Quotas de pêche : les artisans de Saint-Georges-de-Didonne tirent la sonnette d’alarme

Face à la surpêche et des quotas en forte baisse, les associations de pêcheurs charentais réclament une régulation plus juste.

Quotas de pêche : les artisans de Saint-Georges-de-Didonne tirent la sonnette d'alarme
Illustration Vincent Bonneau / info.fr

Les associations de pêcheurs de Saint-Georges-de-Didonne et de Charente-Maritime montent au créneau. Entre chute des quotas de maquereau, incertitudes réglementaires et sentiment d'abandon administratif, la filière artisanale locale est sous pression.

Le port de Saint-Georges-de-Didonne n’est pas épargné. Comme dans de nombreux petits ports charentais, les pêcheurs artisanaux font face à une accumulation de mauvaises nouvelles sur les quotas 2026. Les associations locales appellent à une régulation plus équitable, avant que les dégâts ne deviennent irréversibles.

Un maquereau qui se fait rare

Le coup est rude pour les artisans. Les quotas européens de maquereau ont été réduits de 70 % par rapport à 2025, en raison d’un stock jugé préoccupant dans l’Atlantique nord-est, selon le Comité des pêches. Un geste a été consenti : le 11 février 2026, la ministre de la Mer Catherine Chabaud a annoncé le transfert de 400 tonnes de quotas de maquereau depuis les navires-usines vers la pêche artisanale, au nom de l’article 17 de la Politique commune des pêches (PCP).

Mais l’association BLOOM a rapidement contesté la mise en œuvre. Selon elle, deux arrêtés signés le 17 mars 2026 contredisent les engagements de la ministre sur la répartition effective de ces tonnes. Le sentiment de promesses non tenues s’installe dans la filière.

Du côté du lieu jaune, la situation est moins catastrophique : la baisse, initialement fixée à -26 %, a été ramenée à -13 % après les négociations au Conseil des ministres européens de décembre 2025, selon le Comité des pêches. Le bar européen, lui, augmente de +48 % dans le Golfe de Gascogne pour 2026, incluant une part de 13 % réservée à la pêche récréative.

Un sentiment de mépris administratif

Publicité

Sur le terrain, la colère dépasse les chiffres. Alexandre Jardin, qui relaye des témoignages de pêcheurs, résumait la situation sur X :

D’autres appellent à la mobilisation collective. Le mouvement des Gueux, actif sur plusieurs dossiers de régulation, a relayé les actions aux côtés des pêcheurs :

Un diagnostic de la filière en Charente-Maritime, élaboré en 2022 et mis à jour depuis, pointait déjà la fragilité structurelle des petits ports comme Saint-Georges-de-Didonne face aux incertitudes sur les quotas, selon le SCoT du territoire de Marennes-Oléron.

Nouvelles règles pour les amateurs aussi

La réforme touche aussi les pêcheurs de loisir. Depuis le 10 janvier 2026, les amateurs de plus de 16 ans doivent déclarer quotidiennement leurs captures via l’application RECFishing, conformément au règlement européen 2023/2842, selon la Fédération nationale de la pêche de plaisance (FNPP). La phase reste pédagogique, sans amendes immédiates. Des acteurs de la filière demandent par ailleurs un quota de 10 maquereaux par jour pour les loisirs, contre 5 initialement envisagés, le temps que les données de l’application affinent les estimations.

En octobre 2025, la justice française avait rejeté une requête d’ONG contre la répartition des quotas, estimant que le droit national respectait l’article 17 du règlement européen, selon Le Marin. Un camouflet pour ceux qui espéraient une remise à plat rapide du système. Les associations ne désarment pas pour autant.

Sources

Vincent Bonneau

Vincent Bonneau

Installé à La Rochelle, suit la pêche, l'ostréiculture, le port de commerce et les tensions sur le tourisme de masse aux îles. Diplômé de l'IJBA Bordeaux, il a grandi sur la côte atlantique. Conviction : le journalisme maritime exige de connaître les pêcheurs, les armateurs, les scientifiques de l'Ifremer, pas seulement les attachés de presse des collectivités.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie