Tête de porc à Nice : une affaire judiciaire et politique toujours en cours
Découverte le 27 février devant le domicile d'Estrosi, l'acte antisémite et xénophobe a empoisonné la campagne municipale niçoise.
Une tête de porc accompagnée d'une affiche antisémite déposée devant chez le maire de Nice : l'affaire, survenue fin février 2026, n'est toujours pas élucidée. Trois personnes ont été mises en examen. L'enquête du tribunal de Nice se poursuit.
Le 27 février 2026, une tête de porc coupée en deux a été découverte sur le portail du domicile de Christian Estrosi, maire de Nice. Une affiche accompagnait le dépôt : une photo de l’élu marquée d’une étoile de David et du mot « connard ». Le maire a qualifié l’acte d’« abject » et déposé plainte, selon Nice-Matin. Il a immédiatement mis en cause l’ultradroite gravitant autour du milliardaire Pierre-Édouard Stérin.
Trois mis en examen, des questions qui restent ouvertes
Le 6 mars 2026, deux hommes de nationalité tunisienne ont été interpellés, mis en examen pour violences aggravées envers un élu et provocation à la haine, et placés en détention provisoire, selon Le Figaro. Une semaine plus tard, le 13 mars, un ancien agent de la DST âgé de 79 ans était à son tour mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Il a déclaré avoir « raconté sa version à la magistrate », toujours selon Nice-Matin.
L’enquête a également révélé des contacts téléphoniques entre les deux premiers suspects et une proche collaboratrice de Christian Estrosi, orientant les investigations vers une possible manipulation interne à son camp, comme l’a rapporté France Info. Éric Ciotti, candidat UDR aux municipales, a condamné l’acte tout en évoquant une « barbouzerie » et en appelant à la méfiance face aux manipulations politiques. Des soupçons d’ingérence étrangère, notamment russe, ont également circulé en marge de l’enquête, selon Libération.
Une affaire qui a pesé sur les municipales
L’affaire a dominé les dernières semaines de la campagne électorale niçoise. Selon Libération, elle a contribué à la défaite de Christian Estrosi face à Éric Ciotti au second tour des municipales 2026. Le contexte général n’a rien arrangé : au niveau national, les crimes et délits à caractère raciste ont augmenté de 5 % en 2025, avec plus de 9 700 cas enregistrés en France, selon le ministère de l’Intérieur.
Sur X, le débat autour de la qualification judiciaire des faits reste vif. Certains comptes dénoncent le refus de retenir le mobile raciste dans d’autres affaires locales, illustrant une défiance plus large envers les institutions :
L’enquête se poursuit sans calendrier précis
Le procureur de Nice, Damien Martinelli, supervise les investigations sur les motivations et les commanditaires. Aucune date d’audience n’a été fixée publiquement à ce stade. Les questions sur l’origine réelle de la commande - ultradroite, manipulation interne, autre - restent sans réponse judiciaire définitive.
Des précédents de vandalisme impliquant des têtes de porc à caractère raciste existent en France, ciblant des lieux de culte musulmans ou juifs. Mais aucun cas similaire récent n’avait été signalé à Nice avant celui-ci, selon Le Monde.
Sources
- Le Monde : A Nice, une rocambolesque affaire de tête de cochon bouscule la fin de la campagne municipale
- Nice-Matin : « La justice dira la vérité » : Christian Estrosi vise « l'ultra-droite » de Pierre-Édouard Stérin
- France Info : Affaire de la 'tête de cochon' à Nice : qui tirait les ficelles ?
- Libération : Municipales 2026 : l'affaire de la tête de cochon, obsession de la campagne à Nice