Procès de Digne : le collectif « Huit mars toute l’année » campe devant le tribunal pour Laëtitia

Une quinzaine de militantes féministes se relaient chaque jour devant le Palais de Justice du 18 au 22 mai 2026

Procès de Digne : le collectif « Huit mars toute l'année » campe devant le tribunal pour Laëtitia
Illustration Sophie Garnier / info.fr

Depuis le 18 mai 2026, le collectif départemental « 8 mars toute l'année » tient une présence quotidienne devant la cour d'assises de Digne-les-Bains, où est jugé Guillaume B., ex-compagnon de Laëtitia R. Ce dernier est accusé de viols aggravés, actes de torture et proxénétisme sur sept ans. Le deuxième jour d'audience, Laëtitia R. a été applaudie à sa sortie par les militantes.

Depuis le 18 mai 2026, le collectif départemental « 8 mars toute l’année » tient une présence quotidienne devant la cour d’assises de Digne-les-Bains, où est jugé Guillaume B., ex-compagnon de Laëtitia R. Ce dernier est accusé de viols aggravés, actes de torture et proxénétisme sur sept ans. Le deuxième jour d’audience, Laëtitia R. a été applaudie à sa sortie par les militantes.

L’essentiel

  • Procès du 18 au 22 mai 2026 : Guillaume B., 51 ans, est jugé aux assises de Digne-les-Bains pour viols aggravés, actes de torture et proxénétisme aggravé sur Laëtitia R. pendant sept ans (2015-2022).
  • Rassemblement quotidien : le collectif « 8 mars toute l’année » se mobilise chaque jour de 12h30 à 18h00 devant le Palais de Justice ; une quinzaine de femmes étaient présentes dès le premier jour.
  • Collectif créé en 2023 : environ 200 sympathisants mobilisés lors du 8 mars 2026 à Château-Arnoux-Saint-Auban.
  • Laëtitia R. soutient l’initiative : selon Marianne, membre du collectif, la victime et son avocate approuvent le rassemblement.
  • 107 féminicides en France en 2024 : chiffre enregistré par les forces de sécurité, selon le gouvernement.

« Ce n’est pas une manifestation, c’est un soutien »

Pancartes « Justice et respect pour Laëtitia » et « La honte a changé de camp » levées, les militantes chantent l’hymne féministe MLF de 1971 - « Debout femmes esclaves et brisons nos entraves » - depuis le trottoir du Palais de Justice. Le dispositif est sobre et délibéré.

Marianne, membre du collectif, l’a précisé sur les antennes d’ICI Provence : « Ce n’est pas un appel à manifestation, c’est un appel à soutien. » Elle a également mis en garde contre toute stigmatisation des agresseurs : « Ce ne sont pas des monstres, ce sont des hommes de tous les jours. » Elle confirme que Laëtitia R. et son avocate soutiennent l’initiative.

Un procès public, voulu par la victime

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Guillaume B., 51 ans, ancien directeur d’agence bancaire à Manosque, comparaît pour des faits commis entre 2015 et 2022 : viols aggravés, actes de torture et de barbarie, et proxénétisme aggravé incluant des contraintes à des relations avec des inconnus et des animaux, selon BFM DICI et France Inter.

Laëtitia R., 42 ans, mère de quatre enfants, a refusé le huis clos. Elle souhaite que « la honte change de camp », dans la lignée du procès Pelicot-Mazan. Ce choix a largement orienté la couverture médiatique de l’affaire, qualifiée de procès des viols de Manosque par plusieurs médias régionaux.

Le 19 mai, à l’issue de la deuxième journée d’audience, Laëtitia R. a été applaudie à sa sortie par des membres du collectif, dont Marie-Claire. Selon Le Dauphiné Libéré, l’accusé Guillaume B. a fondu en larmes face à l’un de ses enfants, lequel a déclaré ne plus vouloir le voir.

Un collectif ancré dans le département depuis 2023

Le collectif « 8 mars toute l’année » a été fondé en 2023. Le 8 mars 2026, il réunissait environ 200 sympathisants à Château-Arnoux-Saint-Auban, selon La Provence. Le groupe a également interpellé le maire de Manosque sur un spectacle jugé sexiste.

Pour ce procès, le CIDFF 04 (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles des Alpes-de-Haute-Provence) a relayé l’appel au rassemblement et apporte son soutien à Laëtitia R. Le collectif avait sollicité des présences bien au-delà de ses membres habituels.

Contexte dans les Alpes-de-Haute-Provence

Digne-les-Bains, préfecture du département, compte 17 694 habitants selon l’INSEE (recensement 2022), dont 9 511 femmes. La cour d’assises y concentre les affaires criminelles du département.

Dans un territoire rural de faible densité, les structures d’accompagnement des victimes de violences - CIDFF 04 en tête - jouent un rôle de premier plan. Le contexte national pèse : les forces de sécurité ont enregistré 107 féminicides en France en 2024, dont une majorité dans le cadre conjugal, selon le gouvernement (arretonslesviolences.gouv.fr).

Des procès comparables dans d’autres départements ont montré l’impact des mobilisations civiques sur la visibilité des affaires de violences conjugales graves. À Strasbourg, des violences faites aux femmes alimentent régulièrement l’actualité judiciaire régionale. À Fort-de-France, des procédures en marge de mobilisations ont elles aussi mis en lumière le rôle des collectifs dans l’espace judiciaire.

Cinq jours d’audience, jusqu’au 22 mai

Le procès se tient jusqu’au vendredi 22 mai 2026. Le collectif « 8 mars toute l’année » maintient sa présence chaque après-midi (12h30-18h00) devant le Palais de Justice de Digne-les-Bains. Le verdict est attendu en fin de semaine.

Sources

Sophie Garnier

Sophie Garnier

Sophie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Alpes-de-Haute-Provence (04), avec Digne-les-Bains pour chef-lieu. Spécialité du département : Verdon, ITER (fusion nucléaire) et lavanderaies de Valensole. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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