilise depuis 2017 des ressources judiciaires considérables. Onze accusés sont renvoyés devant la cour en appel, dont Jacques Mariani, qui selon France 3 Corse a refusé d’être extrait de sa cellule à l’ouverture du procès le 4 mai 2026. Dans un autre registre judiciaire, certaines affaires criminelles connaissent des issues inattendues en appel, illustrant la complexité des procédures de rejugement.
Un procès de deux mois, verdict au 3 juillet
Le calendrier judiciaire prévoit des audiences jusqu’au 3 juillet 2026, date à laquelle un verdict est attendu, selon Corse Matin et France 3 Corse. La durée - deux mois - reflète la complexité du dossier : onze accusés, des qualifications multiples, et des faits qui remontent à des vendettas datant de plus de quinze ans. La parole de l’ensemble des accusés est attendue dans les semaines à venir. D’autres affaires criminelles en cours dans le sud de la France suivent également leur cours judiciaire en ce début mai 2026.
La prochaine étape : la poursuite des auditions des accusés et des témoins, avant les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense, dont les dates n’ont pas encore été communiquées.
Sources
- Corse Matin : Ma passion, ce n'était pas le foot, c'était mon père, confie Christophe Guazzelli
- France 3 Corse : Direct - Procès en appel du double assassinat de Bastia-Poretta
- RTL : Christophe Guazzelli endosse toute la responsabilité du double homicide
- La Provence : Christophe Guazzelli avoue porter seul la culpabilité des meurtres