Reims : relaxe de l’automobiliste qui avait traîné une chienne sur 500 mètres
Le tribunal correctionnel de Reims a acquitté le prévenu le 4 mai 2026, retenant l'accident involontaire malgré les réquisitions du parquet
Un automobiliste de 29 ans a été relaxé le 4 mai 2026 par le tribunal correctionnel de Reims après avoir traîné une chienne malinois de 6 mois sur environ 500 mètres derrière son véhicule. La décision suscite une vive indignation des associations de protection animale, parties civiles au procès.
Un automobiliste de 29 ans a été relaxé le 4 mai 2026 par le tribunal correctionnel de Reims après avoir traîné une chienne malinois de 6 mois sur environ 500 mètres derrière son véhicule. La décision suscite une vive indignation des associations de protection animale, parties civiles au procès.
L’essentiel
- Les faits : Dans la nuit du 19 au 20 mars 2026, vers 3h30, une chienne malinois de 6 mois nommée Romy a été traînée sur environ 500 mètres derrière une Volkswagen T-Cross dans le quartier Wilson à Reims.
- Les blessures : L’animal a subi de multiples plaies au postérieur et aux pattes, les coussinets arrachés ; elle a été soignée puis confiée à un refuge avant adoption.
- La relaxe : Le tribunal a acquitté le prévenu le 4 mai 2026, retenant l’accident involontaire, malgré les réquisitions du parquet à 8 mois de prison ferme.
- Les preuves : Les faits ont été corroborés par des images de vidéosurveillance et un témoin oculaire décrivant une scène « horrible ».
- L’indignation : Plusieurs associations, dont Au Cœur des Animaux, constituées parties civiles, qualifient la décision de « scandaleuse ».
Une nuit de mars dans le quartier Wilson
Tout se déroule dans la nuit du 19 au 20 mars 2026, aux alentours de 3h30. Dans le quartier Wilson de Reims, des riverains alertent les secours : une chienne rebondit derrière une Volkswagen T-Cross roulant à vive allure, y compris à contresens, selon France 3 Régions. L’animal, une malinois de 6 mois prénommée Romy, est attachée ou coincée à l’arrière du véhicule. Elle sera traînée sur environ 500 mètres avant que le conducteur ne s’arrête.
Les caméras de vidéosurveillance de la ville captent la scène. Un témoin oculaire décrit les faits comme « horribles » et conteste, selon France 3, que le conducteur ait pu ignorer ce qui se passait derrière son véhicule. Romy est retrouvée avec de multiples plaies au postérieur et aux pattes, les coussinets arrachés. Elle est placée en urgence chez un vétérinaire, puis confiée à un refuge avant d’être adoptée, selon L’Union.
Le prévenu plaide l’accident, le parquet réclame 8 mois ferme
Le prévenu, Mustapha, 29 ans, comparaît le 4 mai 2026 devant le tribunal correctionnel de Reims pour actes de cruauté envers un animal. Sa défense repose sur un argument : il ignorait que Romy se trouvait dans le coffre de son véhicule. Selon les éléments rapportés par Ouest-France et L’Union, c’est son cousin qui aurait placé la chienne dans le coffre, décrit comme défectueux. La musique à fort volume dans l’habitacle aurait couvert les hurlements de l’animal.
Le parquet ne retient pas cette version. Il requiert 8 mois de prison ferme, estimant que les circonstances - vitesse du véhicule, distance parcourue, scène filmée par plusieurs caméras - rendent difficilement crédible l’ignorance totale du conducteur.
La relaxe et ses suites immédiates
Le tribunal correctionnel de Reims prononce la relaxe. Les juges retiennent le caractère involontaire des faits, écartant ainsi la qualification de cruauté délibérée envers un animal.
La décision provoque une réaction immédiate des associations de défense animale, plusieurs d’entre elles s’étant constituées parties civiles. Au Cœur des Animaux qualifie le jugement de « scandaleux ». Sur X, l’association a réagi dès l’annonce du verdict :
La décision alimente aussi un débat plus large sur l’application des textes. Un compte suivi dans la communauté juridique résume la frustration exprimée par plusieurs observateurs :
Un possible appel du parquet n’avait pas été confirmé à la date de publication de cet article.
Un précédent et des peines variables
Ce type d’affaire n’est pas sans précédent. En 2019, un octogénaire avait été condamné pour avoir traîné sa chienne berger allemand sur près d’un kilomètre derrière une camionnette, selon 30 Millions d’Amis. Ce cas illustre des variations dans l’application des peines pour des faits comparables devant les juridictions françaises.
La jurisprudence locale en matière de jugements sensibles montre régulièrement que la qualification retenue - intentionnelle ou non - détermine de façon décisive l’issue d’un procès. Dans l’affaire rémoise, c’est précisément sur ce point que la défense a emporté la conviction du tribunal.
Contexte dans la Marne
Reims est la principale ville de la Marne (51), avec environ 183 000 habitants. Le tribunal correctionnel de la ville traite régulièrement des affaires de maltraitance animale, un contentieux en progression sur l’ensemble du territoire national.
En 2025, la SPA a sauvé 3 626 animaux de la maltraitance en France, soit une hausse de 16 % par rapport à 2024, selon le bilan annuel de l’association. Ce chiffre reflète une augmentation des signalements, et non nécessairement de la répression judiciaire. Entre 2016 et 2018 déjà, les mis en cause pour maltraitance animale avaient progressé de 23 % en France, avec 80 % d’hommes impliqués, selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), cité par Santevet.
La loi de 2021 sur la condition animale a renforcé les peines encourues pour actes de cruauté. Mais plusieurs de ses décrets d’application n’avaient toujours pas été publiés en 2026, selon le site Savoir Animal, ce qui limite sa portée pratique devant les tribunaux. L’affaire de Reims relance ce débat sur l’écart entre le texte et son application effective. Des questions similaires sur l’effectivité des décisions judiciaires traversent d’autres procès médiatisés en ce moment.
La question de l’appel
Les associations parties civiles n’ont pas précisé, au moment de la rédaction de cet article, si elles entendaient former un recours. Le parquet de Reims n’a pas annoncé publiquement sa position sur un éventuel appel. La décision pourrait être soumise à la cour d’appel de Reims, compétente pour le ressort de la Marne, si l’une des parties engageait cette procédure dans les délais légaux.
Sources
- L'Union : Chienne traînée par une voiture à Reims : l'automobiliste relaxé
- Ouest-France : Reims. Relaxe pour l'automobiliste ayant traîné un chien sur des centaines de mètres
- France 3 Régions : Accusé d'avoir traîné un chien sur 500 mètres par une voiture, un homme relaxé
- 30 Millions d'Amis : L'homme qui avait traîné sa chienne à l'arrière d'une camionnette a été condamné