Procès à Nice : Naruto et Safine jugés pour violences et abus sur Jean Pormanove

Le tribunal correctionnel de Nice ouvre ce lundi le procès des streamers pour violences et abus de faiblesse après le décès en direct de Jean Pormanove

Procès à Nice : Naruto et Safine jugés pour violences et abus sur Jean Pormanove
Illustration Laura Martinez / info.fr

Le tribunal correctionnel de Nice ouvre ce lundi 6 juillet 2026 le procès d'Owen Cenazandotti (Naruto) et Safine Hamadi, accusés d'avoir transformé des lives sur Kick en séances d'humiliation ayant conduit à la mort de Raphaël Graven, 46 ans, en août 2025. Le dossier met en lumière un système de maltraitance rémunérée.

L’essentiel

  • Ouverture du procès : le 6 juillet 2026 au tribunal correctionnel de Nice.
  • Prévenus : Owen Cenazandotti (Naruto) et Safine Hamadi, jugés pour violences.
  • Victime principale : Raphaël Graven, alias Jean Pormanove, décédé le 18 août 2025.
  • Autre victime : Stéphane Guy (Coudoux), personne handicapée sous curatelle, également visé par les sévices.
  • Contexte : l’autopsie a conclu à une mort naturelle (défaillance cardio-vasculaire), mais les humiliations et violences répétées sont au cœur des poursuites.

Ce qui s’est passé

Le lundi 6 juillet 2026, le tribunal correctionnel de Nice entame le procès des streamers Owen Cenazandotti (dit Naruto, 27 ans) et Safine Hamadi (28 ans). Ils sont accusés d’avoir infligé des violences physiques et psychologiques à Raphaël Graven, connu sous le pseudonyme Jean Pormanove, dans le cadre de lives diffusés sur la plateforme Kick. Les faits se sont déroulés dans un studio situé à Contes, près de Nice, entre le 5 et le 17 août 2025. Le stream, ininterrompu pendant près de 300 heures, montrait des humiliations, des insultes, des coups et des épreuves physiques. Selon le parquet de Nice, l’objectif était de maximiser l’audience et les dons.

Raphaël Graven, 46 ans, est décédé dans la nuit du 17 au 18 août 2025. L’autopsie a conclu à une mort naturelle liée à une défaillance cardio-vasculaire et à une hyperthyroïdie, sans lien traumatique direct. Mais la justice estime que les conditions de vie imposées lors du live ont contribué à son état de santé dégradé. Les deux streamers sont également poursuivis pour violences sur Stéphane Guy, alias Coudoux, un homme handicapé sous curatelle, ainsi que pour des faits impliquant un mineur de 14 ans, qui aurait été jeté comme projectile lors d’un catch improvisé.

Les charges retenues

Le parquet de Nice a requis le renvoi des deux prévenus pour plusieurs infractions : violences en réunion (jusqu’à 5 ans d’emprisonnement), abus de faiblesse sur personne vulnérable, provocation à la haine ou à la discrimination en raison du handicap, diffusion d’images de violences, violences sur mineur de 15 ans, et travail dissimulé. Les faits visent également des actes de cruauté envers Stéphane Guy, dont le handicap et la curatelle le rendaient particulièrement vulnérable. Selon les sources judiciaires, les prévenus nient les violences intentionnelles, arguant que les scènes étaient simulées avec le consentement des participants pour augmenter l’audience et les revenus.

Le dossier a été instruit après une enquête préliminaire ouverte en 2024 par le parquet de Nice, avant même le décès. Mediapart avait dénoncé en décembre 2024 un « business de la maltraitance » au sein du collectif de streamers. En janvier 2026, une nouvelle garde à vue suivie d’un contrôle judiciaire a été prononcée contre les deux hommes. Ils sont interdits de contact avec les victimes et de diffusion de vidéos en lien avec l’affaire.

Le contexte local : Contes et Nice au cœur du scandale

Les faits se sont déroulés à Contes, commune des Alpes-Maritimes d’environ 7 000 habitants, située à une quinzaine de kilomètres de Nice. Le studio utilisé par les streamers était loué pour les besoins des lives. Stéphane Guy réside à La Condamine, quartier de Drap, autre commune voisine. L’affaire a secoué le département : les riverains et les autorités locales ont exprimé leur indignation après la révélation des sévices. Le maire de Drap a porté plainte pour outrage après des menaces proférées à son encontre.

Le tribunal correctionnel de Nice, situé au palais de justice, accueille l’audience dans une salle comble. Plusieurs associations de défense des personnes handicapées et des victimes de violences en ligne se sont constituées parties civiles. Le procès est prévu pour durer plusieurs semaines, avec une audience de renvoi fixée au 6 juillet 2026.

Contexte dans les Alpes-Maritimes

Les Alpes-Maritimes, département touristique de plus d’un million d’habitants, n’est pas étranger aux affaires de délinquance liée aux réseaux sociaux. Mais ce dossier est inédit par son ampleur : la diffusion en direct de sévices sur une personne vulnérable, ayant entraîné la mort, a suscité un débat national sur la régulation des plateformes de streaming. Le département compte plusieurs communes de taille moyenne où le tissu économique local repose en partie sur le tourisme et les services. L’affaire met en lumière la fragilité de certains habitants isolés, souvent éloignés des circuits de protection sociale. Le parquet de Nice a souligné la nécessité de renforcer les contrôles sur les contenus en ligne.

Une enquête au-delà des prévenus

En parallèle, le parquet de Paris a requis en janvier 2026 des mandats d’arrêt contre les dirigeants de la plateforme Kick, basée en Australie. La société est visée pour complicité de violences et non-assistance à personne en danger, pour avoir laissé diffuser les lives sans intervenir. Les avocats des parties civiles estiment que la plateforme a tiré profit de la détresse des victimes. Cette branche de l’enquête pourrait déboucher sur des procédures internationales.

Prochaine étape

Le procès doit se dérouler jusqu’à la fin juillet 2026. Les avocats des streamers plaideront la simulation et l’absence d’intention de nuire. La justice devra déterminer si les violences étaient réelles ou consenties, et quel rôle le décès médical de Jean Pormanove joue dans la qualification des faits. Les associations de défense des victimes attendent une condamnation exemplaire pour protéger les personnes vulnérables des dérives du streaming.

Laura
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Sources

Laura Martinez

Laura Martinez

Laura est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Alpes-Maritimes (06), avec Nice pour chef-lieu. Spécialité du département : Sophia Antipolis (technopole), Cannes et tourisme international. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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