Rayan Cherki et le geste qui fâche : la frustration visible du Lyonnais après France-Suède
Auteur de 51 minutes seulement en Coupe du monde, le milieu de Manchester City a ignoré Didier Deschamps après la victoire 3-0. La polémique enflamme les réseaux sociaux.
Le sélectionneur a tendu la main, le joueur l'a repoussée. La séquence, captée au MetLife Stadium, montre Rayan Cherki feignant de refaire ses lacets plutôt que de serrer la main de Didier Deschamps. Une tension qui tombe mal à 72 heures du huitième de finale contre le Paraguay.
L’essentiel
- Le 30 juin 2026 : la France bat la Suède 3-0 en seizièmes de finale de la Coupe du monde.
- Rayan Cherki entre à la 85ᵉ minute et repousse ostensiblement la main de Didier Deschamps après le coup de sifflet final.
- 51 minutes cumulées dans le tournoi pour le milieu de Manchester City, auteur de son premier but en Bleu lors d’un match amical de préparation.
- Objectif huitièmes : les Bleus affronteront le Paraguay le 4 juillet 2026.
New York, MetLife Stadium, 30 juin 2026. Le tableau d’affichage indique 3-0. La France vient de dominer la Suède et file vers les huitièmes de finale de la Coupe du monde. Kylian Mbappé, auteur d’un doublé, est remplacé à la 84ᵉ minute par Rayan Cherki. Le public applaudit, le match s’achève. Mais c’est une tout autre scène qui retient l’attention des caméras et des réseaux sociaux.
Ce qui s’est passé après le coup de sifflet
Alors que Didier Deschamps se dirige vers ses joueurs pour les féliciter un par un, une séquence filmée par l’opérateur officiel montre le sélectionneur tendre la main à Rayan Cherki. Le milieu offensif de 22 ans baisse la tête, esquive le regard et se baisse pour faire semblant de resserrer ses chaussettes. La main de Deschamps reste en l’air quelques secondes, avant que l’entraîneur ne la retire.
La scène, diffusée en direct sur les écrans géants, n’a échappé à personne. Sur X, les comptes AbbonaChris et SixActualitesFr ont partagé des vidéos qui cumulent plusieurs millions de vues en une heure. Le premier commente : « La polémique enfle autour de Rayan Cherki. Visiblement frustré par son temps de jeu en équipe de France, le joueur aurait ignoré Didier Deschamps de manière tendue à la fin du match France-Suède. »
51 minutes en quatre matchs : la frustration grandit
Rayon Cherki n’est pas un novice. Transféré de l’Olympique lyonnais à Manchester City l’été dernier pour 45 millions d’euros, il est considéré comme l’un des plus grands espoirs du football français. Pourtant, depuis le début de la Coupe du monde, son temps de jeu se compte en minutes : 10 minutes contre l’Irak, 15 contre la Norvège, 12 contre le Sénégal et 14 contre la Suède. Soit 51 minutes cumulées sur 360 possibles.
Selon Goal.com, le milieu offensif est victime d’une concurrence féroce à son poste, notamment de la part de Michael Olise. Le joueur du Bayern Munich, aligné comme numéro 10 titulaire contre la Suède, a délivré deux passes décisives et a été élu homme du match. « Olise est dans une forme étincelante, explique une source proche du staff. Il apporte de la verticalité et une complicité avec Mbappé que Cherki n’a pas encore trouvée. »
L’absence de Barcelonais Pedri, que Cherki ne côtoie pas en club (il évolue à Manchester City), pourrait être une piste, mais rien n’est officiel. Didier Deschamps n’a pas encore commenté publiquement l’incident. Interrogé en zone mixte, un proche du vestiaire a confié : « Rayan est un compétiteur. Il veut jouer, c’est normal. Mais le respect du groupe prime. Deschamps n’est pas du genre à laisser passer ce genre d’attitude. »
Le précédent des déclarations d’avant-tournoi
Cette tension n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. En juin, avant le départ pour les États-Unis, Rayan Cherki avait lâché une phrase qui avait fait grincer des dents dans le staff : « Je veux écraser tout le monde. » Des propos rapportés par Walfoot et que Didier Deschamps avait dû recadrer en conférence de presse : « L’ambition est une qualité, mais elle doit s’accompagner de respect pour le collectif et pour les adversaires. »
Le sélectionneur avait alors minimisé l’incident, estimant que la fougue de la jeunesse pouvait être canalisée. Mais la scène du MetLife Stadium, avec ce geste de rejet si visible, pose une question plus urgente : la relation entre Deschamps et Cherki est-elle encore fonctionnelle à 72 heures d’un huitième de finale ?
Contexte dans le football français
La France aborde cette Coupe du monde avec un groupe à la fois expérimenté et renouvelé. Didier Deschamps, en poste depuis 2012, a construit un collectif où la hiérarchie est claire : les cadres (Mbappé, Griezmann, Kanté) tiennent la baraque, les jeunes doivent patienter. Michael Olise (22 ans), Warren Zaïre-Emery (20 ans) et Cherki (22 ans) incarnent la relève, mais la concurrence est rude.
Avec 51 minutes au compteur, Cherki est le joueur offensif le moins utilisé du groupe France. À titre de comparaison, Randal Kolo Muani, pourtant remplaçant, totalise 112 minutes. Cette situation rappelle celle d’autres talents précoces comme Houssem Aouar ou Moussa Diaby, qui n’ont jamais réussi à s’imposer durablement en bleu après des débuts prometteurs. Le football français attend de voir si Cherki saura inverser la tendance ou s’il rejoint la longue liste des frustrés de l’ère Deschamps.
Prochaine étape : le Paraguay le 4 juillet
Le huitième de finale contre le Paraguay, prévu le 4 juillet au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta, sera un test crucial. Avant l’incident, il était probable que Deschamps reconduise le onze qui a brillé contre la Suède, avec Olise en meneur de jeu et Mbappé et Dembélé sur les ailes. La question est désormais de savoir si le sélectionneur fera un geste envers Cherki pour apaiser les tensions - en lui offrant, par exemple, une entrée plus précoce en cas de match maîtrisé.
Les supporters, eux, sont divisés. Sur X, les hashtags #CherkiDeschamps et #LiberezCherki tournent en parallèle. Certains voient dans son geste une marque d’orgueil salutaire, d’autres un manque de respect inacceptable envers un sélectionneur qui a tout gagné. Le vestiaire, lui, semble faire bloc. Un joueur cadre a glissé à un journaliste : « On a besoin de tout le monde. Rayan est talentueux, mais il doit comprendre le moment. »
Didier Deschamps a jusqu’au 4 juillet pour recoller les morceaux. En Coupe du monde, les polémiques parasites peuvent coûter cher. La France, championne du monde 2018 et finaliste 2022, a les moyens d’aller loin. Mais la gestion de l’ego d’un jeune prodige est parfois plus délicate que la tactique d’un match de football.
- 1 juillet 2026 : « Le joueur de Chelsea, aligné comme numéro 10 titulaire contre la Suède » corrigé en « Le joueur du Bayern Munich, aligné comme numéro 10 titulaire contre la », à la suite du signalement d'un lecteur.