Procès Bastia-Poretta : Mariani refuse de comparaître, puis cède
Jacques Mariani a bloqué l'audience du 5 mai à Aix-en-Provence en refusant d'abord de quitter sa cellule, avant d'être extrait de force.
Le procès en appel du double assassinat de l'aéroport de Bastia-Poretta a débuté sous tension le 5 mai 2026 à Aix-en-Provence. Jacques Mariani, condamné à 10 ans en première instance, a refusé dans un premier temps d'être extrait de sa cellule, prétextant un problème auditif. Il a finalement comparu après une heure de retard.
Le procès en appel du double assassinat de l’aéroport de Bastia-Poretta a débuté sous tension le 5 mai 2026 à Aix-en-Provence. Jacques Mariani, condamné à 10 ans en première instance, a refusé dans un premier temps d’être extrait de sa cellule, prétextant un problème auditif. Il a finalement comparu après une heure de retard.
L’essentiel
- Double assassinat : Jean-Luc Codaccioni et Antoine Quilichini ont été tués le 5 décembre 2017 à l’aéroport de Bastia-Poretta.
- Procès en appel : ouvert le 4 mai 2026 à la cour d’assises d’Aix-en-Provence, sans jury populaire, jusqu’au 3 juillet 2026.
- 11 accusés rejugés, dont 9 détenus ; deux acquittés en première instance comparaissent sur appel du parquet.
- Mariani condamné à 10 ans en première instance (juin 2024) pour association de malfaiteurs en vue de commettre un crime.
- Retard d’une heure le 5 mai après le refus initial de Mariani d’être extrait, levé après sommation de la présidente.
Un refus initial, puis une extraction forcée
Ce mardi 5 mai 2026, la cour d’assises d’Aix-en-Provence devait entrer dans le vif des débats. Jacques Mariani, 58 ans, a d’abord refusé de quitter sa cellule, invoquant un problème auditif. Le transport des accusés détenus a accumulé un retard d’une heure, selon France 3 Corse.
La présidente de la cour a répondu fermement. Elle a averti l’ensemble des accusés : tout refus d’extraction serait suivi d’une extraction forcée. Les prévenus pourraient ensuite choisir de ne pas assister aux audiences, mais leur présence physique à l’ouverture ne serait pas négociable, précise France 3 Corse. Mariani a finalement été extrait et a comparu.
Ce que Mariani conteste - et ce qu’il admet
En première instance, en juin 2024, Jacques Mariani avait été condamné à 10 ans de prison pour association de malfaiteurs en vue de commettre un crime. En appel, il conteste les faits reprochés, à une exception près : la possession d’un téléphone PGP - un appareil de communication crypté - , selon Corse Matin.
Son co-accusé Christophe Guazzelli, présenté comme le maître d’œuvre et tireur présumé des deux homicides, a quant à lui reconnu les faits dès l’ouverture du procès en appel. Cathy Chatelain, autre accusée, a également reconnu sa participation, rapporte Corse Matin.
Un procès fleuve, sans jury populaire
Le procès en appel, ouvert le 4 mai 2026, doit durer jusqu’au 3 juillet 2026, soit deux mois d’audience. Il se tient sans jury populaire - une particularité des cours d’assises spécialement composées statuant sur le grand banditisme. Onze accusés sont rejugés, dont neuf détenus, selon France Bleu Corse.
Parmi eux, Joseph Menconi et François Marchioni, tous deux acquittés en première instance, comparaissent à nouveau après appel du parquet. En première instance, 13 condamnations avaient été prononcées, avec des peines comprises entre 3 et 30 ans de réclusion criminelle, selon Le Monde. Christophe Guazzelli avait écopé de la peine maximale.
Ce type de procès long et médiatisé mobilise des ressources judiciaires considérables. L’audience de ce lundi avait déjà été marquée par des tensions lors de l’ouverture.
L’affaire : un double meurtre à l’aéroport en 2017
Le 5 décembre 2017, Jean-Luc Codaccioni et Antoine Quilichini sont abattus à l’aéroport de Bastia-Poretta. Les deux hommes sont des figures connues du milieu corse. L’affaire s’inscrit dans une vendetta opposant le clan Guazzelli-Mariani au clan Germani, selon La Provence et Le Point : les assassinats auraient été motivés par la vengeance de la mort des pères des principaux accusés, attribuée au clan adverse.
Le premier procès, en 2024, avait déjà été qualifié de chaotique par plusieurs médias, plusieurs accusés refusant alors aussi de comparaître. Un écho direct à ce qui s’est reproduit ce mardi matin à Aix.
Contexte en Haute-Corse
La Haute-Corse (département 2B) est directement concernée par cette affaire : les victimes et les faits sont liés à Bastia, préfecture du département et principal pôle économique de l’île. L’aéroport de Bastia-Poretta est la première infrastructure aéroportuaire corse, avec plusieurs millions de passagers par an.
Le grand banditisme insulaire, structuré autour de réseaux familiaux anciens, fait l’objet d’un suivi judiciaire de longue date. Le gang de la Brise de mer, fondé dans les années 1970 par Francis Mariani, père de Jacques, a marqué plusieurs décennies de criminalité organisée en Corse, selon Le Nouvel Observateur et La Provence. Jacques Mariani cumule plusieurs dizaines d’années d’incarcération au total, selon France 3 Corse.
Le procès est instruit loin de l’île, à Aix-en-Provence, dans le ressort de la cour d’appel compétente. Ce déplacement de juridiction est courant pour les affaires de grand banditisme insulaire, afin de garantir l’impartialité de la cour. Des affaires similaires impliquant des incidents lors de procédures judiciaires ont également marqué l’actualité nationale ces dernières semaines.
Un passé judiciaire dense pour Mariani
Jacques Mariani n’en est pas à sa première confrontation avec la justice. Il a été condamné à plusieurs reprises pour des faits liés au banditisme corse depuis les années 2000, notamment pour association de malfaiteurs et projet d’assassinat, selon France 3 Corse et Le Parisien. Au total, il aurait cumulé 38 ans d’incarcération, selon France 3 Corse.
Son attitude ce mardi - refus initial, puis capitulation sous contrainte - rappelle le déroulement du premier procès. La défense n’a pas encore exposé publiquement sa stratégie pour l’ensemble des audiences à venir.
Les audiences doivent se poursuivre jusqu’au 3 juillet 2026 à Aix-en-Provence, avec l’examen progressif des rôles de chacun des onze accusés.
Sources
- France 3 Corse : DIRECT - Procès en appel du double assassinat de Bastia Poretta : L'un des accusés, Jacques Mariani, refuse d'être extrait de sa cellule
- Corse Matin : Double assassinat de Bastia-Poretta : la parole des accusés attendue lors d'un procès en appel sans jury populaire
- Corse Matin : Double assassinat de l'aéroport Bastia-Poretta : Christophe Guazzelli et Cathy Chatelain reconnaissent les faits
- Le Monde : Double assassinat Bastia-Poretta : 30 ans de réclusion criminelle pour le maître d'œuvre