Protoxyde d’azote : l’ARS, le préfet et Saint-Priest unis face aux risques sanitaires
Lors d’un point presse le 23 juin, les autorités ont détaillé le plan d’action régional et local pour endiguer l’usage détourné du gaz hilarant chez les jeunes.
Une conférence de presse conjointe s’est tenue le 23 juin à Saint-Priest avec l’ARS, le préfet du Rhône, les HCL et la mairie. Objectif présenter le plan de lutte contre le protoxyde d’azote, dont l’usage détourné a fait 530 patients dans la région depuis 2021.
L’essentiel
- 530 patients recensés dans la région Auvergne-Rhône-Alpes entre 2021 et 2025 pour des complications liées au protoxyde d’azote (ARS).
- 150 téléconsultations dédiées réalisées par les Hospices Civils de Lyon en un an.
- Saint-Priest déploie une campagne locale « Protoxyde d’azote, le cerveau en compote » et forme ses jeunes élus à la prévention.
- Un arrêté municipal interdit depuis 2021 la vente aux mineurs et la consommation dans l’espace public.
Un plan régional présenté à Saint-Priest
Était présent Raymond Le Moign, directeur général des Hospices Civils de Lyon (HCL). L’objectif : faire le point sur le plan d’action régional et local pour endiguer l’usage détourné de ce gaz, surnommé « gaz hilarant », dont la consommation explose chez les jeunes.
Selon l’ARS, la région Auvergne-Rhône-Alpes se classe au 4e rang national des régions les plus touchées par ce phénomène. Entre 2021 et fin 2025, les Centres d’addictovigilance de Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble ont recensé près de 530 patients souffrant de complications liées à l’inhalation détournée de protoxyde d’azote. Plus de la moitié d’entre eux ont présenté des complications graves, hospitalisations ou invalidités.
Prévention locale : la campagne « le cerveau en compote »
La commune de Saint-Priest n’en est pas à son premier geste. Depuis 2021, un arrêté municipal interdit la vente aux mineurs, la détention et la consommation de protoxyde d’azote sur l’espace public. D’autres préfectures ont pris des mesures de restriction dans des contextes différents, comme à Paris pendant la canicule ou dans le Cher.
La ville a lancé une campagne de sensibilisation locale au slogan percutant : « Protoxyde d’azote, le cerveau en compote ». L’idée est d’alerter sur les séquelles neurologiques souvent méconnues. Des membres du Conseil municipal des jeunes (CMJ) et du Pôle Enfance-Famille Garibaldi ont été formés pour devenir ambassadeurs de la prévention auprès de leurs pairs. Une exposition photo, réalisée par des jeunes sous la direction du photographe Vincent Delesvaux, vient compléter le dispositif.
Prise en charge médicale : 150 téléconsultations en un an
Côté soins, les Hospices Civils de Lyon ont développé une offre de téléconsultations dédiées aux personnes dépendantes ou victimes d’effets secondaires. En un an, 150 consultations à distance ont été assurées. Selon les HCL, ce mode de prise en charge permet de toucher des jeunes qui ne consulteraient pas forcément en présentiel. Les complications neurologiques (paralysies, troubles de la marche) et les atteintes médullaires sont les motifs les plus fréquents.
Contexte dans le Rhône
Saint-Priest, commune de 50 871 habitants dans la métropole de Lyon, est particulièrement exposée en raison de la forte densité de jeunes sur son territoire. L’ARS précise que la région Auvergne-Rhône-Alpes concentre près de 10% des signalements nationaux pour usage détourné de protoxyde d’azote. Le plan présenté le 23 juin combine actions de prévention, formation des relais locaux et renforcement de l’offre de soins. Une campagne d’information régionale est également déployée de juin à septembre 2026 pour toucher les jeunes et leur entourage, en alertant sur les risques sanitaires et routiers.
La prochaine étape consistera à évaluer l’impact de ces mesures à la rentrée 2026, avec un suivi des nouveaux cas recensés par les centres d’addictovigilance.