Psychiatrie à Melun : les députés LFI dénoncent l’asphyxie des soignants
Visite au pôle psychiatrique du Groupe hospitalier Sud IDF révèle des moyens insuffisants et des atteintes aux droits des patients
Les députés LFI Arnaud Saint-Martin et Élise Leboucher ont visité le 24 avril 2026 le pôle psychiatrique de Melun. Ils alertent sur le manque de moyens et les conditions de travail des soignants. La CGLPL avait déjà signalé des dysfonctionnements graves en mars 2026.
Les députés La France Insoumise (LFI) Arnaud Saint-Martin et Élise Leboucher se sont rendus le 24 avril 2026 au pôle de psychiatrie du Groupe hospitalier Sud Île-de-France (GHSIF) à Melun. Leur visite intervient après des alertes répétées sur les conditions de prise en charge des patients et le manque de moyens alloués aux soignants.
Des soignants « asphyxiés » par le manque de moyens
Selon Arnaud Saint-Martin, les équipes soignantes du pôle psychiatrique de Melun sont « asphyxiées par un manque de moyens du fait des budgets de misère des macronistes ». Le député a partagé ses observations sur X après la visite, soulignant le dévouement des personnels malgré des conditions de travail dégradées.
Cette immersion fait suite à l’absence de réponse de la ministre de la Santé à une interpellation parlementaire déposée le 7 avril 2026 par Élise Leboucher. La députée y demandait des éclaircissements sur les alertes de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) concernant des atteintes aux droits des patients.
Des atteintes aux droits des patients signalées depuis 2022
Dans un rapport publié le 24 mars 2026, la CGLPL a émis des recommandations en urgence concernant le pôle psychiatrique de Melun. Ces recommandations font état de sept décès de patients entre janvier 2024 et l’été 2025, un nombre jugé anormalement élevé. La CGLPL dénonce également un recours abusif à la contention et à l’isolement, y compris pour des mineurs hospitalisés en soins libres.
Ces dysfonctionnements persistent malgré une première alerte en mai 2022, où la CGLPL avait déjà relevé des constats préoccupants. Le pôle psychiatrique du GHSIF, qui dispose de 88 lits pour quatre secteurs de Seine-et-Marne, est au cœur d’une crise qui s’inscrit dans un contexte national de tensions dans le secteur hospitalier, comme le souligne la situation des urgences à Condom.
L’hôpital réagit et promet des améliorations
Le Groupe hospitalier Sud Île-de-France a exprimé son étonnement face aux recommandations de la CGLPL. Dans un communiqué relayé par Le Parisien, l’établissement affirme travailler à remédier aux dysfonctionnements signalés. Les députés LFI appellent quant à eux à une augmentation des ressources pour protéger à la fois les patients et les soignants.
La visite des élus s’inscrit dans un mouvement plus large de mobilisation autour des conditions de prise en charge en psychiatrie, alors que le département de Seine-et-Marne fait face à d’autres défis, comme la sécurité des trottinettes électriques.
Sources
- X (Twitter) : Tweet d'Arnaud Saint-Martin sur la visite au pôle psychiatrique de Melun
- X (Twitter) : Tweet d'Arnaud Saint-Martin sur l'absence de réponse de la ministre de la Santé
- CGLPL : Recommandations en urgence de la CGLPL relatives au pôle de psychiatrie de Melun
- Le Parisien : Hôpital de Melun : sept morts en dix-neuf mois, le pôle psychiatrie épinglé