Procès ‘Le H’ à Paris : recruteur d’ados tueurs jugé pour commandites depuis sa cellule

Hacène L., 24 ans, membre présumé de la DZ Mafia, comparaît depuis le 11 mai 2026 pour avoir orchestré plusieurs assassinats via Snapchat depuis la prison

Procès 'Le H' à Paris : recruteur d'ados tueurs jugé pour commandites depuis sa cellule
Illustration Julie Renault / info.fr

Hacène L., dit 'Le H', 24 ans, est jugé depuis ce lundi 11 mai 2026 devant la cour d'assises de Paris. Incarcéré depuis 2021, il est accusé d'avoir commandité plusieurs meurtres depuis sa cellule, dont celui d'un chauffeur VTC marseillais tué par un adolescent de 14 ans recruté via Snapchat pour 50 000 euros.

Hacène L., dit ‘Le H’, 24 ans, est jugé depuis ce lundi 11 mai 2026 devant la cour d’assises de Paris. Incarcéré depuis 2021, il est accusé d’avoir commandité plusieurs meurtres depuis sa cellule, dont celui d’un chauffeur VTC marseillais tué par un adolescent de 14 ans recruté via Snapchat pour 50 000 euros.

L’essentiel

  • Procès ouvert le 11 mai 2026 : Hacène L., 24 ans, comparaît devant la cour d’assises de Paris pour commandite de meurtres.
  • Victime innocente : Nessim Ramdane, chauffeur VTC de 36 ans et père de trois enfants, tué le 4 octobre 2024 à Marseille - mauvaise cible.
  • Tueur recruté à 14 ans : un adolescent des Yvelines embauché via Snapchat pour 50 000 euros afin d’exécuter un rival de la DZ Mafia.
  • Incarcéré depuis mai 2021 : Hacène L. aurait orchestré plusieurs assassinats ou tentatives depuis sa cellule, dont un tir raté à Marseille en juin 2023.
  • 85 % des meurtres commandités depuis prison : selon Le Parisien, en 2023, cette proportion s’appliquait aux homicides liés au narcotrafic à Marseille.

Un assassinat commandité depuis les barreaux

Le 4 octobre 2024, un adolescent de 14 ans originaire des Yvelines tire et tue un homme à Marseille. Sa cible : un trafiquant concurrent de la DZ Mafia. Sa victime réelle : Nessim Ramdane, 36 ans, chauffeur VTC, père de trois enfants. Erreur de cible.

Le commanditaire présumé de cet assassinat est Hacène L. Il est alors déjà incarcéré depuis mai 2021. Selon Mediapart, il aurait promis 50 000 euros au gamin, contacté via Snapchat, pour liquider un rival au sein du réseau marseillais.

Après l’erreur, Hacène L. a lui-même appelé la police depuis sa cellule pour dénoncer le tireur, selon Le Parisien. L’adolescent a été interpellé dans la foulée. Cette séquence - recruter, rater, dénoncer - résume à elle seule la logique froide de l’affaire.

Qui est Hacène L., dit ‘Le H’ ?

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Selon France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur et Le Dauphiné Libéré, Hacène L. est enfant de la DASS depuis l’âge de 13 ans. Il se réclame membre de la DZ Mafia et est incarcéré depuis mai 2021. À 24 ans, il est présenté à l’audience comme un recruteur au profil atypique : opérant uniquement via les réseaux sociaux, sans jamais mettre les pieds sur les scènes de crime.

BFMTV a révélé une phrase de l’accusé qui donne le ton de l’audience : « Moi, la criminalité, je ne l’ai pas subie, je l’ai choisie. » Il est accusé d’avoir orchestré plusieurs assassinats ou tentatives, dont un tir raté à Marseille dès juin 2023, toujours depuis sa cellule, selon Le Dauphiné Libéré.

Snapchat et TikTok comme outils de recrutement

Le cas du mineur des Yvelines n’est pas isolé. Selon France Info et Europe 1, la DZ Mafia et d’autres réseaux marseillais recrutent des adolescents dès 12-14 ans via Snapchat et TikTok - pour des missions allant du guet à la vente de drogue, jusqu’à des exécutions.

La promesse d’argent rapide et le sentiment d’appartenance à un groupe structuré jouent un rôle central dans ce recrutement, selon ces mêmes sources. La violence dans les grandes villes françaises implique de plus en plus des profils très jeunes, un phénomène documenté par plusieurs enquêtes judiciaires récentes.

Le mineur des Yvelines - ni marseillais, ni issu du milieu local - illustre l’extension géographique de ce recrutement. Les gangs ne cherchent plus seulement dans leurs propres quartiers.

Contexte dans le département de Paris

Si les faits se sont produits à Marseille, c’est à Paris - devant la cour d’assises spéciale - que le dossier est jugé. Cette centralisation judiciaire s’explique par la dimension criminelle organisée de l’affaire et la compétence des juridictions parisiennes en matière de grand banditisme.

Le procès s’inscrit dans une séquence judiciaire plus large. Les grandes affaires criminelles et politiques sont régulièrement renvoyées devant les juridictions parisiennes, qui concentrent les pôles spécialisés en crime organisé et narcotrafic. La capitale est ainsi le théâtre d’une audience qui concerne d’abord Marseille et sa périphérie.

En France, le marché du trafic de stupéfiants représentait 3 milliards d’euros en 2023, selon la Cour des comptes - un chiffre cité dans un rapport de novembre 2024. Ce volume alimente directement des structures comme la DZ Mafia, active dans les quartiers nord de Marseille depuis 2011, selon Wikipedia.

La DZ Mafia : des prisons comme quartier général

Le phénomène de commandites depuis les prisons n’est pas nouveau à Marseille. Selon Le Parisien, en 2023, environ 85 % des meurtres liés au narcotrafic dans la cité phocéenne avaient été ordonnés depuis des cellules. Une enquête de France Info sur les prisons des Bouches-du-Rhône confirme cette réalité structurelle.

La DZ Mafia a franchi un cap supplémentaire en 2025 : selon Wikipedia et La Provence, un de ses membres présumés, Imran A., aurait orchestré des attaques contre des établissements pénitentiaires français - ordres donnés en direct par téléphone depuis sa cellule.

Le cas Hacène L. s’inscrit dans cette logique : l’incarcération ne coupe pas les liens opérationnels, elle les déplace vers les messageries cryptées et les réseaux sociaux.

La famille de Nessim Ramdane, oubliée de l’histoire judiciaire ?

Derrière les accusations et les stratégies d’audience, Nessim Ramdane. 36 ans. Père de trois enfants. Chauffeur VTC. Tué d’une balle le 4 octobre 2024 à Marseille parce qu’un adolescent de 14 ans a confondu sa voiture avec celle d’un trafiquant.

Son nom apparaît dans les pièces du dossier comme victime collatérale d’une guerre entre gangs. Les victimes civiles de la violence organisée restent souvent dans l’ombre des procès qui médiatisent les accusés. Sa famille est partie civile dans cette procédure.

Les débats devant la cour d’assises de Paris se poursuivent dans les prochains jours. Le quantum de la peine encourue par Hacène L. pour commandite de meurtre aggravé n’a pas encore été précisé à ce stade de l’audience.

Sources

Julie Renault

Julie Renault

Julie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Paris (75), avec Paris pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale politique et premiere place economique française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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