Protoxyde d’azote : une ministre en visite à la clinique de l’Oiseau Blanc

Marie-Pierre Vedrenne est allée à Mantes-la-Jolie le 7 avril pour mesurer les dégâts neurologiques du gaz hilarant chez les jeunes.

Protoxyde d'azote : une ministre en visite à la clinique de l'Oiseau Blanc
Illustration Philippe Dubois / info.fr

La ministre déléguée chargée de la Citoyenneté a visité le Centre de Rééducation de l'Oiseau Blanc le 7 avril 2026. Sur place, des soignants lui ont montré des cas concrets de paralysies liées au protoxyde d'azote. Le territoire des Mureaux est en première ligne.

Marie-Pierre Vedrenne s’est rendue le 7 avril au Centre de Rééducation de l’Oiseau Blanc, à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines. Objectif : voir de près ce que le protoxyde d’azote fait aux jeunes patients. Selon La Gazette des Yvelines, la visite s’inscrit dans le lancement d’une campagne nationale de sensibilisation.

Des paralysies après quelques inhalations

L’Oiseau Blanc est un établissement privé de 150 lits, né en 2022 du regroupement de deux centres de la région. Il reçoit des patients victimes de séquelles neurologiques graves. Parmi eux, Léa, 22 ans, paralysée après une seule consommation, selon un reportage de France Inter diffusé en mars 2026. Arnaud Dalbis, président du groupe Finève qui gère la clinique, a indiqué observer ces ravages « quotidiennement » dans ses établissements.

La ministre n’a pas mâché ses mots. L’usage détourné du gaz hilarant met « la vie, l’avenir et la vie d’autrui en danger », a-t-elle déclaré lors de la campagne, selon Ouest-France. Le produit, légal à l’achat, est inhalé à des doses massives. Selon France Inter, 14 % des 18-24 ans l’ont expérimenté en France.

Les Mureaux et les Yvelines déjà mobilisés

Publicité

Dans les Yvelines, la préfecture a interdit la vente et la détention de protoxyde d’azote du 1er février au 1er mars 2026, avec des contrôles renforcés notamment aux Mureaux, selon Le Parisien. La Communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), dont fait partie la commune, avait ramassé près de 5 000 bonbonnes sur la voie publique en 2025, d’après La Gazette des Yvelines.

À l’échelle de l’Île-de-France, le bilan est plus lourd encore. Selon Franceinfo, un million de bonbonnes ont été incinérées en 2025, provoquant plus de 25 000 explosions dans les fours - une toutes les deux heures - pour un coût de 15 millions d’euros supporté par le SYCTOM.

Un projet de loi attendu

Le gouvernement a annoncé le 24 mars 2026 trois nouveaux délits dans le projet de loi RIPOST : inhalation hors usage médical (1 an de prison et 3 750 € d’amende), transport de bonbonnes, et conduite sous influence, selon Le Monde. L’examen en conseil des ministres était annoncé comme imminent à la date de la visite.

Prochaine étape : l’examen du projet de loi RIPOST en conseil des ministres, dont la date précise n’a pas été communiquée à ce stade.

Sources

Philippe Dubois

Philippe Dubois

Basé à Versailles, traite le château, les tensions sur le logement, les projets de Grand Paris Express et les débats sur l'urbanisme. Diplômé du CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer dans les Yvelines. Posture éditoriale : interroger les conservateurs, les élus, les promoteurs, vérifier les budgets du château avant de publier.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie