Procès Marwa à Montpellier : l’hôpital de Sète mis en cause pour ses dysfonctionnements
Six ans après la mort d'une fillette de 11 ans suite à une injection fatale, l'audience du 12 mai a révélé des tensions entre la défense de l'infirmier et celle de l'établissement.
Le tribunal correctionnel de Montpellier a jugé le 12 mai 2026 un infirmier et le Centre Hospitalier de Sète pour homicide involontaire. Marwa Fadil, 11 ans, était décédée le 27 mai 2020 après une injection erronée d'adrénaline aux urgences. La procureure a requis deux ans de prison avec sursis et 250 000 euros d'amende.
Le tribunal correctionnel de Montpellier a jugé le 12 mai 2026 un infirmier et le Centre Hospitalier de Sète pour homicide involontaire. Marwa Fadil, 11 ans, était décédée le 27 mai 2020 après une injection erronée d’adrénaline aux urgences. La procureure a requis deux ans de prison avec sursis et 250 000 euros d’amende.
L’essentiel
- Décès : Marwa Fadil, 11 ans, originaire de Frontignan, est morte le 27 mai 2020 au CHU de Montpellier après une injection de 5 mg d’adrénaline au lieu de Spasfon aux urgences de Sète.
- Audience : Un infirmier et le Centre Hospitalier de Sète ont comparu le 12 mai 2026 au tribunal correctionnel de Montpellier pour homicide involontaire.
- Réquisitions : La procureure Audrey Galaud a requis 2 ans de prison avec sursis pour l’infirmier et 250 000 € d’amende pour l’hôpital.
- Dysfonctionnement : Le circuit des médicaments à l’hôpital de Sète était perturbé au moment des faits, permettant un accès libre à l’adrénaline normalement stockée en armoire fermée, selon les éléments versés au dossier.
- Délibéré : La décision du tribunal est attendue le 10 juin 2026.
Une injection fatale aux urgences de Sète
Le 27 mai 2020, Marwa Fadil, 11 ans, se présente aux urgences de l’hôpital de Sète pour des douleurs abdominales. Un infirmier lui injecte 5 mg d’adrénaline, alors que le médicament prescrit était du Spasfon, un antispasmodique. L’enfant, domiciliée à Frontignan, décède le même jour au CHU de Montpellier où elle avait été transférée, selon Midi Libre et France 3 Occitanie.
L’infirmier a pris la parole lors de l’audience. Selon France 3 Occitanie, il a déclaré : « Je ressens beaucoup de culpabilité ». Il ne conteste pas les faits.
Le Covid-19 pointé dans le circuit des médicaments
Les débats ont mis en lumière des dysfonctionnements internes à l’établissement. Selon Midi Libre, le circuit des médicaments était désorganisé à l’hôpital de Sète au moment des faits, en raison du contexte de la crise sanitaire Covid-19. L’adrénaline, normalement conservée en armoire fermée à clé, était accessible sans contrôle particulier.
Ce point a cristallisé les tensions à l’audience. La procureure Audrey Galaud a reproché à l’hôpital de reporter la responsabilité sur le seul infirmier, sans assumer la part qui lui incombe dans l’organisation défaillante. Elle a requis 2 ans de prison avec sursis contre l’infirmier et 250 000 euros d’amende contre le Centre Hospitalier, selon Midi Libre.
La mère de Marwa : « Personne n’est à l’abri »
Samira Fadil a témoigné lors de l’audience. « N’importe qui se rend à l’hôpital peut perdre sa vie. Personne n’est à l’abri. C’est inacceptable », a-t-elle déclaré, selon Midi Libre. Elle dit attendre que justice soit rendue, six ans après la mort de sa fille.
Elle n’était pas seule dans la salle d’audience. Ghislaine Raffin, mère d’Hugo Raffin, décédé le 4 juillet 2023 à l’hôpital de Sète d’un choc anaphylactique après une injection d’Amoxicilline alors qu’une allergie était connue, l’a soutenue. « Nos enfants ont été tués dans le même hôpital », a-t-elle lancé, toujours selon Midi Libre. Pour le décès d’Hugo Raffin, une enquête judiciaire distincte avait été ouverte en juillet 2023.
Contexte dans l’Hérault
L’hôpital de Sète est le principal établissement public du bassin de Thau, territoire côtier de l’Hérault qui regroupe environ 130 000 habitants. Le Centre Hospitalier sert de point d’entrée sanitaire pour Sète, Frontignan, Mèze et les communes environnantes.
Le cas Marwa n’est pas isolé dans l’établissement. Le décès d’Hugo Raffin en 2023 dans les mêmes locaux a conduit à une enquête pour possible erreur médicale, désormais instruite séparément. La conjonction des deux affaires place l’hôpital de Sète sous une pression judiciaire inhabituelle pour un établissement de cette taille.
À l’échelle nationale, les erreurs médicales causent environ 10 000 décès par an en France, dont plus d’un tiers pourraient être évités, selon un rapport de la Cour des comptes publié en avril 2026. Ce rapport pointait également un manque de transparence des établissements sur les incidents. À titre de comparaison, le CHU de Grenoble a été condamné à verser 217 000 euros à la famille d’un patient décédé après une amputation en 2007, dans une affaire jugée récemment. Des décisions de justice aux peines modulées selon les circonstances restent fréquentes dans les dossiers d’homicide involontaire.
Délibéré fixé au 10 juin 2026
Le tribunal correctionnel de Montpellier rendra sa décision le 10 juin 2026, selon Midi Libre. L’infirmier et le Centre Hospitalier de Sète sauront à cette date s’ils sont condamnés, et à quelle peine.
Sources
- Midi Libre : Mort de Marwa après une erreur médicale, qui est responsable ? Révélations et tensions lors du procès au tribunal de Montpellier
- France Bleu Hérault : Un infirmier et l'hôpital de Sète devant le tribunal pour homicide involontaire après la mort de Marwa, 11 ans
- France 3 Occitanie : "Je ressens beaucoup de culpabilité" : au procès de Marwa, l'infirmier à l'origine de l'injection fatale entendu par la justice
- Midi Libre : "Nos enfants ont été tués dans le même hôpital" : le CH de Sète et l'infirmier jugés pour homicide involontaire après la mort de Marwa