Protection de l’enfance dans l’Orne : les signalements ont explosé, le département s’organise

Un nouveau schéma départemental adopté en 2025 face à une hausse spectaculaire des saisines de la CRIP ornaise.

Protection de l'enfance dans l'Orne : les signalements ont explosé, le département s'organise
Illustration Céline Leclerc / info.fr

Dans l'Orne, les signalements pour enfants en danger ont bondi de 284 % en cinq ans. Le département a adopté en septembre 2025 un schéma pour renforcer détection et accompagnement. Putanges-le-Lac est concernée comme le reste du territoire.

Plus de 300 enfants maltraités signalés chaque année. Un taux de saisine de la Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes (CRIP) multiplié par près de quatre en cinq ans. Les chiffres du département de l’Orne, publiés sur le site du Conseil départemental, donnent la mesure d’une réalité qui s’impose aux acteurs locaux, y compris à Putanges-le-Lac.

Un schéma pour structurer la réponse

Face à cette hausse, le Conseil départemental de l’Orne a adopté en septembre 2025 un Schéma Départemental de l’Enfance et de la Famille. Objectif : mieux détecter les situations à risque et former les intervenants. Le document prévoit notamment la formation des services au référentiel de la Haute Autorité de Santé pour l’évaluation des enfants en danger.

Autre mesure prévue : la révision du protocole de recueil des informations préoccupantes. De nouveaux partenaires doivent y être intégrés - centres hospitaliers et ordres professionnels - en lien avec les évolutions législatives récentes, selon le schéma départemental.

Le service de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) de l’Orne gère actuellement près de 2 000 enfants bénéficiant d’une mesure de protection, incluant suivi éducatif et financier. En cas de danger grave ou de refus d’aide, une rupture avec la famille peut être prononcée, temporaire ou permanente.

86 % des signalements viennent des institutions

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Dans l’Orne, 86 % des saisines de la CRIP émanent de partenaires institutionnels : Éducation nationale, établissements d’accueil du jeune enfant, services sociaux. Le taux de caractérisation des informations préoccupantes est passé de 64 % à 85 % en cinq ans, signe d’une meilleure qualification des situations, toujours selon le schéma départemental.

À l’échelle nationale, le constat est préoccupant. Au 31 décembre 2023, 364 200 mesures de protection étaient actives pour des mineurs en France, soit une hausse de 27 % depuis 2013, selon l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE). L’Orne affiche un taux de prise en charge d’environ 29,2 pour 1 000 mineurs, dans la médiane nationale.

En novembre 2025, la Défenseure des droits a alerté sur la dégradation du système, soulignant que 208 000 mineurs étaient placés en 2022, contre moins de 150 000 vingt ans plus tôt, selon Ouest-France.

Ce cas, jugé récemment, rappelle que les défaillances peuvent aussi survenir au sein même du dispositif de protection. Le renforcement des contrôles fait partie des enjeux du schéma ornais.

Sources

Céline Leclerc

Céline Leclerc

Correspondante à Alençon, elle suit l'élevage, les tensions sur les services publics, les fermetures de maternités et le tourisme équestre. Issue de Sciences Po Rennes, elle a commencé en radio locale. Méthode : interroger les éleveurs, les infirmières libérales, les élus, croiser les données sanitaires avant de conclure.

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