Procès Lonsdale : le couple Facérias jugé pour abus de faiblesse au tribunal de Paris
Anne et Daniel Facérias comparaissent depuis ce lundi pour avoir capté l’héritage de l’acteur Michael Lonsdale, décédé en 2020
Le tribunal correctionnel de Paris examine depuis ce lundi 29 juin les accusations d’abus de faiblesse et de confiance visant un couple qui aurait profité de la vulnérabilité de l’acteur franco-britannique pour obtenir l’essentiel de sa succession. Les débats se déroulent sur deux jours.
L’essentiel
- Fait 1 : Michael Lonsdale est mort le 21 septembre 2020 à 89 ans à Paris.
- Fait 2 : Anne Facérias est poursuivie pour abus de faiblesse et abus de confiance ; son époux Daniel pour recel. Leur association, la Diaconie de la beauté, a été désignée légataire universel par trois testaments manuscrits de fin 2019.
- Fait 3 : Le premier testament notarié de 2018 prévoyait un partage entre la famille, le diocèse de Paris et la Fondation Abbé Pierre, avec seulement 50 000 € pour la Diaconie.
- Fait 4 : L’Association diocésaine de Paris et la Fondation pour le logement des défavorisés se sont constituées parties civiles pour demander la nullité des testaments litigieux.
Ce qui s’est passé
Le 21 septembre 2020, Michael Lonsdale, figure du cinéma français (« Le Nom de la rose », « Moonraker »), s’éteint dans son appartement de la place Vauban, dans le 7e arrondissement de Paris. Il a 89 ans. Très vite, l’ouverture de sa succession révèle une situation inattendue.
En 2018, l’acteur avait rédigé un testament notarié. Il y prévoyait un partage entre ses neveux et nièces, le diocèse de Paris, la Fondation Abbé Pierre et quelques proches. La Diaconie de la beauté, une association catholique fondée par Anne Facérias, ne devait recevoir qu’un legs de 50 000 €. Mais après sa mort, trois testaments manuscrits datés de la fin 2019 sont remis au notaire. Ils désignent cette même Diaconie comme légataire universel unique.
Selon Le Parisien, ces documents ont été apportés à l’étude trois jours seulement après le décès. La famille et les institutions religieuses, écartées, dénoncent une manœuvre. En 2024, une enquête pénale est ouverte.
L’enquête pénale décrit une emprise progressive
Anne Facérias, 58 ans, est poursuivie pour abus de faiblesse et abus de confiance. Son mari, Daniel Facérias, 62 ans, est jugé pour recel. Selon l’ordonnance de renvoi, le couple aurait, à partir de 2018, progressivement isolé Michael Lonsdale et pris le contrôle de ses moyens de paiement. L’enquête de Libération du 25 juin 2026 détaille des « flux financiers suspects » et des « mises sous dépendance ».
Les testaments manuscrits de 2019 sont au cœur de l’accusation. Leur authenticité n’est pas contestée, mais leur régularité l’est. L’association diocésaine de Paris et la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) se sont constituées parties civiles. Elles estiment que la rédaction de ces testaments a été obtenue sous la contrainte morale d’un homme affaibli par l’âge et la maladie.
Les parties civiles réclament la nullité
L’audience, qui se tient devant la 13e chambre du tribunal correctionnel, doit entendre les arguments des parties. Le diocèse de Paris, par l’intermédiaire de son avocat, a fait savoir qu’il demanderait la nullité des trois testaments manuscrits. « Michael Lonsdale était un homme pieux et généreux, mais il n’aurait jamais déshérité sa famille au profit d’une seule association », a déclaré l’avocat à l’ouverture des débats.
La Fondation pour le logement des défavorisés, qui devait hériter d’une partie de la succession, s’est également jointe à la procédure. Le montant de l’héritage n’a pas été rendu public, mais il est estimé à plusieurs centaines de milliers d’euros, en incluant les droits d’auteur et la vente des biens personnels de l’acteur.
Contexte dans le 75-Paris
Ce procès se déroule à Paris, ville où Michael Lonsdale a vécu la majeure partie de sa vie. La place Vauban, à deux pas de l’École militaire, est un quartier résidentiel du 7e arrondissement. Ce type d’affaire, mêlant vulnérabilité d’une personnalité publique et captation d’héritage, reste rare dans les annales judiciaires parisiennes. Le tribunal correctionnel de Paris, situé dans le nouveau palais de justice des Batignolles (17e), traite chaque année plusieurs centaines de dossiers pour abus de faiblesse, mais celui-ci se distingue par la notoriété de la victime et le montant en jeu.
Paris est par ailleurs marqué ce mois de juin par divers événements culturels et sportifs. Le Meeting de Paris a notamment vu Rénelle Lamote battre son record personnel sur 800 m, tandis que le PSG engage des discussions pour recruter deux jeunes talents. Des actualités qui contrastent avec la gravité des débats judiciaires.
Prochaine étape : audience le 30 juin
Les débats se poursuivront ce mardi 30 juin, avec les plaidoiries des parties civiles et du parquet. Le tribunal devrait mettre son jugement en délibéré après cette seconde journée d’audience. Une décision est attendue dans les semaines suivantes.
Sources
- Wikipédia : Michael Lonsdale — Wikipédia
- Presse Judiciaire : Procès d'un couple pour avoir abusé de la faiblesse de Michael Lonsdale — Presse Judiciaire
- Le Parisien : Michael Lonsdale sous emprise : comment un couple aurait manipulé l’acteur affaibli pour capter son héritage
- Libération : Derrière l’héritage de Michael Lonsdale, l’ombre d’une mystérieuse association catholique