Agression sexuelle à Riom : un homme condamné par contumace à 5 ans de prison ferme
Fahd Kabbaj, 27 ans, a été jugé absent le 23 avril 2026 par le tribunal de Clermont-Ferrand pour l'agression d'une adolescente de 13 ans en 2020
La nuit du 29 juin 2020, un homme s'est introduit dans une maison à Riom et a agressé sexuellement une adolescente de 13 ans dans son lit. Six ans plus tard, le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand a condamné Fahd Kabbaj, 27 ans, à cinq ans de prison ferme - en son absence. Un mandat d'arrêt est désormais en vigueur.
La nuit du 29 juin 2020, une adolescente de 13 ans dormait chez elle à Riom, dans le Puy-de-Dôme. Elle a senti une présence à ses côtés. Un homme s’était introduit dans la maison et l’a agressée sexuellement dans son lit. Six ans après les faits, la justice a rendu son verdict : cinq ans de prison ferme, prononcés le 23 avril 2026 par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand. L’accusé n’était pas là pour l’entendre.
L’essentiel
- Les faits : agression sexuelle commise la nuit du 29 juin 2020 à Riom sur une adolescente de 13 ans
- Le verdict : Fahd Kabbaj, 27 ans, condamné par contumace le 23 avril 2026 à 5 ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand
- La fuite : un mandat d’arrêt a été délivré ; l’accusé serait probablement en fuite au Maroc selon La Montagne
- L’identification : la victime a filmé son agresseur pendant l’incident, ce qui a permis de l’identifier
- La parole de la victime : « Je me sens en sécurité nulle part », a-t-elle déclaré selon La Montagne
Une nuit de juin 2020 à Riom
Les faits remontent à la nuit du 29 au 30 juin 2020. L’adolescente, 13 ans à l’époque, dort dans sa chambre quand elle perçoit une présence. Un homme s’est glissé dans la maison et l’agresse sexuellement dans son lit, selon La Montagne et Radio RVA. La scène dure suffisamment longtemps pour que la jeune fille, malgré le choc, parvienne à filmer son agresseur avec son téléphone. Ce geste, dans des circonstances éprouvantes, sera déterminant pour la suite.
L’enquête permet d’identifier Fahd Kabbaj grâce aux images captées par la victime. À l’époque des faits, il est âgé de 27 ans. Les investigations se poursuivent mais l’homme n’est pas appréhendé. Il ne comparaîtra pas non plus devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand lors de l’audience du 23 avril 2026.
Une condamnation par contumace
Absent à l’audience, Fahd Kabbaj a été condamné par contumace - c’est-à-dire en dehors de sa présence - à cinq ans de prison ferme pour agression sexuelle. La procédure de contumace permet à la juridiction de juger un accusé en fuite ou qui se soustrait volontairement à la justice. La condamnation est réelle et exécutoire, mais son application dépend de l’arrestation du condamné.
Un mandat d’arrêt a été délivré à l’issue du jugement. Selon La Montagne, Fahd Kabbaj serait probablement en fuite au Maroc. Aucun communiqué officiel du parquet du Puy-de-Dôme n’a été publié sur cette affaire à ce stade, selon les informations disponibles. Les recherches internationales se poursuivent.
Ce type de procédure reste rare dans les affaires de violences sexuelles jugées au correctionnel. Elle traduit ici l’incapacité des autorités à localiser et extrader l’accusé dans le délai du procès. Pour les affaires complexes impliquant des accusés absents, la justice française dispose de ce mécanisme, mais son efficacité dépend de la coopération judiciaire internationale.
La parole de la victime : « Je me sens en sécurité nulle part »
Aujourd’hui adulte, la victime s’est exprimée dans les colonnes de La Montagne. Sa déclaration est brève et sans ambiguïté : « Je me sens en sécurité nulle part. » Elle résume six ans de vie marqués par les séquelles d’une agression commise dans l’endroit a priori le plus protégé - sa propre chambre, sa propre maison.
Son comportement pendant l’agression - filmer l’agresseur - a été décisif pour permettre l’identification de Fahd Kabbaj. Sans cette initiative, l’affaire aurait pu rester non élucidée. La condamnation prononcée le 23 avril 2026 représente une reconnaissance judiciaire des faits, même si l’accusé demeure libre à ce jour.
Contexte dans le Puy-de-Dôme
Cette affaire intervient dans un contexte de hausse des violences sexuelles dans le département. Selon les données du ministère de l’Intérieur et de la préfecture du Puy-de-Dôme, le département a enregistré en 2025 une augmentation de 8 % du nombre de victimes de violences sexuelles par rapport à 2024, avec environ 1 200 victimes estimées. Les violences intrafamiliales ont, elles, progressé de 5 %, avec 1 714 victimes recensées - bien que le cas de Riom relève d’une intrusion extérieure.
Au niveau national, les violences sexuelles représentent 58 % des victimes mineures dans les enregistrements de violences physiques et sexuelles en France en 2025, selon le ministère de l’Intérieur. La part des mineurs parmi les victimes de ce type d’infraction reste structurellement élevée. D’autres affaires de violences graves impliquant des suspects en fuite à l’étranger ont récemment mis en lumière les limites de la coopération judiciaire internationale.
Riom, sous-préfecture du Puy-de-Dôme et commune d’environ 18 000 habitants située au nord de Clermont-Ferrand, n’avait pas connu d’affaire judiciaire de cette nature aussi médiatisée ces dernières années. La compétence territoriale relevait du tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand, qui a rendu son jugement six ans après les faits.
Une fuite qui complique l’exécution de la peine
La condamnation à cinq ans de prison ferme est prononcée, mais elle restera lettre morte tant que Fahd Kabbaj ne sera pas interpellé. La délivrance d’un mandat d’arrêt permet, en théorie, son arrestation sur le territoire français ou via une demande d’extradition. Si l’accusé se trouve effectivement au Maroc comme le rapporte La Montagne, la procédure dépend des accords bilatéraux entre la France et le Maroc en matière d’extradition, dont l’application peut être longue et incertaine.
La situation n’est pas sans rappeler d’autres dossiers où l’exécution des peines se heurte à des obstacles pratiques. Pour la victime, l’absence physique de l’accusé derrière les barreaux constitue une réalité persistante, malgré le verdict du 23 avril.
Les recherches se poursuivent. La date d’une éventuelle arrestation n’a pas été communiquée.
Sources
- La Montagne : L'inconnu qui avait agressé une adolescente dans son lit à Riom a été condamné à cinq ans de prison ferme
- Radio RVA : Agression sexuelle dans son lit à Riom : un homme condamné par contumace à cinq ans de prison ferme
- Ministère de l'Intérieur : Victimes de violences physiques et sexuelles enregistrées en hausse en 2025
- Préfecture du Puy-de-Dôme : Bilan 2025 de l'action de l'État en matière de sécurité dans le Puy-de-Dôme